Une année difficile pour Valcetri
L'interprofession Valcetri, pour Valorisation des céréales du Trièves, fêtait ses 20 ans en 2017. Mais, pour elle, l'année ne fut pas très bonne. « Ce fut une année avec des contrastes climatiques forts. Les rendements ont baissé et la qualité n'était pas toujours là », détaille Marc Blais, président, lors de l'assemblée générale à Cornillon-en-Trièves. Sur 2 529 tonnes de blé conventionnel collectées en 2017, 519 tonnes ont été déclassées, soit 21%. Le rendement global, après déclassement, était de 35,8 quintaux par hectare. « Ils ont été déclassés sur le poids spécifique, c'est-à-dire la quantité de farine contenu dans un grain, et sur la teneur en protéines », explique Pauline Raccurt, animatrice de l'interprofession. Selon le cahier des charges de Valcetri, le poids spécifique d'un grain doit être à 76. Mais l'année ayant était délicate, il avait été abaissé à 75. Cela n'a pas suffi à rattraper l'ensemble de la collecte. La farine étant destinée aux boulangers, il est difficile de livrer une farine plus faible en protéines.
Compenser la perte
Cependant, le déclassement ne fut pas le même en fonction des variétés de blé. L'illico a été déclassé à 100% mais il ne représente que 5,35 hectares. A l'inverse, seulement 39% du blé Bonifacio a été déclassé mais sur 114,59 hectares, « ça fait mal », selon le président. Pour les collecteurs, « ça fait mal aussi ». Sur 772 tonnes collectées par les Etablissements Martinello, 16,9% est déclassée. Pour la Coopérative Dauphinoise, c'est pire : Sur 893 tonnes collectées, 33,5%, soit un tiers de la production, est déclassée. Le groupe Payre s'en est mieux sorti, avec un déclassement de 11,15% sur 864 tonnes collectées. Pour la minoterie du Trièves, le déclassement est aussi un problème. « Il y a quelques années, il y avait 700 hectares de surfaces emblavées. On ne doit pas descendre en-dessous de 500 hectares sinon on aura un dilemme d'approvisionnement », confirme Pauline Raccurt. Le moral des agriculteurs n'est pas non plus au beau fixe. Cinq céréaliers ont quitté Valcetri en 2017, certains en raison de la totalité de leur récolte déclassée. « Il faudrait donner un dédommagement pour les blés déclassés, au moins pour couvrir l'achat des semences certifiées », propose un agriculteur. Un blé déclassé ne reçoit pas la prime Valcetri. En revanche, il est produit selon le cahier des charges de l'interprofession. Pour Marc Blais, cette solution est délicate à envisager : « Il faut éviter que les agriculteurs se contentent de produire du blé déclassé car cela va tirer la filière vers le bas. Mais on peut quand même y réfléchir ».
Adapter les variétés
Afin de compenser l'année passée, un gros report de stock a été fourni. Mais pour 2018, « les granges sont vides », confirme le président. Pour la prochaine saison, 443,19 hectares ont été semés contre 561,45 en 2017. « 80 hectares n'ont pas été semés en raison des conditions climatiques », déplore l'animatrice. En revanche, certaines variétés de blé plantées ont été changées. Certaines variétés se font donc plus présentes en 2018. En blé panifiable supérieur, le Pibrac est passé de 15,1 hectares à 57,26 hectares. Pour le blé améliorant, le Prosa a devancé le Togano : il représente 92% des surfaces emblavées contre 51% en 2017. Il aurait un meilleur rendement grain-paille et contiendrait plus de protéines. Le groupe Payre mène un suivi variétal sur une parcelle à Saint-Jean-d'Hérans. Le but est d'étudier de près plusieurs variétés afin de connaître le poids spécifique moyen, le taux de protéines ou encore le taux d'humidité. Marc Blais souhaite se montrer rassurant pour 2018 : « Le problème est général en agriculture, il n'y a pas qu'à Valcetri. On ne doit pas être le fusible de tous les maux. »