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MSA

Un service public à réalité augmentée

Un modèle unique et un service au plus près des habitants des territoires : ce sont les valeurs défendues par les élus et les responsables de la MSA Alpes du Nord lors de son assemblée générale qui s'est déroulée le 12 avril à Grenoble.
Un service public à réalité augmentée

« Nous sommes un acteur majeur de la ruralité par le service aux adhérents et par notre présence », a insisté Françoise Thévenas, la nouvelle présidente de la MSA Alpes du Nord, lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée le 12 avril à Grenoble. Au moment de remobiliser les troupes à la veille d'une année électorale, il était de bon ton de rappeler les fondamentaux mutualistes d'un service public de proximité qui n'a jamais renié ses valeurs. C'est ce à quoi se sont employés les nouveaux élus et responsables. Françoise Thévenas a en effet succédé à Jean-Jacques Exertier, décédé brutalement le 20 décembre 2018. Un hommage appuyé lui a été rendu. La MSA Alpes du Nord compte aussi un nouveau directeur général puisque Fabien Champarnaud a remplacé Sébastien Bismuth-Kimpe, qui a pris la direction générale de la MSA Midi Pyrénées Sud. Martine Jacquet est la nouvelle présidente de la commission de l'action mutualiste de la MSA Alpes du Nord et succède à Thierry Blanchet à ce poste.

Relation de proximité

Au niveau national, François-Emmanuel Blanc est devenu directeur général de la caisse centrale de MSA au printemps 2018. Il a aussitôt engagé un tour de France des caisses régionales et assistait vendredi dernier aux débats alpins. Il a occupé, dans son parcours professionnel, des fonctions de direction générale à la CPAM, à l'ARS et dans l'économie sociale et solidaire. De sorte qu'il relève avant tout la singularité du modèle MSA « fondé sur la proximité territoriale et l'accessibilité », sur son guichet unique et son fonctionnement démocratique avec des délégués qui entretiennent une relation de proximité. Dans un contexte d'expression de malaise de la part des territoires, notamment lié à l'éloignement des services publics, cette singularité apparaît comme un avantage, appelé à « s'exprimer encore plus pour mieux répondre aux besoins de notre société ».

Avec un sens certain de la formule, le nouveau directeur général de la caisse centrale voit dans la MSA un instrument de « fabrique de la cohésion sociale » et un outil « de la protection sociale du dernier kilomètre ». Poussant plus loin sa démonstration à un an des négociations nationales sur le budget de la MSA, il a déclaré : « Nous prenons soin de ceux qui prennent soin des territoires », toute initiative en faveur du monde agricole générant un bénéfice sociétal. Il voit dans la MSA « un service public à réalité augmentée », qui en premier lieu doit être capable de verser des prestations à temps, mais apporte aussi des services complémentaires déclinés en mode associatif. « Si la MSA n'existait pas, il faudrait vraiment l'inventer », a lancé le directeur général de la caisse centrale.

La MSA et les MSAP

La préservation du modèle sera au cœur du projet MSA 2025 dont le contenu sera voté en juin prochain. Ses priorités sont l'amélioration du service aux adhérents, la consolidation des services complémentaires et le renforcement de la proximité territoriale. Le directeur général a ainsi annoncé la participation de la MSA à la création de nouvelles maisons de service aux personnes (MSAP), services de protection sociale pour le monde agricole et pour l'ensemble de la population des territoires ruraux. Environ 35 à 50 de ces nouvelles MSAP devraient être créées. Il a aussi annoncé que des moyens supplémentaires seraient affectés à l'action mutualiste en raison du redéploiement des cantons. Chaque caisse bénéficiera de la création d'un poste d'animateur de projet afin « de renforcer la présence territoriale et la capacité d'intervention en ingénierie de projet ». Enfin, la convention collective des salariés sera renégociée « pour accompagner la démarche de changement »

Les élections MSA auront lieu le 6 février 2020. Du taux de participation dépendra la posture du négociateur face à l'Etat pour la prochaine convention d'objectifs et de moyens de la MSA. L'ambition de la MSA est de revenir à un taux de 40%. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 19 novembre. Jérôme Crozat, le président de la FDSEA, a assuré du soutien du syndicalisme. 

