Accès au contenu
Technologie

Un robot de traite hybride

La traite robotisée est un marché en devenir chez les éleveurs. Le constructeur néerlandais Lely commercialise sa cinquième génération de robots en Isère, Drôme et Ardèche.
Un robot de traite hybride

Installé à l'EARL de l'Eperimont, le robot de traite Lely Astronaut A5 permet de passer de 2 à 2,8 traites quotidiennes en moyenne par vache. « Le robot de traite implique moins de stress pour la vache, elle est plus libre. On ne l'écarte pas du reste du troupeau et la traite est plus confortable. Elle libère ainsi plus d'ocytocine (hormone du bonheur) et produit plus de lait », explique Galaye N'Dao, commercial Lely du secteur Isère, Drôme et Ardèche. Lorsque la vache en ressent le besoin, elle rentre dans le box, est scannée par le robot puis reliée au bras de traite. Le système DAC (distributeur automatique d'aliments concentrés) permet à l'animal de manger une quantité calculée et individualisée pendant la traite. Après un brossage pour laver et stimuler les trayons, le robot trait « quartier par quartier ». Après chaque traite, les trayons et la machine sont désinfectés. Trois lavages complets du robot sont opérés sur 24h.

Un bras hybride

Le nouveau modèle est doté d'un bras de traite hybride composé de deux vérins : un électrique et un pneumatique, qui permettent des mouvements fluides et précis. Ainsi, le bras s'adapte à la hauteur des mamelles et amortit les chocs. Une heure de réserve d'air comprimé permet d'assurer 250 traites contre 80 sur le modèle précédent, réduisant la consommation d'électricité. Grâce à une nouvelle génération de composants électroniques et moins de cartes dans le tableau électrique, la détection de panne est facilitée et la maintenance de la machine moins coûteuse (environ 4 000 euros l'année).

Un système de prévention

Lorsque le robot détecte du colostrum, des antibiotiques ou du sang dans le lait, ce dernier est automatiquement écarté. Quant un nombre important de cellules est décelé, l'éleveur reçoit une alarme et prend la décision de garder ou non le lait. « Le robot assure un travail de prévention en amont », assure Galaye N'Dao. Le système informatique permet un meilleur suivi des vaches, notamment au niveau de l'insémination et des chaleurs, et prévient l'éleveur en cas de présence de mammite par exemple.

Ce type de robot réclame un investissement de 140 000 à 150 000 euros, 80 000 euros pour une machine d'occasion. Trouver le lieu approprié dans la stabulation est une condition nécessaire à son installation, qui implique parfois une réorganisation et des travaux au sein de l'exploitation. Certains éleveurs franchissent le pas : 160 machines sont déjà installées dans le secteur Isère, Drôme et Ardèche, dont une trentaine en Isère.

Coline Mollard