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Politique régionale

Une formation pour pourvoir les métiers en tension

Entouré de six conseillers régionaux isérois, Yannick Neuder a expliqué l'application de de deux décisions votées par le conseil régional.
Une formation pour pourvoir les métiers en tension

C'est une nouvelle formule qu'inaugure Yannick Neuder, vice-président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes en proposant des explications de décisions régionales applicables dans le département. Entouré de plusieurs conseillers régionaux, il s'est plié à l'exercice la semaine dernière en abordant l'application d'un accompagnement expérimental des bénéficiaires du RSA. La gestion de ce régime est une compétence du conseil départemental de l'Isère, mais la Région vient de passer un accord avec l'ensemble des départements de son territoire afin d'accompagner certains des bénéficiaires de cette aide sociale dans une formation dans les filières en tension. Les métiers de l'hôtellerie, de l'artisanat, l'aide à la personne souffrent d'un manque de candidats par rapport aux besoins de ces filières.  Compétente en matière de formation, la Région propose donc aux volontaires une aide à la formation continue de 400 euros par mois (sur la durée de leur formation) pour se former dans certains métiers, tout en continuant à bénéficier de leur allocation de RSA. 200 personnes devraient être concernées en Isère dès le 1er janvier prochain, 1 200 pour l'ensemble de la région.

Sans stigmatisation

« C'est un dispositif innovant, précise Yannick Neuder, que nous allons tester pendant environ un an. Il vise à sortir les allocataires du RSA de la dépendance à ce régime. C'est un signal fort que d'aider davantage ceux qui veulent s'en sortir. » Le vice-président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes ne veut pas voir en cela une stigmatisation de ceux qui ne recourront pas à cette aide. « Le dispositif va plutôt cibler les bénéficiaires récents du RSA car on sait que ce sont eux qui s'en sortiront mieux, on ne veut pas les laisser s'enfoncer ». « Si on arrive à stabiliser le nombre de RSA, c'est déjà bien », estime Lionel Filipi, conseiller régional spécialiste du dossier. « Ce dispositif ne stigmatise pas parce qu'il est basé sur du volontariat et qu'à titre expérimental, il ne concernera qu'un nombre réduit de personnes », précise Virginie Pfanner, autre conseillère régionale. En ce qui concerne la polémique sur les sanctions, « il est normal qu'il en soit prévu, car lorsque la Région paye une formation, elle est payée jusqu'au bout à l'organisme de formation. Comme c'est du volontariat, il y a un choix délibéré de s'engager. Mais d'une part, si celles-ci devaient arriver elles seraient minimes et au global quasiment pas appliquées, estime-t-elle. N'oublions pas que l'objectif premier est de retrouver du travail. Ensuite, rappeler les règles de base d'un engagement n'est jamais nocif. »
Un autre sujet a été abordé au cours de cette présentation par les élus départementaux à la Région, celui du renforcement de la sécurité dans les gares. Les effectifs de police ferroviaire seront doublés au cours du mandat, passant de 17 équipes à 34. 12 seront à la charge du conseil régional, 5 à celle de la SNCF. Les policiers et gendarmes bénéficieront également de l'utilisation gratuite des TER « afin d'augmenter la présence des forces de l'ordre aléatoirement dans les trains », explique Yannick Neuder. Les gares et leurs abords seront également équipés de vidéo-surveillance au moins pour les départements les plus sensibles : métropôle lyonnaise, Isère, Drôme et les deux Savoie. 100 millions d'euros seront consacrés à ces actions.

Jean-Marc Emprin