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"Une évolution quasi-générale des dégâts de gibier"

Patrice Girard, délégué groupe départemental grands gibiers au sujet des points noirs en Isère.
"Une évolution quasi-générale des dégâts de gibier"

La dernière commission s'est réunie autour de la question des points noirs. Quelle est la situation en Isère ?

Si la situation se calme un peu dans certains endroits, en revanche, on observe une évolution quasi-générale des dégâts de gibier dans l'ensemble du département (1). Il y a une importante reproduction chez les sangliers et une forte présence de mères avec leurs marcassins. Les dégâts augmentent donc légèrement sur l'ensemble des unités de gestion à risque. Il s'est tué en Isère moins de sangliers en 2016 que les autres années (2).

Certains secteurs demeurent problématiques ?

Dans le Nord-Isère, il semble qu'il y ait un souci de gestion du gibier. Nous devons rester vigilant. Heureusement, nous avons des interlocuteurs ouverts et notamment le président de la Fédération de chasse de l'Isère, Jean-Louis Dufresne. Rappelons que l'agrainage doit être dissuasif. Il permet d'attirer les animaux sauvages en leur donnant à manger pour les éloigner des cultures où ils font des dégâts. Cela fonctionne dans certaines unités de gestion dont on n'entend jamais parler. Par ailleurs, le groupe technique s'est dit favorable à l'interdiction de l'agrainage dans le massif du Grand Brion et dans la commune du Gua (UG5).

Avec le changement des pratiques culturales, des phénomènes nouveaux apparaissent ?

En effet, le sanglier est difficilement compatible avec une agriculture raisonnée. Nous commençons à relever des problèmes chez les éleveurs qui tendent vers l'autonomie alimentaire ou les élevages passés en bio. Les prairies qui bénéficient d'amendements organiques développent une vie microbienne beaucoup plus importante et il y a une plus forte présence de vers de terre, ce qui attire les sangliers qui viennent gratter ces sols. Pour celui qui passe en bio, l'indemnisation des dégâts de sangliers ne pourra jamais couvrir la perte liée au rachat de sa marchandise.

Quelle est la période où le risque est le plus élevé ?

Il y a d'une part les dégâts sur les prairies de novembre à février et à partir de maintenant les semis de maïs, une des principales cultures à risques. Les clôtures ne sons pas toujours efficaces face aux mères et à leurs petits qui passent sous les fils. Quand il y a des dégâts, on peut demander des tirs de nuit de la louveterie, comme cela a été acté dans les UG5 (Sud-Grenoblois), UG20 (Capi) et UG25 (Boucle du Rhône), afin de stabiliser la population. Le reste de l'année, les chasseurs peuvent satisfaire le plan de gestion de la chasse. Il y a aussi la possibilité de procéder à des tirs d'affût en juin, mais c'est plus rare.

Avez-vous parlé du loup, des grands gibiers ?

Non, mais on observe que les cervidés ont tendance à se développer et viennent concurrencer le chevreuil sur certains secteurs. La population des chevreuils est maîtrisée. Elle est plus vulnérable et exposée aux chiens, aux loups, aux voitures. Quand au loup, ce sera le problème de l'année, qui risque de concerner même les éleveurs bovins. Qu'est-ce qu'on attend ?

Propos recueillis par Isabelle Doucet

(1) Dégâts enregistrés au 1er mars 2016 : 189 ha soit 30 ha de plus qu'en 2015
(2) (2) prélèvements au 1er mars 2016 : 5 254 sangliers contre 5 887 en 2015.