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Maraichage

Une ferme urbaine à Grenoble

A la demande de la Ville de Grenoble, une ferme urbaine en maraîchage ouvrira en janvier 2019.
Une ferme urbaine à Grenoble

En janvier 2019, la ferme urbaine de Grenoble prendra ses quartiers à côté du centre horticole, à Saint-Martin-d'Hères. Souhaitée depuis 2016 par la Ville de Grenoble, elle doit respecter plusieurs critères définis dans le cahier des charges rédigé par l'Adabio*. « Elle sera en maraîchage, en agriculture bio et devra participer à la journée portes-ouvertes du centre horticole », explique Rémi Colomb, conseiller à l'Adabio. Ce projet fait partie du Plan municipal de santé de Grenoble 2016-2020 dont le but est de promouvoir une alimentation saine à proximité des habitants. La surface disponible dédiée au projet est de 1,2 hectares. « C'était la plus grande surface que nous ayons trouvée. Le maraîchage était la seule orientation viable sur le plan économique », explique Christine Simoens, du service espaces verts de la Ville. La parcelle sera mise en location auprès d'un agriculteur, indépendant de la Ville de Grenoble.

Développer les insectes auxiliaires

Cet agriculteur, c'est Mickael Tenaillau. Ingénieur agronome à La Réunion, il a choisi de se lancer à son compte dans le maraîchage. « Je me suis rendu compte que je voulais être à la place des agriculteurs que je rencontrais », raconte-t-il. Une quarantaine de personnes se sont montrées intéressées par l'appel d'offre de la Ville de Grenoble, cinq ont candidaté « Trois concernaient des projets d'installation classique et deux plus atypiques, plus innovants », indique Rémi Colomb. Le projet de Mickael Tenaillau fait partie de ces deux derniers. « Il a des compétences en entomologie donc il proposait, en plus du maraîchage, l'élevage d'insectes auxiliaires. Cela aiderait le centre horticole qui doit en acheter chaque année », ajoute le conseiller de l'Adabio. Ce point est encore en cours de discussion. L'aspect pédagogique n'était pas non plus un problème pour l'agriculteur en raison de son ancienne profession : « Je ferai d'abord la journée porte-ouverte du centre horticole, comme demandé dans le cahier des charges, mais pourquoi ne pas développer d'autres activités ? »

En vente directe

Mais il faut d'abord produire. « Je voulais justement débuter en bio, vente directe avec une petite surface. Je vais adopter un maraîchage diversifié avec une quarantaine de variétés de légumes », annonce Mickael Tenaillau. En ville ? « Je ne me sens pas vraiment en ville et je n'avais pas envie de m'isoler seul à la campagne. Ce projet est au contraire un beau challenge ! » Il songe également à avoir, d'ici la deuxième année, des poules pondeuses et, peut-être, partager ses activités avec un collègue. L'étude de faisabilité conseille d'ailleurs l'installation de deux agriculteurs.

Côté commercialisation, la future ferme devrait favoriser la vente directe. « Le maraîchage est l'activité la plus en proximité avec les habitants. Il y a une forte attente pour avoir des paniers par exemple », justifie Christine Simoens. Si cela se révélait possible, la ferme pourrait également alimenter certaines cantines de la Ville. Pour l'heure Mickael Tenaillau poursuit ses démarches d'installation, tandis que la Ville débutera les travaux cet hiver. La parcelle n'a jamais été, en majeure partie, exploitée. Elle côtoie la pépinière, un verger pédagogique et quelques ruches. Selon le cahier des charges, la première production devrait arriver d'ici juin 2019.

Virginie Montmartin

*Association pour le développement de l'agriculture biologique en Savoie, Haute-Savoie, Isère et Ain (Adabio) et la chambre d'agriculture de l'Isère