C'est un préfet pragmatique, attaché au travail de terrain et à l'efficacité de l'action de l'Etat qui s'est présenté à la presse la semaine dernière. « Arriver pendant une période de réserve électorale est finalement utile, reconnaît Jean-Paul Bonnetain, cela permet de prendre connaissance des dossiers principaux sans subir la pression de l'actualité. » L'Isère n'est cependant pas un département inconnu pour lui. Lyonnais d'origine, il a travaillé dans le nord du département, au sein de la communauté de communes de l'Isle-d'Abeau entre 1975 et 1991.
Déjà à cette époque, l'aménagement de cette partie de territoire sous influence lyonnaise était d'actualité. Le devenir des 900 hectares de terres agricoles que nous évoquions dans une précédente édition sonne d'une manière particulière à ses oreilles. Mais prudent sur ce sujet délicat, il estime que « l'Etat doit trouver un fonctionnement cohérent dans ce dossier », les responsabilités étant partagées entre la région, et les départements du Rhône et de l'Isère. Il faut également se souvenir que le préfet de région est également préfet du Rhône. « Nous sommes donc associés à cette réflexion, les enjeux étant de trouver un équilibre pour ce territoire et son cadre de vie ».
Sujet encore plus délicat, le projet d'aménagement de Center parc de Roybon. « Nous sommes dans un Etat de droit, nous attendons donc la décision préalable du tribunal », précise-t-il avec pragmatisme. Et reconnaît que l'Etat doit prendre ses précautions pour éviter tout affrontement, « une menace latente », entre partisans et adversaires du projet. Mais il prévient également que les procédures judiciaires ou administratives « ne doivent pas être dilatoires », c'est-à-dire uniquement destinées à gagner du temps. « Si l'arrêté préfectoral est validé par le tribunal, nous en tirerons les conséquences et nous ferons valoir la règle de droit. » L'ancien préfet de police de Marseille et des Bouches-du-Rhône qu'il est, se montre ferme : « L'Etat doit montrer sa force pour ne pas avoir à s'en servir ».
En matière de maîtrise des finances publiques, Jean-Paul Bonnetain soutiendra toutes les initiatives visant le regroupement de communes et leur fusion. Quant à la montée en puissance des intercommunalités, « on n'a pas été très bon, car on a plus ajouté qu'optimiser la dépense, estime-t-il. Mais la suppression de la compétence générale va concourir à optimiser les dépenses : on évite de tout financer, surtout quand ce n'est pas de son propre ressort ». Pragmatique, on a dit.