GRENOBLE
Une ferme dans la ville
INNOVANT/ Imaginez, vous sortez de votre immeuble et hop, en un tour de main, vous êtes au milieu des chèvres en train d'acheter votre fromage pour le brunch de midi… C'est bientôt possible, puisque le projet de ferme intercommunale du Mûrier, dans les cartons depuis quelques années, devient de plus en plus concret.
Une ferme sur des terrains agricoles, jusque là rien d'anormal. Mais des terrains agricoles en zone périurbaine, en passe d'être délaissés et réinvestis par une communauté de communes, voilà plus atypique. Le projet de ferme intercommunale au hameau du Mûrier, sur les communes de Gières et Saint-Martin-d'Hères, est original, puisqu'il révèle non seulement les aspirations des urbains et de leurs politiques à préserver les terres agricoles, mais aussi à recréer des exploitations.
La « bonne échelle » pour le projet : la communauté de communes
Voilà déjà dix ans que la réflexion autour de la colline du Mûrier et des Quatre Seigneurs a été entamée dans le cadre d'un plan local de gestion de l'espace (PLGE) lancé en 2000 par la Métro et la Région, suivi d'un temps de discussion entre les élus des quatre communes concernées (Eybens, Gières, Poisat et Saint-Martin-d'Hères) et l'association pour le développement de l'agriculture dans l'Y grenoblois (Adayg). « Cette démarche multi-acteurs a été portée à nouveau par la Métro en 2008, explique Eric Grasset, vice-président à l'agriculture de la communauté de communes de Grenoble et conseiller régional, dans le cadre d'un Psader (1), qui a donné une nouvelle impulsion ». Ce type de projet amène « les agglomérations à réfléchir sur l'agriculture, pas seulement dans une position de défense des exploitations restantes mais dans une logique d'action, avec une volonté de création d'espaces agricoles et forestiers occupés par de nouvelles exploitations… » Et d'après l'élu, la Métro est « la bonne échelle territoriale » pour mener à bien des actions pérennes. Elle décline d'ailleurs sa politique agricole sur « trois axes : le développement de filières courtes ; la protection des forêts ; le maintien des territoires de coteau ouverts », via des appels à projets pour des pratiques innovantes ou des installations d'exploitations. « D'autres initiatives sont en cours, souffle Eric Grasset, mais celle du Mûrier est en passe d'être finalisée l'an prochain ».
La construction des bâtiments pour 2012
Les terrains agricoles, revendus par des exploitants en fin de carrière et sans repreneur, ont été rachetés par la Métro en 2009 via la Safer, soit 30 hectares dont 15 de SAU (2), en vue du projet d'installation de la ferme. Son activité sera centrée sur un élevage caprin, la production la mieux adaptée au site, avec transformation, vente directe et accueil pédagogique. Les bâtiments, dont la construction débutera en 2012, abriteront chèvrerie, stockage de foins, fromagerie, magasin, salle d'accueil et habitation des agriculteurs. Ces derniers, déjà recrutés, seront donc locataires des terres et du bâti appartenant à la Métro, pour 1 200 euros mensuel. « Il est normal, avance Eric Grasset, d'avoir un retour économique sur les investissements, surtout si la production est équilibrée ». Il est vrai qu'une reprise directe semblait difficile ; et cette action commune permet de gérer l'éclatement du foncier, la pression forestière et de garantir une activité économique viable.
