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Découvrir les métiers agricoles

Une formation pour amorcer un nouveau virage professionnel

Mis en place en octobre, le dispositif Adema a permis à plusieurs stagiaires de découvrir le monde agricole. Des maîtres de stage et une stagiaire témoignent.
Une formation pour amorcer un nouveau virage professionnel
Ils ne sont pas issus du milieu agricole, sont en recherche d'emploi ou en reconversion professionnelle. Depuis octobre, plusieurs personnes ont pu bénéficier du dispositif Adema (accès des demandeurs d'emploi aux métiers agricoles). Mis en place par les antennes de Pôle emploi et le Fafsea (fonds national d'assurance formation des salariés des exploitations et entreprises agricoles), Adema bénéficie aussi du soutien d'organismes de formation.
Grâce à une formation courte de 22 jours, le demandeur d'emploi peut "tester" un métier agricole. Nathalie Marchal a fait partie récemment d'une session de cette formation. « Je suis canadienne d'origine et enseignante. Mais, à mon arrivée en France, je me suis rendue compte qu'il était compliqué d'exercer ce métier, ici. J'ai donc décidé de me reconvertir et comme je me suis toujours intéressée à la nature et au monde animal, j'ai choisi de découvrir l'apiculture grâce à ce nouveau dispositif de formation. C'est une activité qui n'est pas routinière et qui mêle le physique à la technique », raconte-t-elle. Elle passe donc trois semaines chez un professionnel, basé à Annoisin-Châtelans, vers Crémieu.

Une expérience "valorisante"
Une immersion dans la vie professionnelle prévue par la formation qui se déploie en trois phases : quatre jours en centre de formation pour découvrir et choisir un métier, trois semaines de stage au sein d'une exploitation, et enfin trois jours au centre afin de dresser un bilan et définir la suite. « Ce n'était pas vraiment la meilleure saison car les ruches étaient fermées, mais j'ai quand même trouvé ça intéressant et cela m'a permis de conforter mon idée de départ », affirme Nathalie Marchal.
Du côté des maîtres de stage, ils trouvent l'expérience valorisante. « C'est le meilleur moyen de voir si le stagiaire est intéressé par le métier et si les contraintes qui vont avec ne lui font pas peur », explique Florent Basset, éleveur laitier à Villemoirieu. Pour lui, comme pour Sébastien Jas, c'était la première fois qu'un stagiaire de ce dispositif venait travailler chez eux. Maraîcher à Frontonas, Sébastien Jas voit cela « comme l'opportunité de trouver, peut-être, un futur employé. Le stagiaire que j'ai eu, était très intéressé et a participé aux tâches agricoles. Dès que les gens sont motivés et qu'ils travaillent bien, il n'y a pas de problème pour les accueillir ».
Pendant cette plongée dans le monde agricole, le candidat ne perd pas ses indemnités chômage. Au cas où il n'en aurait pas, une allocation spécifique du fafsea peut éventuellement lui être versée. Un dispositif qui a aidé Nathalie Marchal à amorcer un nouveau virage dans sa vie professionnelle. « En attendant de m'installer, je poursuis ma formation sur l'apiculture et me suis rapprochée du pôle installation de l'Adasea car je n'ai pas droit aux aides. Avec mon compagnon, nous sommes en train d'acheter un terrain dans le Trièves. Et, d'ici deux ou trois ans, je pourrais enfin devenir apicultrice ».
Lucile Ageron