Jean-François Bouchet, président du comité Genevois, s'est inquiété d'un risque de perte d'identité du système de protection sociale agricole. « Je ne suis pas là pour liquider la MSA », a tenu à rassurer le nouveau directeur général. Le pluralisme des opérateurs de la protection sociale est un gage de souveraineté pour l'Etat, assure-t-il. Car cela permet d'établir des règles et de mettre les opérateurs en concurrence pour un meilleur service aux assurés.

Action territoriale

Justement, pour gagner en productivité et en efficacité, la MSA Alpes du Nord a mutualisé une partie de ses activités avec la MSA Ain-Rhône. Elle est également partenaire du dispositif FAST porté par les JA et accompagné par les chambres d'agriculture et la FDSEA pour faciliter la transmission d'exploitations. L'année 2018 est aussi celle des premiers déploiements du dossier médical partagé, qui a fait beaucoup réagir l'assistance de l'assemblée générale. C'est aussi l'intégration du pôle grand public de la coopérative Dauphinoise, soit 218 salariés répartis sur 39 sites. Et ce n'est pas terminé puisque dans le cadre de la future fusion Oxyane (avec Terres d'Alliance), environ 20% de salariés sont encore sous régime général.

Dans ses conclusions, le préfet de l'Isère, Lionel Beffre, a une nouvelle fois souligné la compétence de la MSA dans son action territoriale. Le réseau de soutien aux aidants Répit Bulle d'Air Rhône Alpes a été cité en exemple à plusieurs reprises, d'autant qu'il est appelé à se déployer et agrège de nouveaux partenaires. La présence territoriale ce sont aussi les actions au plus près des bénéficiaires, en hausse de 20% en 2018, notamment le théâtre forum « Point(s) d'appui », et les nombreux spectacles comme les pièces « Tom s'installe », « Un temps de cochon », « T'as rien de plus fort ? », « Morceaux de vie » qui sont autant de prétextes pour échanger, partager et sortir de l'isolement.

Isabelle Doucet

 

La MSA Alpes du Nord en chiffres

340 salariés et 619 élus

154 800 adhérents

457,4 milions de redistribution sociale (dont 276 millions pour les retraites, 124,2 millions pour la santé et 21,8 millions d'euros pour la famille)

Action mutualiste :

12 comités locaux de territoires

280 actions, 6 100 participants

 

 

Prédation / Un film pour alerter de l'urgence de s'entendre.

La montagne en sursis

« La montagne sent la mort ». Les témoignages sont poignants de la part de ceux qui subissent directement les attaques de loup. Pas de sensationnalisme, mais des paroles et des faits. « Nous souhaitons sensibiliser le grand public aux conséquences sociales et économiques de la prédation », explique Françoise Thévenas, la présidente de la MSA Alpes du Nord, en présentant le film « La montagne en sursis ». « En charge de la santé de ses adhérents, la MSA ne pouvait que répondre présent », poursuit-elle en soulignant le travail réalisé par son prédécesseur, Jean-Jacques Exertier, pour que ce document soit réalisé, « emblématique de la méthode MSA ». Créé en partenariat avec le syndicat des éleveurs ovins de Savoie et la DDT de Savoie, il est sorti à l'automne 2018. « Lorsqu'on subit une attaque, on nous attaque nous-même », déclare un éleveur. « Il n'attaque pas, il massacre », insiste un autre. Tous disent la violence, la détresse, leur impuissance. « On a rien demandé », explique un éleveur en abordant les problèmes posés par la prolifération des chiens de garde. Toutes les questions sont posées : l'avenir du pastoralisme, l'économie de la montagne, l'incompréhension, la souffrance humaine et animale. « Qu'est-ce que la société souhaite ? », interroge Patrice Jacquin président de la chambre d'agriculture Savoie Mont Blanc. « L'homme est devenu l'organisateur du garde manger pour le loup. » Jusqu'à cette image saissisante ce cette éleveuse future maman, un fusil à la main. « L'objet de la honte, commente-t-elle avec amertume. La société avance, et moi, je recule : dans ma voiture, lorsque je vais voir mes bêtes, avec d'un côté une carabine et de l'autre un siège enfant... » Tristes alpages.
Le film a d'abord été présenté à Val Cenis (73) fin 2018 puis au dernier Salon de l'agriculture. Il a pour vocation a être largement diffusé et à susciter débats et prise de conscience. La MSA a frappé juste.