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Installation

Une approche en bon gestionnaire

Une approche en bon gestionnaire

« Je suis pas bien en avance, mais l'important c'est de participer. » Sylvain Annequin de Doissin, a hésité, mais les concours, « il en fait un chaque année » et essaie de convaincre ses connaissances d'y participer également. Alors il va présenter Erotik et Japonaise, deux vaches montbéliardes. La première sait déjà marcher pour un concours. La deuxième, non. « Notre troupeau est un peu fougueux, cela peut prendre du temps pour donner l'habitude d'être attachée et de marcher au bon rythme », indique-t-il.  Il va s'y attaquer : déjà passer le licol, habituer l'animal à le garder est la première étape. Puis supporter la brosse et « lui faire comprendre qu'il y a rien de dramatique ». Enfin, la faire marcher au pas, régulièrement, de longs moments autour de l'étable, endroit qu'elle connaît bien. « Entre une matinée et plusieurs jours, on ne sait pas combien de temps cela va demander », avance le jeune homme du haut de ses vingt ans. Car même s'il a une expérience des concours, l'éleveur est jeune et va s'installer avec son père, au sein du Gaec de la Rabatelière, dont un des associés, Dominique Gentil, va prendre la retraite. Alors le grand bain approche pour Sylvain. Il aborde son avenir avec une grande prudence vis-à-vis de l'activité économique laitière. « Nous faisons de la sélection, non pas pour les concours, ce n'est pas notre but premier, mais pour avoir un troupeau facile à conduire, qui fait du lait de qualité, sans cellule, sans mammite, dans lequel les vaches prennent bien la reproduction, sans chercher absolument la performance laitière », décrit-il. Rentable donc. Cela n'empêche pas d'obtenir quelques performances dans les qualités des animaux. « Nous avons sorti trois mâles bien placés par l'Umotest et une vache, Uxaline, a bien marché », rappelle le jeune homme. Il est donc confiant pour son installation, le lait produit par le Gaec étant bien payé grâce au prime qualité. Mais il connaît aussi les faiblesses de l'exploitation. « Notre bâtiment pour les laitières est prévu pour 60 places alors que nous en avons une centaine. Nous devrons l'agrandir raisonnablement car cela pourrait nuire aux performances globales du troupeau. » Pour faire face au étés secs, le Gaec ensile des intercultures, distribuées pendant la saison chaude afin de préserver le maïs pour l'hiver. Coté machine, un tracteur sera à changer, mais l'essentiel du matériel est en Cuma, un plus pour ne pas s'endetter. « En termes de qualité de vie, on ne fait  qu'une traite par jour chacun (trois heures, en 2X6 places). L'objectif est aussi de ne faire qu'un week-end sur deux », mais il voudrait aussi « faire entendre à son père la nécessité de prendre quelques jours de vacances par an à tour de rôle. »

 

JME