Une année de grands chantiers
Janvier
La Dauphinoise et Terre d'Alliances se rapprochent
C'était dans les tuyaux depuis quelques mois. Au mois de janvier, les coopératives Dauphinoise (Isère) et Terre d'Alliances, implantée dans l'Ain, ont annoncé leur rapprochement. Plusieurs métiers seront mutualisés comme ceux du grain, l'agrofourniture, la R & D et le grand public. Les silos expéditeurs seront aussi gérés en commun. Ce projet a été qualifié de « majeur » par Jean-Yves Colomb, président de La Dauphinoise, pour accompagner les adhérents dans l’évolution de leur métier, leur offrir une sécurisation et un développement de leur revenu. « Cela permet aussi de faire des économies rapidement », a indiqué la direction. Terre d’Alliances et La Dauphinoise veulent ainsi traduire la volonté de construire en commun « un projet ambitieux pour une agriculture régionale performante ».
Février
Disparition de Xavier Beulin
Président de la FNSEA depuis 2010, Xavier Beulin est décédé d'une crise cardiaque à l'âge de 58 ans, le 19 février. Cette disparition est une véritable onde de choc dans le monde agricole et syndical. Travailleur acharné, il défendait la vision d’une agriculture diverse, compétitive et innovante, porteuse d’avenir pour les producteurs sur tout le territoire. Il avait annoncé vouloir briguer un nouveau mandat, faisant toujours face aux critiques dont il était l'objet en rappelant son engagement : « Avant tout, apporter des solutions en termes d’organisation aux producteurs » s'appuyant sur l'exemplarité des réussites collectives. Au cœur de la crise agricole, il s'était déplacé en Isère en août 2015.
Mars
L'élevage isérois à l'honneur au salon de l'agriculture
« Un tel palmarès, il y a très longtemps que ça n’était pas arrivé », s’enthousiasmait Guillaume Noël-Baron, éleveur et coordonnateur pour le secteur bovin lait isérois de la montée des animaux au Salon de l'agriculture à Paris. Cette année, les montbéliardes iséroises ont fait très forte impression sur le Grand ring du hall 1. A commencer par Croixrousse, du Gaec du Dauphiné à Janneyrias qui a décroché la première place de sa catégorie (6e lactation) dans le cadre du Concours général agricole. Hirondelle, de l’EARL du Ternan à Gillonnay, a raflé la deuxième place du concours dans la section 3e lactation et Ecriture, du Gaec de Sarapin à Panissage, est montée sur la quatrième marche en catégorie femelle en 4e lactation. Enfin, la jeune Ipsy, du Gaec des Terreaux à Saint-Georges-d’Espéranche, a fait cinquième de la section 2e lactation. « C’est le travail au quotidien qui paye », a déclaré Guillaume Noël Baron, propriétaire d'Hirondelle. Du côté des produits, les saint-marcellin ont également été très appréciés du jury qui a décerné plusieurs médailles aux producteurs et transformateurs.
Avril
Christiane Lambert élue à la présidence de la FNSEA
Première femme à occuper ce poste, Christiane Lambert, éleveuse de porcs dans le Maine-et-Loire, a été élue présidente de la FNSEA le 13 avril. Dans ses intentions d'engagement, elle a déclaré : « Je veux travailler pour la défense et la promotion de notre secteur qui connaît des crises économiques, sociales, morales et vit une véritable mutation. » Tout au long de l'année, elle a mené plusieurs chantiers dont celui de l'amélioration du revenu des agriculteurs avec un retour de la valeur au producteur, l'allègement de la règlementation ou la négociation du plan loup. Elle s'est églament attachée à lutter pied à pied pour « stopper l'agriculture bashing », s'exprimant sans relâche sur les dossiers du glyphosate, du bien-être animal ou bien encore pendant la crise du beurre...
