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Le coin des aînés

Un tissu relationnel conservé

Après une vie professionnelle bien remplie, vient la retraite. Elle n'est pas synonyme de coupure dans les relations au-delà du simple voisinage.
Un tissu relationnel conservé

C’est un vrai rôle social que joue la section des aînés au sein du département. Les activités y sont assez fréquentes, ne serait-ce que par le nombre de voyages proposés. « Il y a trois voyages organisés par an en général pendant la belle saison, explique Jean-Paul Chavas, chargé de leur organisation. Et pour toutes les disponibilités et toutes les bourses ». Les membres de la section des aînés ont le choix entre un voyage d’une journée dans un rayon proche de l’Isère, ou bien des voyages un peu plus longs de quatre à six jours, durée dépendant surtout des endroits visités et donc de la distance à parcourir pour s’y rendre. « Il faut compter 100 euros pour une personne pour le voyage à la journée, ou environ 1 000 euros par personne pour les plus longs voyages », poursuit le responsable des voyages.

Mais lorsque le montant d’une pension de retraite atteint difficilement 7 à 800 euros mensuel, cela reste une somme colossale voire rédhibitoire pour certaines personnes âgées. Alors, plus accessibles, elles peuvent se rendre aux journées détente organisées en Isère. Rester dans le département met à une portée plus facile ces rencontres très conviviales d’anciens, qui soit par manque de moyens financiers ou matériel, ou tout simplement par absence de disponibilité parce qu’ils doivent s’occuper d’un tiers, ne peuvent s’absenter ni loin ni longtemps de chez eux. Le récent pique-nique organisé à Torchefelon a souligné l’engouement provoqué : « nous avons rassemblé 150 personnes, chiffre avec une grande satisfaction André Villard qui co-préside avec Jean-Paul Chavas, les destinées de la sections des aînés. C’est un moment très agréable au cours duquel les problèmes des retraites sont abordés rapidement, le sens général de la journée étant à la détente.»

Public hétérogène

Dans quelques mois, cet état fera peut-être place à une plus grande anxiété, car à la fin de l’année va se poser la question cruciale du renouvellement des bonnes volontés à la tête de la section des aînés. « Nous avons une coupure entre deux publics à l’intérieur de notre structure, analyse avec beaucoup de lucidité André Villard. Les plus de 70-75 ans qui restent attachés à notre fonctionnement traditionnel et pour lesquels la section est une vraie institution. Mais cette population décline peu à peu. De l’autre les jeunes retraités, encore en forme, n’éprouvent pas un réel besoin de nous rejoindre, parce qu’ils sont très autonomes, qu’ils voyagent déjà de manière indépendante ou que nous ne répondons pas directement à leurs besoins ». Alors, des rapprochements vont être envisagés avec les anciens de la MSA, de la chambre d’agriculture ou de La Dauphinoise, voire même de Génération mouvement. Jean-Paul Chavas va entamé les rencontres mais « les vraies stratégies seront définies par la prochaine équipe en 2017 », tient-il à souligner.

Retombées concrètes

André Villard rappelle toutefois que l’existence d’une section des aînés n’est pas uniquement là pour organiser des festivités : « Si Richard Didier ou Francis Annequin, mais bien d’autres encore, n’avaient pas suivi des dossiers, porté des revendications au niveau régional ou national, quel serait le niveau des pensions aujourd’hui ? Bénéficierion-nous de la retraite complémentaire obligatoire (RCO) ? » Pour lui, la réponse est toute trouvée. De même à un niveau plus départemental, les accords passés avec certaines institutions comme Groupama « rapportent ». « Un rabais sur l’assurance des véhicules ou surtout celui sur la complémentaire santé accordé par cet organisme à nos adhérents est loin d’être négligeable. Après à chacun d’en faire ce qu’il veut : une économie nette ou prendre le niveau de couverture supérieur pour un prix équivalent ». André Villard s’est déjà fait son opinion. Des négociations avec le Crédit agricole sont également en cours mais non finalisées. Côté MSA, la section a obtenu que les assurés sociaux de plus de 80 ans continuent de recevoir leurs relevés maladie sous format papier alors que la dématérialisation a été généralisée. Si personne ne l’avait demandé, les anciens ne l’auraient pas obtenu.

 

Jean-Marc Emprin