Une belle intersaison
L'intersaison est-elle une saison à part entière ? C'est la question que se sont posés les acteurs du tourisme isérois, lors du sixième forum des hébergeurs, qui s'est tenu mardi 12 juin à l'aéroport de Grenoble-Isère à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.
On a beaucoup parlé de tourisme d'expérience comme outil de différenciation, où se conjuguent attentes et émotions de la part de la clientèle. Encore faut-il savoir à qui l'on a affaire en Isère. Et pour Vincent Delaitre, directeur d'Isère tourisme, le marché prioritaire rhônalpin, c'est Lyon. La métropole représente en effet 2/3 de la clientèle iséroise. Une étude est en cours auprès de ces consommateurs potentiels afin de pouvoir proposer une offre leur correspondant.
Capitaliser sur le passage
Olivier Sanejouand, directeur de l'office de tourisme de Vienne-Condrieu ne dit pas autre chose quand il déploie le panel de fréquentation de l'offre touristique urbaine. Hors festival Jazz à Vienne et croisiéristes, la saison s'étend de mars à novembre. Au printemps comme à l'automne, 50% de la clientèle est âgée de plus de 60 ans. Inutile de se focaliser sur les familles, il convient d'adapter l'offre, les produits et les services en fonction des cibles. Ainsi, les groupes adultes se positionneront avant et après la saison, les individuels sur la période estivale. Mais son argument massue, c'est le J+1. « Il faut capitaliser sur le passage », insiste Olivier Sanejouand. « Ce qui demande de transformer les codes des réseaux habituels, en se tournant vers le réseau voisin pour vendre un territoire. » De la concurrence à la complémentarité, l'échange de clientèle peut être un relais de croissance.
Le parc Walibi, aux Avenières, qui affiche 465 000 visiteurs au compteur en 2017, soit une année record, cherche lui aussi à prolonger sa saison. « Notre objectif est de faire venir avant et après la saison, rappelle Delphine Perrier, commerciale du parc. Nous souhaitons que les gens qui viennent en juillet-août viennent aussi en octobre, ou en avril. » Pour cela le parc a conclu des partenariats avec les hébergeurs alentour, qui proposent des prestations tarifaires plus intéressantes. Ils sont aujourd'hui au nombre de 70. Mais la responsable ajoute : « C'est compliqué avec l'hébergement de masse en Nord-Isère. Il y a beaucoup de petites structures avec moins de 10 chambres. »
Intersaison et itinérance
Dans le Vercors, on mise sur l'itinérance pour faire venir les vacanciers pendant l'intersaison. Le parc est largement doté d'itinéraires à pratiquer à pied, en VTT ou à cheval. L'occasion de rappeler que le contrat de destination Voyage dans les Alpes continue à vivre, porté par les collectivités, pour la promotion du tourisme itinérant dans les Alpes. Une formation a même été annoncée au mois de septembre en Belledonne.
Enfin, les professionnels du tourisme disposent d'un dernier outil dédié du réseau. La base de données Apidae réunit désormais 1 000 membres et 21 départements. Cette plateforme permet de délivrer une information qualifiée à la clientèle touristique concernant les animations des territoires.