« Une belle promotion pour le territoire »
C'est un retour rapide de la fête du Bleu qui avait eu lieu à Méaudre en 2011 ?
Toutes les communes des Quatre montagnes ont déjà accueilli la fête du Bleu. La Drôme, qui organise la manifestation tous les deux ans, a décliné la préparation en raison de problèmes financiers et de bénévoles. Autrans-Méaudre, en tant que nouvelle commune, n'avait jamais accueilli la fête. Cependant, nous avons posé deux conditions : que les associations d'Autrans-Médaudre soient partantes dans l'aventure et que nous ayons des garanties financières face au Parc naturel régional du Vercors qui traversait une période de gouvernance délicate. La Région et le Département nous ont assuré qu'ils abonderaient sur les lignes du parc en cas de défaillance. Nous avons donc décidé de relever le défi même si les délais étaient courts. Mon sentiment était que si nous ne nous portions pas candidat, nous risquions de perdre cette manifestation. C'est une belle fête populaire. En 2011, elle avait attiré entre 20 et 25 000 personnes à Méaudre. C'est un beau drapeau pour nos savoir-faire.
Cette fête aura-t-elle un caractère particulier ?
C'est la première grosse action de la commune nouvelle, mais elle est portée essentiellement par le tissu associatif de la commune déléguée de Méaudre. Chaque année, la fête porte un thème différent. Nous avons choisi les savoir-faire et les saveurs du Vercors. Et il ne s'agit pas que d'agriculture, il y a aussi des savoirs culinaires ou artisanaux. Notre parrain est d'ailleurs Christophe Aribert, enfant du pays et porte parole de la gastronomie.
Quel est le budget d'une telle manifestation ?
Il est en baisse, mais c'était prévu. Il s'élève entre 70 et 80 000 euros, avec une participation de 10 000 euros de la communauté de communes, 10 000 euros de la part de la commune nouvelle et 50 000 euros du parc.
Avec quel retour sur investissement ?
Le retour sur investissement se mesure en notoriété. C'est une belle promotion pour le territoire. Si le parc ne devait porter que deux manifestations touristiques, ce serait la Fête du Bleu et le salon de l'agriculture qui représentent le mariage réussi entre le tourisme, l'agriculture et les artisans. Nous avons su gommer nos différences et tout le monde a compris qu'il n'y a pas de tourisme sans une agriculture forte, qui façonne les paysages et que le tourisme fait vendre nos produits.
Six mois après la fusion, comment fonctionne la commune nouvelle ?
Les Méaudrais n'en voulaient pas et l'ont exprimé dans la consultation. C'est à nous, les élus, de prouver que nous avions raison de le faire. Nous réalisons des économies d'échelle. Avec la surprime de 5% et l'absence de baisse de dotation, ce sont 100 000 euros de recettes qui ne sont pas perdues.
Depuis six mois, nous apprenons à travailler ensemble. Il y a une bonne entente au sein du conseil municipal et nous devons entraîner la population avec nous. Des choses se sont déjà faites comme la fusion du CCAS ou la commission tourisme. Nous travaillons sur une structure unique touristique. En revanche, c'est un peu plus difficile dans la mise en place des équipes. Il faut se donner du temps. Nous avons quatre ans pour tout mettre en place. La principale difficulté vient des habitudes de travail. Il y a des différences en dépit des 5 km qui séparent les deux villages. Par exemple, le déneigement est effectué par des employés communaux à Autrans et par des privés, sur appel d'offre, à Méaudre. Ou encore, il y a à Méaudre un gros tissu associatif alors qu'Autrans est plus positionnée sur de grandes manifestations.