Une année particulière
Les gîtes de France ont soufflé leurs 60 bougies en 2015. En Isère, le premier gîte de neige a ouvert ses portes en 1961 et les premières chambres d'hôtes, dans le Vercors, en 1967. Un territoire qui est toujours resté moteur en termes de tourisme rural. C'est donc légitimement que les gîtes de France Isère avaient choisi Autrans pour tenir leur dernière assemblée générale. Dans « un contexte économique et politique difficile » , Philippe Riboulleau, président du Relais des Gîtes de France Isère et du service de réservation, a fait le constat de la baisse du chiffre d'affaires de ce dernier, en partie liée à la désaffection de la clientèle entreprise. La fermeture de la route de La Grave a aussi eu un impact négatif sur les réservations dans l'Oisans.
Pour autant, le nombre de structures a encore augmenté en 2015. Le solde de création d'hébergements ruraux est en effet de 38 pour un total de 850 hébergements en Isère, détenus par 643 propriétaires. En 2015, le conseil départemental a alloué une enveloppe de subvention de 405 000 euros pour l'émergence de 26 projets. En raison de la loi Notre et du transfert de la compétence économique à la région, ce financement, considéré comme une aide économique, ne sera très probablement pas reconduit en 2017.
Le Vercors, avec presque 30% du parc reste le secteur le plus dynamique, tant en nombre de gîtes qu'en taux d'occupation, suivi par les plaines et collines (25% des hébergements) et l'Oisans (16%). Ce dernier territoire, ainsi que Belledonne et Chartreuse offrent encore des potentiels de développement.
Montée en gamme
Le service de réservation, qui compte près de 300 logements, enregistre une baisse moyenne de son chiffre d'affaire de près de 5%. L'intersaison a été plus particulièrement difficile. En revanche, les gîtes de très grande capacité affichent les meilleures progressions. La clientèle de proximité progresse (27% vient d'Auvergne-Rhône-Alpes), puis 15% est issue d'Ile-de-France, au même niveau que la clientèle européenne.
A la faveur d'une rotation de l'offre et de l'arrivée de nouveaux logements labellisés, les Gites de France Isère observent une montée en gamme, tant en qualité qu'en prix. Le réseau propose d'ailleurs un service spécifique de requalification de l'offre. Cette procédure d'accompagnement permet aux adhérents d'améliorer l'agencement et la décoration des hébergements.
Pour gagner en visibilité, les gîtes peuvent aussi profiter du programme Tous sur le web. L'outil porté par Isère tourisme facilite l'accès à internet aux petits prestataires touristiques. Vitrine, aide à la commercialisation de nuitées, mise en ligne : des conseillers numériques répartis dans les territoires forment les propriétaires. Par ailleurs, les relais ont changé leur mode de communication en éditant désormais un magazine départemental en lieu et place des guides. Enfin, les cafés conseil remportent un succès qui témoigne du besoin d'échanger entre propriétaires de gîtes. Ces rencontres à thème réunissent régulièrement quelques dizaines d'adhérents autour d'un professionnel sur des sujets comme la banque, la photo ou le home staging.
Isabelle Doucet
Régime fiscal des gîtes ruraux
L'abattement fiscal de 71% dans le cadre du micro BIC est maintenu pour les gîtes qui bénéficient du classement étoile, quel qu'il soit. Il est donc conseillé de s'engager dans cette démarche.Par ailleurs, la taxe de séjour a été plafonnée pour les chambres et les tables d'hôtes à 0,75 euros par nuitée.
Rénovation
Bien dans son gîte
Tapisseries à fleurs et table en formica, il peut se passer 10, 20 ou 30 années entre la création d'un gîte et sa remise au goût du jour. Une clientèle qui se fait de plus en plus rare est un signe d'alerte. Alors que deux tiers des réservations passent par internet, la photo du logement fait foi et vaut mieux qu'elle soit belle. « Avec les Gîtes de France Isère, nous avons constaté que beaucoup de gîtes avaient besoin de rafraichir leur décoration intérieure. Nous avons donc proposé ce service de requalification de l'offre aux hébergeurs », explique Marlène Tournier, elle-même propriétaire d'un gîte à Bressieux et décoratrice d'intérieur.Avec Gîtes de France, elle a organisé une série de speed dating par territoires, qui ont débouché sur des demandes de visites. La décoratrice est intervenue avec le technicien des gîtes. « Il est important d'échanger avec les propriétaires sur leurs attentes, le type de clientèle ciblée et leur budget ».La professionnelle conseille d'abord de respecter une ambiance générale, de la cuisine à la chambre, sans oublier les sanitaires : classique, montagne, peu importe pourvu que l'ensemble ne soit pas brouillon. Elle « cherche le petit truc qui fait que l'on se sente bien dans une ambiance propre au gîte ». Ni trop personnalisé, ni trop aseptisé. « Il faut se mettre à la place des hôtes pour accueillir au mieux en étant bien dans son gîte », assure-t-elle. Marlène Tournier préconise « des tons neutres pour les sols et les murs ». Cette base permet « de s'amuser avec les accessoires, rideaux, coussins, tapis, dessus de lit, tableaux », qui peuvent être renouvelés plus souvent. « Le critère primordial pour la clientèle est le confort », rappelle-t-elle. Cela passe par la qualité des équipements, mais aussi le confort de l'éclairage – l'entrée ne doit pas être un trou noir -, acoustique ou olfactif. « Il convient de joindre l'utile à l'agréable : des couleurs qui plaisent à tout le monde, des matériaux faciles à nettoyer car ce sont des lieux où le public passe en faisant moins attention aux choses. »Les Gîtes de France prennent la visite en charge. Si les propriétaires souhaitent aller plus loin, la décoratrice leur rédige un compte-rendu et leur propose une planche d'ambiance. « Certains ont des idées, d'autres conviennent que ce n'est pas leur domaine », explique Marlène Tournier.En 2015, huit gîtes isérois ont déjà bénéficié d’une rénovation, l’année 2016 enregistre déjà une quinzaine de demandes. « Les photos sur les sites de réservation influent le choix de la clientèle. Il faut qu’elles accrochent, d’où l’importance de la décoration », insiste la spécialiste.ID