Mai
Valcétri fête ses 20 ans
L’aventure Valcétri, pour Valorisation des céréales du Trièves, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre. Celle d'un groupe d’agriculteurs désireux de valoriser leur blé et celle du meunier, qui s’est investi sans compter dans le projet. La filière fête ses 20 ans et représente une collecte de 3 500 tonnes de blé, cultivées sur 752 hectares par 42 producteurs, ce qui équivaut à plus de 30% des surfaces de blé emblavées dans le Trièves. Elle pèse pour 25% des volumes écrasés par la minoterie du Trièves à Clelles. Une centaine d’artisans-boulangers ont fait le choix de cette farine, dont la moitié en exclusivité. Le territoire est reconnu pour être « la plus grande région de France productrice de blé meunier à cette altitude », indique Marc Blais, le président de Valcétri. Pour poursuivre l'aventure et résister à la concurrence, l'interprofession sait cependant qu'elle doit sans cesse innover.
Juin
Le Vercors au cœur de l'Europe
Le think tank agricole Farm Europe a invité une centaine d’agriculteurs et de décideurs européens à venir dessiner les contours de la future Politique agricole commune à Lans-en-Vercors, le 22 juin. Les priorités avancées par les acteurs, en présence du commissaire européen Phil Hogan, sont le droit à la concurrence, la couverture des risques, la rentabilité et le développement rural. Le territoire du Vercors, structuré autour de son parc naturel régional, se veut une terre d'expérimentation.
En marge de la manifestation, Christianne lambert, présidente de la FNSEA, a rendu visite à des éleveurs vertacomicoriens qui lui ont fait part de leur découragement face à la pression lupine. « Zéro attaque », c'est à Lans-en-Vercors que la présidente a donné la position syndicale dans le traitement de la question du loup.
Juillet
Le pôle agroalimentaire se déploie
Lors de la session de la chambre d'agriculture qui s'est déroulée début juillet au lycée agricole de La Côte-Saint-André, un point a été réalisé sur le déploiement du pôle agroalimentaire de l'Isère. Il est désormais doté d’un comité de pilotage et d'une personne en charge de son développement, Nathalie Garçon. Ses missions s’articulent autour de quatre axes. Le premier chantier est la mise en réseau de l’ensemble des acteurs, s'appuyant sur le développement d'un site web ainsi que d’un annuaire de l’offre disponible et de la demande. La deuxième mission porte sur l’accompagnement des projets amont-aval. La chambre d’agriculture de l’Isère procède à un diagnostic de certaines filières et d'un point de vue commercial, l’accent est porté sur les relations avec les GMS. Enfin, une charte d’approvisionnement local est en cours d’évaluation. Nathalie Garçon s’est également attelée au contenu de la future marque territoriale qui doit satisfaire aux critères d’origine, d’équité et de qualité. Sa quatrième mission est de mettre en musique l’ensemble des ressources existantes.
Août
Lancement des Etats généraux de l'alimentation
A l’initiative de la FDSEA et des JA de l’Isère, une rencontre des organisations professionnelles avec les députés de l’Isère s’est déroulée à La Batie-Montgascon, dans l’exploitation de Sébastien Poncet, le 4 août, marquant le lancement de la consultation nationale dans le département. Plusieurs rendez-vous, entre séances plenières et ateliers, ont nourri la réflexion jusqu'au 17 novembre dernier, mobilisant plusieurs dizaines d'acteurs du monde agricole et agroalimentaire.
Après le chantier de la répartition de la valeur en septembre, la réflexion collective s'est portée sur le « développement d’une agriculture pour une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ».
(photo JME)
Septembre
La fête de la ruralité
Temps fort de la vie du territoire, la Fête de la ruralité, qui s'est déroulée à Pressins, les 1, 2 et 3 septembre a réussi le pari de réunir en une même manifestation, le comice agricole, la fête rurale et le concours départemental d'élevage. Ce dernier a rassemblé à lui seul 300 bêtes, bovins allaitants ou laitiers. Ces trois jours de fêtes ont largement favorisé les rencontres entre le monde de l'élevage, les habitants du secteur et des visiteurs plus éloignés curieux de retrouver le lien avec le terroir. L'inauguration a donné matière à des échanges soutenus entre agriculteurs et politiques.