Des enjeux multiples, en phase avec la société
« On fait de l'agriculture, mais à notre manière, en zone urbaine. L'enjeu de cette installation est le maintien et l'entretien des espaces ouverts de ce territoire de coteau, ce qui participe à son équilibre et sa diversité écologique ; la préservation d'une activité et d'une production agricole (3) et un rôle éducatif, passerelle entre urbains et ruralité ». Le fait que la ferme ait une activité économique réelle, et non uniquement pédagogique, est important dans la vision donnée aux jeunes d'une exploitation. « Avec 70 chèvres, on ne va pas non plus nourrir l'agglomération, plaisante Eric Grasset, mais ce n'est pas le but. La localisation est cohérente avec une action politique qui vise à limiter les déplacements : les produits de la ferme seront en vente sur place ou dans le bassin grenoblois ». La ferme à venir est d'ailleurs vue d'un œil favorable par la population locale. C'est aussi parce que « la société évolue et se pose davantage de questions sur la nature et l'environnement qu'il y a quinze ans, qu'aujourd'hui, ce projet a pu finalement se mettre en place », concède Eric Grasset.
Ingrid Blanquer
(1) Psader : projet stratégique agricole et de développement rural.
(2) SAU : surface agricole utile.
(3) Sur le site du Mûrier, il existe une autre exploitation que la ferme en projet, l'élevage porcin d'Anne Abribat-Thevier.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Qui sont les futurs installés ?
La ferme n'est pas encore sur pied… mais cela ne saurait tarder ! La livraison des bâtiments est prévue fin 2012, mais les jeunes agriculteurs recrutés sont déjà sur place.
C'est un jeune couple trentenaire qui a été recruté, il y a un peu plus d'un an, parmi six autres candidatures. Le projet de François Bador et de Céline Frachet, sa compagne, collait aux critères et à la logique de la ferme envisagée. Leur parcours, atypique, a séduit les élus.
Deux citadins, originaires de Lyon, épris de grands espaces. François, un BTS agricole en poche et Céline, ingénieure, passionnés de voyages, partent faire le tour de l'Amérique du Sud à vélo. En chemin, la rencontre avec des agriculteurs leur donne envie de savoir comment vivent ceux de l'hexagone. En rentrant, ils font du bénévolat dans des exploitations (via des associations de wwoofing*) pour être sûrs que le secteur leur plaît. « J'ai fait du maraîchage et de l'élevage de chèvres en Haute-Loire, dans les Monts du lyonnais et en Ardèche, et Céline a suivi une formation en élevage, pendant un an, à Valence », explique François.
« Un vrai coup de cœur pour le site »
Conquis, leur objectif est de s'installer en Rhône-Alpes : ils recherchent alors une exploitation, mais ils ne sont pas emballés, les fermes qu'ils visitent sont souvent très reculées et non entretenues. « Quand on a vu l'annonce pour le projet, on a trouvé cette démarche très intéressante, notamment l'idée qu'une communauté de communes permette une installation face à la pression foncière... » N'étant pas issus du monde agricole, la possession de terres n'était pas un objectif pour eux, mais un moyen... Et la proximité d'une ville, un atout. « Après une visite au Mûrier, on a eu un vrai coup de cœur pour le site, avec sa vue sur les montagnes... » Leur idée première : faire du maraîchage et de l'élevage. « Mais ce sont deux activités chronophages, et nous avons décidé de privilégier l'élevage, d'autant qu'au Mûrier, les terrains sont en pente. Par contre, nous allons faire un grand potager de 1 000 mètres carrés, pour diversifier les supports pédagogiques. Le côté éducatif est quelque chose que nous voulions absolument, tout comme l'orientation en agriculture biologique ».
Des fromages pour 2013
« Au départ, nous commencerons l'activité avec 50 chevrettes, des alpines chamoisées, et nous pourrons en accueillir jusqu'à 70. Elles iront pâturer dans les parcs prévus sur les dix hectares. Les deux hectares fauchables pourront être utilisés en fourrage, mais l'alimentation des bêtes sera intégralement achetée et le plus localement possible ». Le projet est long à se concrétiser et pour les futurs installés, recrutés assez tôt dans le processus, cette attente n'est pas évidente. Heureusement aujourd'hui, François a signé un bail sur les hectares de prairies et s'est installé en son nom depuis juillet. L'installation de Céline suivra. En attendant, il a fait un peu de maraîchage cet été et défriche l'espace. « On espère vraiment faire quelque chose de bien ici, ça ressemble de très près à l'idéal professionnel qui nous faisait rêver il y a quelques années… ». Plus qu'à espérer que les subventions européennes leurs soient accordées et que la construction des bâtiments commence à temps. « Tout devrait être fini en octobre 2012, et le premier fromage arriver début 2013. » Avis aux amateurs de tommes de chèvre !
