Une chance d'avoir un départemental dans le canton
Davantage passionné par les bêtes que par les tracteurs, Philippe Gontard, âgé de 51 ans, a toujours voulu devenir éleveur. Installé à Granieu, il est aujourd'hui le seul de sa commune. Le contact avec les animaux, les soins qu'il leur prodigue, la façon dont ils le lui rendent, les voir « heureuses » quand il les met à l'herbe, être présent lors d'une mise bas, élever un veau, travailler la sélection, sont pour lui autant de domaines variés et passionnants. Et il l'assure : « Dans ce contexte économique difficile, c'est bien parce que nous sommes passionnés que nous continuons ».
Philippe Gontard a repris la ferme familiale en mars 1989. Avec son épouse, Chantal Gontard, conjointe collaboratrice, il exploite 80 hectares (26 de maïs, quatre d'orge et le reste en prairies) et élève 70 vaches laitières, dont la production est livrée à Danone. L'éleveur a un troupeau composé de deux races qui, selon lui, se complète très bien : la Prim'holstein pour sa productivité et la Simmental pour sa rusticité. « Notre système repose principalement sur le pâturage. Les Holstein produisent beaucoup de lait, mais elles sont un peu fragiles. C'est pour cela que j'ai souhaité intégrer des Simmental, car elles sont plus robustes, plus adaptées pour aller dans les prés et leur lait est plus riche. Avec ces deux races, nous arrivons à faire des moyennes intéressantes », explique Philippe Gontard.
Trois Prim'holstein
La passion de l'élevage, Philippe Gontard l'a transmise à son fils, Loïc, qui est actuellement en cours d'installation. Il ne le rejoindra pas dans la ferme puisqu'il monte son propre projet. Il crée un troupeau de de chèvres pour transformer le lait et faire de la vente directe. Pour son père, « ce projet est le plus adapté. Pour que notre fils s'installe avec nous, il aurait fallu augmenter le cheptel, agrandir les bâtiments. Cela n'aurait pas été une bonne idée. Le projet est une façon d'échapper aux intermédiaires qui prennent nos marges. En plus, la vente directe permet d'être en contact avec les consommateurs. C'est dans l'air du temps », juge-t-il.
Une semaine avant le concours départemental, Philippe Gontard prépare ses bêtes tranquillement. Il emmène trois Prim'holstein, « une noire et deux rouges », précise-t-il. Pas question pour lui de ne pas participer. « Un départemental dans le canton, c'est une chance. C'est vrai que c'est un peu de travail, mais ce serait dommage de ne pas en profiter ». Pour autant, il reconnaît que la crise du lait a ébranlé le moral des éleveurs, a démotivé. Mais lui, est content d'y aller. Ses préparatifs : la tonte des vaches et leur apprendre à marcher pour qu'elle soit à l'aise le jour de la fête. « Elles ont déjà l'habitude d'aller dans les comices. Il faut le faire tous les jours pendant dix minutes, un quart d'heure, mais ce n'est pas très compliqué », assure-t-il.
Isabelle Brenguier
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