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Vercors

" Une émulation autour de l'élevage et de l'agriculture "

Dans le cadre de la Fête du bleu, organisée ce week-end à Villard-de-Lans, les éleveurs de la Société d'élevage se préparent. Ils nous racontent.
" Une émulation autour de l'élevage et de l'agriculture "

« Nous profitons de la Fête du bleu pour créer une émulation autour de l'élevage et de l'agriculture », indique Patrick Rey-Giraud, président de la Société d'élevage de Villard-de-Lans, en charge de l'organisation du concours des animaux du Vercors. Pour autant c'est un comice qui n'en est pas à son coup d'essai, puisque c'est sa 125ème édition qui est organisée en ce week-end du 8 et 9 août à Villard-de-Lans. Au programme : concours et présentation des trois races laitières qui permettent la fabrication du Bleu du Vercors-Sassenage (abondance, montbéliarde et villard-de-lans), présentation des races de chèvres et de brebis, concours régional du cheval mérens et concours d'élevage du cheval du Vercors de Barraquand. Au-delà de cette mise à l'honneur des bêtes du plateau du Vercors, les éleveurs sont bien décidés à en profiter « pour que ce rendez-vous soit une vraie fête, avant, pendant et après la fête officielle », souligne Patrick Rey-Giraud.

Les enfants des écoles dans les fermes

« Le rôle de notre société d'élevage, qui existe depuis 1875, est de promouvoir l'agriculture », indique Patrick Rey-Giraud. Si le concours cantonal des animaux reste la tradition, les agriculteurs ne manquent pas d'idées pour faire connaître et mettre en avant le monde agricole. « Auparavant, tout le monde avait dans son entourage, un agriculteur, et, de ce fait, l'occasion de donner un coup de main. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il y a de nombreuses familles qui viennent habiter dans le Vercors, sans savoir ce que nous, agriculteurs, faisons. C'est la raison pour laquelle il est important de (re)créer du lien avec l'ensemble de la population, et notamment avec les enfants ». D'où cette initiative des éleveurs qui a consisté, en fin d'année scolaire, à inviter cinq classes, du CP au CM2, des écoles du plateau à les rencontrer dans leur ferme. « Nous voulons sensibliser les petits villardiens à notre métier, leur présenter nos élevages, nos bêtes et nos fromages ». Dans l'idée aussi que ces charmantes têtes blondes racontent à leur parents leurs découvertes... Et, histoire de marquer encore plus les esprits, les enfants ont pu, durant leurs visites, baptiser des veaux. Avec la possibilité de les retrouver et de les présenter à leurs familles, puisque les jeunes bêtes auront leur propre stand pendant les deux jours de la Fête du bleu. 

Isabelle Brenguier

La relève agricole du Vercors

Dans le plateau du Vercors, la relève se prépare. Ils sont 27 jeunes agriculteurs ou jeunes porteurs de projet agricole habitant à Villard-de-Lans, Autrans, Méaudre, Lans-en-Vercors, Corrençon-en-Vercors ou Saint-Nizier-du Moucherotte, mais ils ne se connaissaient pas plus que ça. D'où l'idée de la Société d'élevage de Villard-de-Lans de les faire se rencontrer pour tenter de créer une nouvelle dynamique. L'initiative a plu. Et le jeune groupe motivé a voulu profiter de la Fête du bleu pour se faire connaître. Ils seront donc tous là, accompagnés d'un animal qu'ils auront choisi, prêts à raconter leur parcours et leurs projets, et à montrer que la jeunesse vertacomirienne est dynamique. Quentin Argoud-Puy, âgé de 20 ans, viendra avec sa petite villarde d'un an, Jasmine. Race qui, selon lui, illustre la tradition et l'avenir du plateau du Vercors. D'autant qu'il y a un souhait partagé dans le plateau de reconstituer le cheptel de villard-de-lans.
Double activité
Le jeune villardien n'est pas encore installé. Mais il nourrit le projet de rejoindre son père et son oncle, installés en production laitière au sein du Gaec des Allières. Pour le mener à bien, il termine actuellement une licence professionnelle en transformation fromagère à l'Ecole nationale d'industrie laitière et des biotechnologies (Enilbio) de Poligny (39), et un aprentissage au sein de la Coopérative Vercors lait. Même si, pour l'instant, « ce ne sont encore que des idées », il envisage de créer un atelier de transformation fromagère et un magasin de vente. Sa réflexion sur sa vie professionnelle, il la mûrit peu à peu. Et, sur les traces de son père, il imagine aussi la double activité. C'est la raison pour laquelle il passe son Brevet d'état de moniteur de ski alpin. « La double activité, c'est pas obligatoire, mais je me la conseille fortement. Je constate qu'elle rend mon père très heureux. Il apprécie de rencontrer du monde, de discuter. Cela permet de sortir de l'exploitation. Et c'est un complément de revenu non négligeable », estime-t-il.
I.B.