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Retraites

Une amélioration incertaine pour les retraites agricoles

Les anciens exploitants de la FDSEA se sont réunis pour à La Frette pour échanger sur les derniers changements concernant les retraites agricoles.

Une amélioration incertaine pour les retraites agricoles

Savourer la retraite, ce n'est pas pour tout de suite. Les anciens exploitants de la FDSEA sont toujours actifs lors de leur assemblée générale qui s'est déroulée jeudi 5 avril à la salle des fêtes de La Frette. La faute aux dernières nouvelles. « Le minimum retraite est bien passé en 2017 à 75% du Smic soit 865 euros par mois. Mais en quelques mois, ce n'est déjà plus vrai », déplore Jean-Paul Chavas, président de l'association. Ce nouveau taux n'est pas indexé sur le Smic. Or, ce dernier a déjà augmenté de 1,24%, à l'inverse du minimum retraite. Il faut ajouter à cela la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) au 1er janvier 2018. Celle-ci est basée sur l'ensemble des revenus fiscaux et non pas uniquement sur les pensions retraite. « On est déjà loin des 75% », confirme-t-il. « J'ai entendu les remarques sur la CSG, mais financer la solidarité nationale, ça a un prix », défend Didier Rambaud, le sénateur LREM invité à l'assemblée générale.
Ce n'est pas le vote bloqué du gouvernement en mars dernier au Sénat qui a rassuré les troupes. Le projet de loi devait revaloriser les retraites de 75 à 85% du Smic mais a été repoussé à 2020. « Vos retraites sont scandaleusement basses et il est temps de le régler en remontant à 85% du Smic », confirme le sénateur LREM. Mais en 2019 ou 2020. « On ne réforme pas les retraites bout par bout. C'est prévu au calendrier : après la loi travail et la réforme des cheminots, le prochain volet sera les retraites. »

Changer le mode de calcul

S'il n'est pas possible de les revaloriser, l'association aimerait au moins réformer le mode de calcul. Jean-Claude Chalencon, membre de la Section nationale des anciens exploitants (SNAE) et invité pour l'occasion, est revenu sur la différence de traitement entre les salariés et les exploitants agricoles. « La retraite des salariés agricoles est basée sur les 25 meilleures années et c'est très bien. Mais pour les exploitants, le système de calcul ne gomme pas les mauvaises années. On a cotisé, on a travaillé, on doit être payé », explique-t-il. D'autres dans la salle se plaignent des statuts des conjoints et de la prise en charge lors d'un décès mais pas lors d'un divorce. « Il faut penser au statut de votre conjoint afin qu'il ait une retraite convenable », confirme l'invité. « Le fiscal est un dossier sur lequel on souhaite avancer », ajoute le sénateur.
Pour Jean-Claude Chalencon, une réforme du mode de calcul est un premier pas mais n'est pas le fond du problème, qui se situerait plus en amont. « Les non-salariés doivent partir avec une retraite au-dessus d'un minima social. Mais je comprends que les actifs ne veulent pas payer la revalorisation des retraites. Avant toute chose, on devrait avoir de meilleurs revenus durant nos années d'activité. » Selon lui, cela passe par une meilleure gestion des investissements dans les exploitations, de développer une fiscalité adaptée à la profession et de travailler plus tôt et plus longtemps. « Il faut faire attention à la période d'installation pour cotiser dès la première année. Et quand on peut travailler plus longtemps, on gagne 5% par année supplémentaire », précise-t-il. D'ailleurs c'est déjà programmé : d'ici 2035, il faudra cotiser 172 trimestres, contre 166 aujourd'hui, et travailler 43 ans. « On a droit au bien-être et à la reconnaissance », confirme Jean-Paul Chavas. Pour le président de l'association, le but est de rester présent au sein des institutions comme la chambre d'agriculture malgré la diminution du nombre de représentants.

En attendant, les retraites seront peut-être un peu compensées par la suppression de la taxe d'habitation. « Elle va être diminuée de 30% chaque année jusqu'à être supprimée », confirme Didier Rambaud. Mais tout le monde ne sera pas concerné.

Virginie Montmartin