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Main-d'oeuvre

Un salarié pour plusieurs Cuma

L'assemblée générale de la fédération départementale des Cuma s'est déroulée le 12 décembre à Virieu. Le témoignage du vice-président de la fédération départementale de l'Ain aidant, l'emploi partagé était au cœur des débats.
Un salarié pour plusieurs Cuma

Est-ce que l'initiative est transposable ? En tout cas, elle donne lieu à la reflexion. Et c'était bien là l'objectif. En invitant le vice-président de la fédération départementale des Cuma de l'Ain, Didier Perdrix, et un salarié, Anthony Girard, à leur assemblée générale, la fédération départementale des Cuma de l'Isère voulait parler emploi. Avec la modification de la législation - les Cuma ont aujourd'hui la possibilité d'exercer une activité de groupement d'employeurs dans la limite de 49% de leur masse salariale, contre 30% auparavant -, de nouvelles opportunités s'offrent à elles.

Mutualiser ce poste

L'expérience a débuté au sein de la Cuma ouest-Venas dans l'Ain, avec l'embauche d'un mécanicien, qui, pendant les périodes de récolte, assurait aussi la conduite des engins auto-moteurs. Pour compléter son temps de travail, il fut mis à disposition des agriculteurs adhérents de la Cuma pour la réalisation de travaux. « Un succès, apprécié par chacune des parties. Les agriculteurs ont pu se décharger de certaines de leurs tâches. Le salarié a vu son emploi conforté et pérennisé. Et la Cuma s'est trouvée renforcée », indique Didier Perdrix. Certes, c'est une opération qui a nécessité une réelle volonté des responsables de la Cuma. « L'embauche d'un salarié représente un investissement bien plus important que l'achat de matériel. Quand on crée un emploi et qu'on souhaite le pérenniser, il faut s'assurer de l'engagement des adhérents de la Cuma. Il faut arriver à constituer un planning qui permette au salarié d'avoir un emploi du temps relativement complet. Car celui-ci doit avoir une lisibilité sur son avenir. Et il faut se donner les moyens de réussir le pari, car être employeur nécessite de nombreuses compétences », analyse-t-il. Pour autant, cette expérience d'emploi partagé permet de répondre à des besoins précis en matière de main-d'oeuvre. Pour assurer son futur (et notamment le vieillissement de ce salarié particulièrement compétent), la Cuma ouest-Venas a voulu embaucher un autre salarié, qui assurerait les mêmes missions de réparation de matériel, de conduite d'engins et de mise à disposition pour les cultures, la traite et le soin des animaux. La concrétisation de cet emploi ne s'est faite que, parce que les dirigeants de la Cuma ont réussi à s'associer à trois autres groupements pour mutualiser ce poste. Car un deuxième salarié impliquait autant une augmentation du nombre d'heures de travail, que de la masse salariale.

Se décharger de l'administratif

Il faut compter 25 000 euros par an* pour l'embauche d'un salarié à temps plein au sein d'une ou de plusieurs Cuma. Mais les adhérents des Cuma de l'Ain qui ont franchi le pas sont satisfaits de leur investissement. « Ce personnel apporte une vraie valeur ajoutée à nos structures. Il permet aux agriculteurs de gagner du temps et d'être plus efficaces. Partagé sur plusieurs Cuma, le coût est amoindri. En plus, le fait que nos machines soient toujours entretenues par les mêmes mécaniciens nous a permis de diminuer le poste de maintenance. Nous faisons moins appel aux concessionaires et notre matériel est toujours prêt à l'emploi », témoigne Didier Perdrix. « Et pour qu'il n'y ait aucun problème au moment de la maintenance du matériel, nous avons organisé un fonctionnement très rigoureux quant à l'identification et à l'appartenance des outils. Ensuite, tout est comptabilisé et facturé à la Cuma propriétaire », ajoute-t-il. Cette expérience de partage de temps de travail entre plusieurs Cuma avait aussi été réalisée avec une secrétaire. Elle devrait être renouvelée. Les responsables concernés ont apprécié d'être déchargés d'une partie du volet administratif. Un moyen pour eux de consacrer ce temps économisé, aux projets d'orientation de leur Cuma.

 

* base légèrement supérieure au SMIC

Isabelle Brenguier