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La Côte-Saint-André

Un pôle semences pour ses 80 ans

A l'occasion de ses 80 ans, la coopérative Dauphinoise inaugurait dans une ambiance festive son dernier équipement phare : la station semences de La Côte-Saint-André. Cette réalisation la place au meilleur niveau national en matière de traitement industriel de la semence.
Un pôle semences pour ses 80 ans

« Ce sont deux événements majeurs : les 80 ans de la coopérative Dauphinoise et l'inauguration de la station semences des Olagnières », lance Roland Primat, le président de la coopérative agricole Dauphinoise. « Ce projet représente, en monnaie constante, le plus gros investissement jamais réalisé par la coopérative. Il s'élève à 27 millions d'euros. C'est un investissement majeur qui nous permet de rester acteur de la production semences au niveau national », poursuit le président. Cet équipement place la coopérative Dauphinoise dans les 10 premiers acteurs de la filière de production de semences. Son financement a été réalisé grâce à la participation des coopérateurs semenciers au capital social, aux fonds propres coopératifs et à un pool de cinq banques qui intervient à hauteur de 70% du montant de l'enveloppe. Ce projet répond à un objectif prioritaire, celui de sécuriser cette production chez les agriculteurs, grâce à un traitement industriel de la semence. « En France, la capacité totale des outils existants ne pouvait pas répondre aux besoins  », indique Roland Primat. Les coopérateurs n'ont pas hésité longtemps, fin 2012, avant de prendre leur décision. « Nous avions besoin d'un engagement des obtenteurs pour sécuriser le projet », mentionne le président. En quelques semaines, les semenciers se sont positionnés favorablement et le montage technique et financier de la station a été bouclé. Il faut dire que La Dauphinoise a surfé sur le développement des semences hybrides. Elle recense aujourd'hui 5 000 hectares de maïs semences plantés chez ses coopérateurs et 10 000 hectares au total, en comptant le tournesol, le colza, le soja, le blé, l'orge et les triticales. Pas moins de 350 exploitations sont déjà concernées. Un hectare sur six récolté pour la coopérative est désormais en semences. Dominique Vial, le directeur du Pôle semences de La Dauphinoise, rappelle qu'un hectare de multiplication de semences maïs donne 200 doses, permettant de semer environ 125 hectares de production de maïs conso.

Directement expédiés

Rapidement, le site des Olagnières, à La Côte-Saint-André, où La Dauphinoise est implantée depuis quatre décennies, a été retenu pour la nouvelle station semences. En un temps record, une première tranche de 15 000 m2 a été livrée. Elle sera suivie d'une deuxième tranche opérationnelle de 12 000 m2 au mois de septembre. A terme, la station sera ainsi dotée de deux lignes de triage. Elle dispose également d'un silo de 32 cellules de 125 kilos, soit une capacité de 4 000 tonnes.

Le maïs femelle est livré au pôle semences sous forme d'épi. Il est alors traité avec une extrême délicatesse pour ne pas abimer les graines. Les différentes opérations industrielles consistent en l'effeuillage, le triage, le séchage, l'usinage et l'ensachage. La Dauphinoise est ainsi équipée de trieurs optiques, doublés d'un contrôle visuel effectué par des opératrices. Pour le séchage, les épis sont mis en conteneurs dans des tours ventilées et  séchés durant quelques jours à basse température, « de façon à ne pas altérer leur facultés germinatives », indique Dominique Vial. L'égrenage s'opère par friction des graines les unes contre les autres. Les grains sont ensuite stockés par gravité dans des conteneurs, puis calibrés. En général, La Dauphinoise propose deux calibres. « A chaque étape du process industriel, nous effectuons des analyses dans nos laboratoires », insiste le directeur du pôle. Le taux de déchet ne dépasse pas les 10% de grains non conformes, qui rejoignent les stocks de maïs conso. Les grains de maïs semences sont conditionnés en big bag, en conteneur ou en doses commerciales. Les produits sont directement expédiés depuis la station chez les distributeurs. Ils sont destinés principalement au marché français, mais aussi italien et d'Europe de l'Est en raison de la situation géographique stratégique du site industriel. Néanmoins, la conjoncture en Ukraine et en Russie incite les semenciers à la prudence.

Isabelle Doucet