IB
* Ces associations mettent en relation des personnes désireuses de découvrir et de participer au monde agricole biologique et écologique, avec des fermiers prêts à les accueillir. http://www.wwoof.fr/index.htm
--------- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Du rural dans l'urbain et inversement…
Eclairage du politiste Alain Faure*.
« Il y a un réel divorce culturel et caricatural entre les urbains et les périurbains, qui vivent pourtant juste à côté. Mais les stéréotypes, vrais en partis, ont la vie dure : la ville est vue comme un lieu négatif avec les bouchons, la pollution, les violences et les zones périurbaines comme synonymes de nature, de quiétude, de loisirs… Une fracture artificielle puisque les urbains sont aussi des consommateurs de produits naturels et de loisirs ruraux et que les périurbains, eux, travaillent souvent en ville et y consomment aussi des loisirs etc. Ce projet de ferme intercommunale, qui met un peu de rural dans l'urbain et inversement, pousse vers une réconciliation entre ces deux mondes. »
Ouverture du monde agricole
« Cette initiative est aussi une manière de montrer que les problèmes de la périphérie et ceux du centre peuvent être gérés par la même entité, à l'échelle de la Métro. Souvent les freins rencontrés par ces politiques publiques, cohérentes d'un point de vue pragmatique, sont surtout des questions d'ordre identitaires, de sentiment d'appartenance à un territoire plus restreint et non à une grande zone géographique. Alors que dans la réalité des pratiques sociales, on appartient au deux.
Enfin, le fait que les deux jeunes installés soient des urbains est intéressant et révèle peut-être un changement du monde agricole, qui restait souvent dans un schéma de reproduction sociale (95% des transmissions d'exploitations étaient familiales) : le profil de ses professionnels évolue. La place de l'agriculture biologique et les nouvelles façons de consommer ne sont peut-être pas étrangères à cette ouverture sociale et culturelle ».
IB
*Directeur de recherche CNRS – PACTE, Institut d'Etudes Politiques - Université de Grenoble et directeur du Centre d'Etudes Canadiennes de Grenoble. Il travaille, entre autres sujets, sur l'intercommunalité en France.
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La « bonne échelle » pour le projet : la communauté de communes
Voilà déjà dix ans que la réflexion autour de la colline du Mûrier et des Quatre Seigneurs a été entamée dans le cadre d'un plan local de gestion de l'espace (PLGE) lancé en 2000 par la Métro et la Région, suivi d'un temps de discussion entre les élus des quatre communes concernées (Eybens, Gières, Poisat et Saint-Martin-d'Hères) et l'association pour le développement de l'agriculture dans l'Y grenoblois (Adayg). « Cette démarche multi-acteurs a été portée à nouveau par la Métro en 2008, explique Eric Grasset, vice-président à l'agriculture de la communauté de communes de Grenoble et conseiller régional, dans le cadre d'un Psader (1), qui a donné une nouvelle impulsion ». Ce type de projet amène « les agglomérations à réfléchir sur l'agriculture, pas seulement dans une position de défense des exploitations restantes mais dans une logique d'action, avec une volonté de création d'espaces agricoles et forestiers occupés par de nouvelles exploitations… » Et d'après l'élu, la Métro est « la bonne échelle territoriale » pour mener à bien des actions pérennes. Elle décline d'ailleurs sa politique agricole sur « trois axes : le développement de filières courtes ; la protection des forêts ; le maintien des territoires de coteau ouverts », via des appels à projets pour des pratiques innovantes ou des installations d'exploitations. « D'autres initiatives sont en cours, souffle Eric Grasset, mais celle du Mûrier est en passe d'être finalisée l'an prochain ».
