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CUMA

Une agriculture optimisée et plus écologique

L'agriculture connectée s'avère très efficace aujourd'hui. Les membres de la Cuma de Faverges exploitent leurs terres avec des outils connectés, qui leur garantissent une bonne utilisation des produits phytosanitaires, et une meilleure productivité.
Une agriculture optimisée et plus écologique

Créée en 1991, la Cuma de Faverges regroupe une trentaine d'agriculteurs qui se partagent environ 1 000 hectares de terrain. Cette Cuma est l'une des plus grandes coopérative d'Isère, ce qui lui permet d'être à la pointe de la technologie. Yves François, président de la coopérative, explique qu'il y a deux branches au sein de la Cuma de Faverges. « Il y a ceux qui sont en Cuma intégrale, comme moi, et qui n'ont donc aucun matériel personnel qui leur appartient, et ceux qui sont en Cuma partielle. On est dépendant les uns des autres mais cela nous permet surtout de nous équiper avec du matériel de bonne qualité. » Le matériel connecté est en effet assez cher, mais avec la coopérative, les prix sont souvent divisés par 30, ce qui leur permet d'avoir un taux d'endettement très bas, et d'avoir du matériel performant. Pour l'agriculteur, ce compromis entre interdépendance et matériel innovant forme l'avenir de l'agriculture. « Aujourd'hui, il faut se focaliser sur les relations entre l'agriculture et l'environnement. » Même si Yves François n'a pas de label d'agriculture biologique, l'« agroécologie » est l'une des bases de la profession.

« Tenir compte de la nature pour la faire fonctionner »

« Il ne faut pas forcément basculer totalement dans l'agriculture biologique. Je pense qu'il faut faire attention à l'utilisation que nous faisons de l'engrais et des produits phytosanitaires. Et l'agriculture connectée permet d'optimiser cette utilisation. » L'épandeur d'engrais connecté réduit les doses larguées sur les sols. Cet épandeur est doté d'une géolocalisation par satellite qui lui permet de savoir exactement où il est passé, grâce à une cartographie précise de la parcelle. Ainsi, s'il a déjà arrosé d'engrais une partie des cultures, ses jets ne s'ouvriront pas lors du prochain passage grâce à une « coupure instantanée du système ». On évite ainsi le gaspillage et la pollution des sols. Une station météo embarquée sur l'épandeur permet aussi de prévenir des vents qui pourraient disperser l'engrais. On peut donc optimiser les apports. « Ce type d'agriculture permet de tenir compte de la nature pour mieux la faire fonctionner, conclut Yves François. L'épandeur met davantage d'engrais sur les zones où les plantations ont mieux poussées, car les sols sont plus réceptifs, et vont permettre à la plante de se développer davantage. » L'épandeur analyse donc le potentiel du sol, pour une meilleure productivité de la parcelle. 

L'agroécologie

« L'agriculture connectée possède deux grandes facettes. Elle permet d'être plus écologique, mais aussi d'être plus rentable, nous apprend Yves François. C'est de l'agroécologie. » L'agriculture connectée permet donc de mieux comprendre l'agriculture et les besoins des sols, en liant l'agronomie et les sciences naturelles, à la pratique de l'agriculture. Tous ces objets connectés recueillent des informations qui l'aident à mieux produire au quotidien, avec davantage de précision. « On utilise Farmstar, un système numérique qui analyse l'état des cultures à partir des images satellites, pour être plus performant. » Cette agriculture connectée améliore la gestion des parcelles, mais aussi leurs rendements, et les investissements des membres de la Cuma. C'est un certain confort. Mais comme le rappelle Yves François, « la technologie nous aide beaucoup, mais il ne faut pas nous reposer dessus, c'est l'agriculteur qui prend les décisions. » L'humain a donc encore une grande place dans l'agriculture. C'est d'ailleurs l'un des thèmes clés de la Cuma. Yves François participe à des stages relationnels, afin de pouvoir bien organiser les rapports avec ses collaborateurs en amont. « Tout cela n'est possible que s'il y a une bonne organisation et une bonne entente. »

 

Lilian Veyet