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Métiers

Une foule de débouchés en bois-forêt

Tendance, chaleureux, le bois bénéficie d'une excellente image auprès du grand public. Pourtant ce secteur d'activité peine à recruter et ses formations manquent de candidats.
Une foule de débouchés en bois-forêt

On appelle ça un déficit d'image : les métiers du bois ne sont pas « attractifs ». Considérés au mieux comme difficiles, trop physiques, peu rémunérateurs et exposés aux aléas climatiques, certains d'entre eux, comme les travaux forestiers et la scierie, sont totalement inconnus. « Nous rencontrons de réels problèmes de recrutement : les classes ne dépassent jamais huit élèves », indique Véronique Mahamat, directrice de l'École technique du bois de Cormaranche en Bugey (Ain). « En formation affûteur : on n'en forme jamais plus de deux par an ! C'est bien dommage, car le taux d'insertion est excellent, à 100 %. Les jeunes diplômés ont même le choix de leur employeur, et les salaires sont attractifs. » Cet établissement a été créé, il y a 25 ans, à l'initiative des professionnels de la première transformation face au manque criant de jeunes formés à leurs métiers.

Emplois urbains ou ruraux

La région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) dénombre 94 établissements de formation qui préparent à 54 diplômes ou certifications allant du CAP aux diplômes d'ingénieurs. Avec plus de 60 000 emplois à la fois urbains et ruraux dans la région, la filière bois et forêt constitue un secteur économique de poids. Aujourd'hui, elle doit combattre des idées reçues et un manque de notoriété. Dans ce but, elle a mis au point un programme de communication avec le financement de France Bois Forêt, le Codifab (1) et la DHUP (2). « Il s'agit aujourd'hui de faire connaître la diversité des métiers, l'évolution des techniques et des pratiques. Grâce aux nouvelles technologies, au numérique et à la mécanisation, nos métiers sont en pleine mutation. Il faut aussi rappeler que c'est une filière vertueuse qui fournit des emplois locaux en zone rurale », précise Bénédicte Muller, chargée de mission Fibois Auvergne-Rhône-Alpes.
« Au cœur du dispositif, le site www.metier-foret-bois.org a fait peau neuve. Des kits de communication sont à la disposition des interprofessions et des organisations professionnelles pour soutenir l'animation lors de forums métiers et orientation. Une brochure Onisep, à destination des collèges et lycées, est consacrée aux métiers de la forêt et du bois », précise-t-elle. Les industriels sont également sollicités afin qu'ils développent le lien entre école et entreprise, pour faire connaître leur secteur d'activité aux apprenants comme aux enseignants. Une bourse d'emploi nationale dédiée à la filière : emplois-foret-bois.org a été créé pour mieux diffuser les offres et demandes d'emploi, stages et apprentissages spécifiques à ces métiers.


Magdeleine Barralon

(1) Codifab : comité professionnel de développement des industries françaises de l'ameublement et du bois ;
(2) DHUP : direction habitat urbanisme et paysage du ministère de la Transition écologique et solidaire.

 

 

Main-d'œuvre / Selon l'enquête annuelle de Pôle Emploi analysant les besoins en main-d'œuvre, dans la région Aura, quatre métiers de la filière forêt-bois totalisent 2 106 projets de recrutement en 2017

Les métiers qui recrutent

On recherche désespérément des bûcherons, sylviculteurs salariés et agents forestiers. Entre 2015 et 2016, les projets de recrutement ont connu une augmentation de 30 %. En 2017, ils ont encore progressé encore de 21 %, soit un total de 347 postes à pourvoir.
Le métier de charpentiers connaît une certaine stabilité tant en nombre d'embauches prévues (206 en 2017 contre 207 en 2016) qu'en difficultés de recrutement (61 % en 2017 contre 60 % en 2016)
Les métiers de menuisiers, ouvriers de l'agencement et de l'isolation présentent la plus forte hausse de projets d'embauche : + 57 % par rapport à 2016. Dans le même temps, les difficultés de recrutement s'accentuent (de 54 à 58 % d'un an sur l'autre).
En travail du bois et de l'ameublement, pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés, l'augmentation des projets de recrutement atteint 33 %. Les difficultés de recrutement, en forte progression concernent particulièrement la catégorie des ouvriers non qualifiés (de 29 à 66 % sur un an).


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