La construction des bâtiments pour 2012
Les terrains agricoles, revendus par des exploitants en fin de carrière et sans repreneur, ont été rachetés par la Métro en 2009 via la Safer, soit 30 hectares dont 15 de SAU (2), en vue du projet d'installation de la ferme. Son activité sera centrée sur un élevage caprin, la production la mieux adaptée au site, avec transformation, vente directe et accueil pédagogique. Les bâtiments, dont la construction débutera en 2012, abriteront chèvrerie, stockage de foins, fromagerie, magasin, salle d'accueil et habitation des agriculteurs. Ces derniers, déjà recrutés, seront donc locataires des terres et du bâti appartenant à la Métro, pour 1 200 euros mensuel. « Il est normal, avance Eric Grasset, d'avoir un retour économique sur les investissements, surtout si la production est équilibrée ». Il est vrai qu'une reprise directe semblait difficile ; et cette action commune permet de gérer l'éclatement du foncier, la pression forestière et de garantir une activité économique viable.
Des enjeux multiples, en phase avec la société
« On fait de l'agriculture, mais à notre manière, en zone urbaine. L'enjeu de cette installation est le maintien et l'entretien des espaces ouverts de ce territoire de coteau, ce qui participe à son équilibre et sa diversité écologique ; la préservation d'une activité et d'une production agricole (3) et un rôle éducatif, passerelle entre urbains et ruralité ». Le fait que la ferme ait une activité économique réelle, et non uniquement pédagogique, est important dans la vision donnée aux jeunes d'une exploitation. « Avec 70 chèvres, on ne va pas non plus nourrir l'agglomération, plaisante Eric Grasset, mais ce n'est pas le but. La localisation est cohérente avec une action politique qui vise à limiter les déplacements : les produits de la ferme seront en vente sur place ou dans le bassin grenoblois ». La ferme à venir est d'ailleurs vue d'un œil favorable par la population locale. C'est aussi parce que « la société évolue et se pose davantage de questions sur la nature et l'environnement qu'il y a quinze ans, qu'aujourd'hui, ce projet a pu finalement se mettre en place », concède Eric Grasset.
(1) Psader : projet stratégique agricole et de développement rural.
(2) SAU : surface agricole utile.
(3) Sur le site du Mûrier, il existe une autre exploitation que la ferme en projet, l'élevage porcin d'Anne Abribat-Thevier.
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C'est un jeune couple trentenaire qui a été recruté, il y a un peu plus d'un an, parmi six autres candidatures. Le projet de François Bador et de Céline Frachet, sa compagne, collait aux critères et à la logique de la ferme envisagée. Leur parcours, atypique, a séduit les élus.
Deux citadins, originaires de Lyon, épris de grands espaces. François, un BTS agricole en poche et Céline, ingénieure, passionnés de voyages, partent faire le tour de l'Amérique du Sud à vélo. En chemin, la rencontre avec des agriculteurs leur donne envie de savoir comment vivent ceux de l'hexagone. En rentrant, ils font du bénévolat dans des exploitations (via des associations de wwoofing*) pour être sûrs que le secteur leur plaît. « J'ai fait du maraîchage et de l'élevage de chèvres en Haute-Loire, dans les Monts du lyonnais et en Ardèche, et Céline a suivi une formation en élevage, pendant un an, à Valence », explique François.
