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Un plan de sauvegarde pour la filière viticole

Le 24 novembre, la veille de l'ouverture du Sitevi, la ministre de l’Agriculture a annoncé un plan de sauvetage de la viticulture et appelé Bruxelles à mobiliser sa réserve de crise.

Un plan de sauvegarde pour la filière viticole
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a rencontré les responsables de la filière viticole le 24 novembre à Montpellier pour leur dévoiler les détails de son plan de sauvegarde.

La mobilisation de milliers de viticulteurs à Béziers le 15 novembre dernier a porté ses fruits. La pression sur le ministère de l’Agriculture était telle que le pouvoir politique ne pouvait pas rester sourd ni muet face à la détresse du monde viticole français. C’est donc un « plan national de sortie de crise » que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la veille de l’inauguration du Sitevi. Ce sont tout d’abord 130 millions d’euros (M€) qui sont alloués à l’arrachage définitif des vignes pour lutter contre la surproduction conformément aux demandes de la profession viticole. « Cet effort vise à rééquilibrer l’offre et à restaurer la viabilité des exploitations en difficulté dans les bassins les plus fragilisés », a précisé le ministère. Peu de régions sont épargnées par cette surproduction. Reste à savoir si les viticulteurs auront à cœur de s’engouffrer dans ce plan d’arrachage. Celui mis en place à l’été 2024 prévoyait 100 000 ha et seulement 36 000 ha, soit 4,8 % du vignoble en production, ont été réellement engagés. D’après un récent sondage réalisé par Vignerons indépendants, 35 000 ha supplémentaires pourraient disparaître du paysage français. Il conviendra ensuite d’assurer la reconversion de ces terres et d'accompagner les vignerons (environ 20 %) qui souhaitent cesser leur activité.

Distillation

Le plan de sauvetage du ministère prévoit également, la prorogation en 2026 des prêts structurels garantis à 70 % par Bpifrance. « Ils feront l’objet d’une révision de leurs critères pour mieux refléter les spécificités économiques de la viticulture et seront élargis aux coopératives », a précisé le ministère. De plus, l’État s’engage à débloquer une enveloppe de 10 M€ pour que les viticulteurs puissent voir leurs cotisations sociales prises en charge par la MSA en 2026, un dispositif qui vient compléter un premier volet déjà débloqué cette année. Enfin, la ministre a annoncé avoir demandé à la Commission européenne l’activation de la réserve de crise européenne. Celle-ci est dotée d’un fonds de 450 M€. Le ministère demande que l’Europe en donne 80. Cette somme pourrait servir à financer tout ou partie de la distillation des stocks de vins et à leur transformation en biocarburants notamment. Après la crise de Covid-19, l’État avait déjà versé 210 M€ en 2021 et encore 200 M€ en 2023 pour la distillation. A mots à peine couverts, la ministre a fait savoir que la situation budgétaire française ne permettait pas de reconduire un tel dispositif. D’où l’appel à la réserve de crise européenne. Par l’intermédiaire de son premier vice-président, Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault, la FNSEA a « salué l’annonce de ce plan de soutien ». Il a aussi appelé l’ensemble de la filière, notamment l’aval (négoce et distribution) à « jouer le jeu. Il en va de la responsabilité de chacun », a-t-il insisté. 

Christophe Soulard