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Fédération des caisses locales

Une dynamique départementale portée par la proximité

Au regard de résultats honorables, l'assureur mutualiste raisonne plus que jamais en termes de ruralité et de proximité.
Une dynamique départementale portée par la proximité

En se déplaçant en Isère auprès des membres de la fédération départementale des caisses locales de Groupama réunie en assemblée générale le 12 avril à l'Isle d'Abeau, Francis Thomine, directeur général, et Patrick Laot, président délégué de Groupama Rhône-Alpes-Auvergne, sont venus décliner la politique régionale et nationale auprès des représentants locaux. L'année est porteuse et flatteuse pour cette caisse régionale, première contributrice au résultat du groupe au niveau national. « C'est la quatrième année que nous sommes les meilleurs contributeurs », se réjouit Francis Thomine, repassant les bons résultats en cercle restreint lors à cette assemblée générale présidée par Louis-Michel Petit. « Je ne voulais pas trop en faire étalage lors de l'assemblée générale de Clermont, car notre caisse régionale est très observée. » Mais lui qui « aime la compétition pour l'émulation qu'elle entraîne » s'est fait un plaisir de commenter les résultats afin aussi de motiver les présidents de caisses locales présents comme les responsables commerciaux. En vrac et dans le désordre : « En assurance auto, nous avons bien remonté en nombre et en chiffre d'affaires de manière supérieure à la croissance du marché. Mais Groupama ne fait pas du low-cost, car c'est une démarche qui peut mener à des catastrophes. Nous sommes dans un pays avec des produits de qualité, les élus et des collaborateurs de qualité, cela se retrouve forcément dans les tarifs », explique-t-il sans ambage.
Dans le monde agricole, « nous avons eu de bonnes surprises, nous avons reconquis des parts de marchés en Auvergne et consolidé la situation de Rhône-Alpes, bien que la période soit compliquée pour les agriculteurs. Mais nous avons repris notre rôle d'organisation professionnelle agricole sur lequel nous avions un peu reculé auprès des agriculteurs. »

Le quartier est un village

Le digital ? « Bien sûr, il est incontournable, mais ce n'est pas une raison pour ne pas ouvrir des agences dans le milieu rural. Les machines ne remplaceront pas les hommes et les femmes... » Quant aux partenariats -coûteux quelquefois- « nous raisonnons en investissement, non pas en coûts. Si un euro dépensé en rapporte autant ou plus, cela nous permet de rayonner sur les marchés que nous visons ».
Les perspectives 2017 restent ambitieuses. « Nous devons être les premiers dans le monde rural, dans les trois premiers dans les bassins intermédiaires, assène Francis Thomine. Nous avons peut-être une solution intéressante en ville : raisonner la vie des quartiers comme celle des villages. Si nous sommes en proximité, en présence, en écoute, nous pourrons faire quelque chose. »

Déficit de gestion du risque

Le début de l'année est cependant marqué par plusieurs sinistres : deux gros incendies dans la région, une tempête à laquelle s'est ajouté l'événement Zeus. « Celui-ci a provoqué plus de dégâts que celle de 1999, mais personne n'en a vraiment parlé », s'étonne-t-il.
Du côté des risques climatiques en agriculture, un responsable de caisse locale s'est ému de l'absence d'une assurance obligatoire. « La profession n'y est pas favorable, rappelle le directeur général, mais je pense que c'est une erreur. Nous devrions passer par une phase obligatoire qui permettrait un élargissement de l'assiette, une baisse des prix et l'entrée de nouveaux acteurs pour l'accompagner. Ce schéma n'est toujours pas regardé. Nous faisons face à un vrai déficit de gestion du risque. Donc aujourd'hui, ne s'assurent que ceux qui sont sûrs d'être soumis au risque. On enfonce le modèle. » « Il y a une frilosité de la profession, mais les débats sont là», reconnaît Patrick Laot, par ailleurs responsable professionnel dans la Loire. Francis Thomine enfonce le clou : « En la matière, il n'y a pas de grande famille agricole. Il faut remoraliser la filière agricole, car si on arrivait à repartir sur un schéma collectif, on aurait tous les moyens d'y arriver. »

Jean-Marc Emprin

Prévoir la relève

Le modèle mutualiste de Groupama repose sur des duos ou des trios locaux composés d'assurés et d'un responsable commercial de secteur. Mais Groupama se trouve confronté à une évolution de représentation, la profession agricole étant sur-représentée dans les conseils d'administration vis-à-vis de la distribution socio-professionnelle des nouveaux sociétaires, d'une part, et de la difficulté de renouvellement des administrateurs d'autre part. Une expérience concluante a été présentée par Anne Nicolas, responsable du secteur Grésivaudan et Raymond Rey, vice-président de la fédération départementale. Durant un an, un travail de proximité, d'identification d'administrateurs potentiels, de réunions pour expliquer le fonctionnement, les objectifs, l'ADN de Groupama, a été réalisé par le binôme auprès de trois caisses en souffrance de gouvernance locale. « Il y avait deux énergies, et deux discours différents, l'eau et le feu qui se trouvaient côte-à-côte sur le terrain », commente Raymond Rey. Les résultats sont là : 9 nouveaux administrateurs admis au titre de stagiaires dont quatre femmes.
Cette expérience entre dans le cadre de la gestion prévisionnelle des ressources institutionnelles, un axe devenu prioritaire au sein de la fédération départementale. Complètement acquis à cette idée de renouvellement des responsables, Louis-Michel Petit, président de la fédération départementale des caisses locales a confirmé avoir laissé sa place au sein de Groupama Rhône-Alpes au titre d'administrateur, afin de laisser « monter » de plus jeunes responsables, en l'occurrence Frédéric Bret.