Pour la première fois Terre dauphinoise a décerné un prix, celui du lot d'élevage qui a été remis à Dominique Guillet-Lomat, éleveur de montbéliardes à Miribel-les-Echelles. Les grandes championnes du concours sont, en race montbéliarde, Gauffre de l'EARL de Louisias à Charavine ; en prim'holstein, Iranienne, du Gaec de Flevin à Champie ; en limousine, le Trophée de la race femelle a été décerné à Margarita de Laurent Michel à Primarette ; et en charolaise à Lempicka, de l'EARL Reine Blanche à Sardieu.
Octobre
Les aides à l'agriculture biologique remises en cause
La FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes est revenue sur le retrait des aides au maintien à l’agriculture biologique. Elle a demandé au Conseil régional d’Auvergne-Rhone-Alpes de confirmer « l’ambition de devenir la première région de France en production biologique en prenant le relais sur les aides au maintien, sans dépouiller les autres lignes de budget agricole. L'annonce faite par le ministre de l'Agriculture, le 20 septembre dernier, du retrait de l'Etat du cofinancement des aides au maintien à l'agriculture biologique laisse les agriculteurs bio face au marché. Aussi la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes demande au Conseil régional de prendre le relais de l’Etat. En Isère, en 2017, plus de 540 fermes étaient en agriculture biologique ou en conversion. Un élan qui risquait d'être stoppé dès l'annonce, faite courant juillet par la Draaf et la Région, du plafonnement des aides à la conversion et au maintien.
(photo ?)
Novembre
Alerte à la FCO
La fièvre catarrhale ovine (FCO), ou maladie de la langue bleue, est revenue sur le devant de la scène avec la découverte d'un veau atteint du sérotype 4, le 6 novembre dans un élevage en Haute-Savoie. Depuis, plusieurs foyers ont été identifiés en Haute-Savoie et dans l'Ain. Des périmètres de sécurité ont été installés aussi bien en Haute-Savoie que dans l'Allier. Dans un rayon de 100 km, la vaccination a été rendue obligatoire en Haute-Savoie et une zone de surveillance a été établie 150 km aux alentours du foyer initial. Le département de l'Isère a été placé en zone de surveillance. Les entrées et les sorties sont interdites aux ruminants sauf sous certaines conditions à destinations de l'abattoir ou des pays tiers. La vaccination n'est pas obligatoire.
(photo carte)
Décembre
Impossible plan loup
Alors qu'au mois de novembre le laboratoire indépendant Forgen a rendu ses conclusions sur le fort taux d'hybridation du loup en France, les négociations sur le plan loup 2018-2023 ont débuté dans un climat des plus tendus.
Pour demander une révision du nouveau plan loup, éleveurs et représentants de la FNSEA, JA et FNO, se sont rendus devant Matignon le 5 décembre. Objectif de la manifestation : rencontrer le Premier ministre pour exprimer leur volonté de remettre les éleveurs au cœur du plan loup et exercer une pression syndicale sur les pouvoirs publics pour aboutir à zéro attaque.
Le 12 décembre, l'APCA, la FNSEA, la FNO, les JA, la Coordination rurale, la Confédération paysanne ont annoncé leur boycott de la réunion concernant le plan loup avec le ministère de l'Ecologie et de l'Agriculture. La FNSEA, la FNO et les JA demandent « l'octroi d'un droit légitime des éleveurs à défendre en permanence leur troupeau, sans plafond » et la « simplification des autorisations de tirs de défense ». Ils exigent également « l'abandon de toute idée de conditionner les indemnisations des dégâts des loups à la protection des troupeaux ».
(photo Apasec)
Dossier réalisé par Isabelle Doucet