« Un vrai coup de cœur pour le site »
Conquis, leur objectif est de s'installer en Rhône-Alpes : ils recherchent alors une exploitation, mais ils ne sont pas emballés, les fermes qu'ils visitent sont souvent très reculées et non entretenues. « Quand on a vu l'annonce pour le projet, on a trouvé cette démarche très intéressante, notamment l'idée qu'une communauté de communes permette une installation face à la pression foncière... » N'étant pas issus du monde agricole, la possession de terres n'était pas un objectif pour eux, mais un moyen... Et la proximité d'une ville, un atout. « Après une visite au Mûrier, on a eu un vrai coup de cœur pour le site, avec sa vue sur les montagnes... » Leur idée première : faire du maraîchage et de l'élevage. « Mais ce sont deux activités chronophages, et nous avons décidé de privilégier l'élevage, d'autant qu'au Mûrier, les terrains sont en pente. Par contre, nous allons faire un grand potager de 1 000 mètres carrés, pour diversifier les supports pédagogiques. Le côté éducatif est quelque chose que nous voulions absolument, tout comme l'orientation en agriculture biologique ».
Des fromages pour 2013
« Au départ, nous commencerons l'activité avec 50 chevrettes, des alpines chamoisées, et nous pourrons en accueillir jusqu'à 70. Elles iront pâturer dans les parcs prévus sur les dix hectares. Les deux hectares fauchables pourront être utilisés en fourrage, mais l'alimentation des bêtes sera intégralement achetée et le plus localement possible ». Le projet est long à se concrétiser et pour les futurs installés, recrutés assez tôt dans le processus, cette attente n'est pas évidente. Heureusement aujourd'hui, François a signé un bail sur les hectares de prairies et s'est installé en son nom depuis juillet. L'installation de Céline suivra. En attendant, il a fait un peu de maraîchage cet été et défriche l'espace. « On espère vraiment faire quelque chose de bien ici, ça ressemble de très près à l'idéal professionnel qui nous faisait rêver il y a quelques années… ». Plus qu'à espérer que les subventions européennes leurs soient accordées et que la construction des bâtiments commence à temps. « Tout devrait être fini en octobre 2012, et le premier fromage arriver début 2013. » Avis aux amateurs de tommes de chèvre !
* Ces associations mettent en relation des personnes désireuses de découvrir et de participer au monde agricole biologique et écologique, avec des fermiers prêts à les accueillir. http://www.wwoof.fr/index.htm
--------- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
« Il y a un réel divorce culturel et caricatural entre les urbains et les périurbains, qui vivent pourtant juste à côté. Mais les stéréotypes, vrais en partis, ont la vie dure : la ville est vue comme un lieu négatif avec les bouchons, la pollution, les violences et les zones périurbaines comme synonymes de nature, de quiétude, de loisirs… Une fracture artificielle puisque les urbains sont aussi des consommateurs de produits naturels et de loisirs ruraux et que les périurbains, eux, travaillent souvent en ville et y consomment aussi des loisirs etc. Ce projet de ferme intercommunale, qui met un peu de rural dans l'urbain et inversement, pousse vers une réconciliation entre ces deux mondes. »
Ouverture du monde agricole
« Cette initiative est aussi une manière de montrer que les problèmes de la périphérie et ceux du centre peuvent être gérés par la même entité, à l'échelle de la Métro. Souvent les freins rencontrés par ces politiques publiques, cohérentes d'un point de vue pragmatique, sont surtout des questions d'ordre identitaires, de sentiment d'appartenance à un territoire plus restreint et non à une grande zone géographique. Alors que dans la réalité des pratiques sociales, on appartient au deux.
Enfin, le fait que les deux jeunes installés soient des urbains est intéressant et révèle peut-être un changement du monde agricole, qui restait souvent dans un schéma de reproduction sociale (95% des transmissions d'exploitations étaient familiales) : le profil de ses professionnels évolue. La place de l'agriculture biologique et les nouvelles façons de consommer ne sont peut-être pas étrangères à cette ouverture sociale et culturelle ».
*Directeur de recherche CNRS – PACTE, Institut d'Etudes Politiques - Université de Grenoble et directeur du Centre d'Etudes Canadiennes de Grenoble. Il travaille, entre autres sujets, sur l'intercommunalité en France.
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