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Exposition

Une note au poil

La 69ème édition de l'exposition nationale d'aviculture de l’Isère avait lieu les 24, 25 et 26 février à Beaucroissant. Un rendez-vous de passionnés notés par un jury spécialisé.
Une note au poil

 

L'Union avicole de l'Isère (UAI) organisait ce week-end son concours d'animaux de basse-cour. En raison de la grippe aviaire, de nombreux éleveurs n'ont pas fait le déplacement. « On a un nombre d'animaux qui a été divisé de moitié, toutes les espèces de volailles et palmipèdes étant interdites », commente Frédéric Mallen, président de l'Union Avicole de l'Isère. Pas de canards, poules, paons ou dindons cette année, mais tout de même « 123 lapins et davantage de pigeons, de races variées ». La concurrence restait rude pour les éleveurs venus de la France entière. Cette exposition est un rendez-vous apprécié car elle « permet à tous les éleveurs amateurs de présenter leurs animaux de basse-cour et de les faire juger par un jury spécialisé », poursuit Frédéric Mallen. Elle réunit des éleveurs souvent à la retraite, mais qui n'ont pas exercé de métier proche de l'élevage. C'est le cas de Roger Ferrand, commissaire de l'Union avicole de l'Isère et ancien postier. « Depuis que je suis à la retraite, j'élève une cinquantaine de lapins de race fauve de Bourgogne, pour mon petit plaisir », explique-t-il. Arnaud Besson élève quant à lui des pigeons de race ibérique, pour son « plaisir personnel ». La passion est donc le mot d'ordre de ces éleveurs, qui viennent faire évaluer leurs « coups de cœur », comme l'explique Frédéric Mallen.

« Tout se joue au détail »


« Tous les éleveurs ne sont pas des compétiteurs », reprend le président de l'UAI. Mais tout le monde tente de se conformer aux règles, pour que leur animal ressemble le plus possible à la description présentée dans le livre des animaux de races. Ce sont sur ces « spécificités zoologiques » et ces « standards officiels » que se base le jury. Chaque espèce est étudiée par six juges spécialisés, et chaque juge s'occupe de noter des dizaines de bêtes. « Au moins trois ans de formation et 30 concours sont demandés pour devenir juge », indique l'un d'eux. Ils rendent un jugement officiel et absolu, en connaissant exactement les attentes de chaque race. De nombreuses caractéristiques sont requises pour que l'animal obtienne une bonne note.

Roger Ferrand, qui participe aux concours d'aviculture depuis près de 15 ans maintenant, développe quelques critères de notation essentiels pour le lapin fauve de Bourgogne. « Le lapin doit impérativement peser entre 4kg et 4,5kg, sinon c'est éliminatoire. Il doit être arrondi, on ne doit pas sentir ses os et le poil doit être lisse quand on le caresse. » C'est une question de proportion. « Tout se joue au détail. La couleur de l'animal, la longueur de la queue, des oreilles, leur symétrie. La prestance et la présentation générale, avec des soins tels que la coupe des ongles, jouent aussi un rôle. » De nombreux critères sont exigés pour obtenir la meilleure note possible.

Le grand prix de la ville

 

Les notes se jouent à peu de choses. Un juge de l'exposition explique que la notation est établie sur un total de 100 points, mais les notes n'évoluent elles qu'entre 90 et 97. « Si un sujet ne correspond pas au profil de la race, il est éliminé. Sinon sa note peut aller jusqu'à 97, qui constitue la note ultime, l'excellence dans le milieu », rapporte-t-il. Seuls cinq notes de 97 ont été obtenues ce week-end. Pour les meilleures notes, les juges se réunissent cette fois en collège pour évaluer quel animal est le plus « pur » et le plus ressemblant au profil type. « Cela passe par une gestion essentielle des accouplements, explique Roger Ferrand. Certains mâles se marient mieux avec certaines femelles. » Il ne faut pas qu'ils aient les mêmes défauts, et au contraire, que les qualités de l'un complètent les défauts de l'autre. Hugo Pla, président du club de Vienne, confirme en indiquant qu'un « vrai travail doit être fait en amont pour obtenir les sujets les plus conformes possibles ». Cette année, c'est cet éleveur de lapins de Vienne qui a remporté le grand prix de la ville, récompense la plus prestigieuse de l'exposition. La 70e édition devrait accueillir une nouvelle récompense, avec le « vase de Sèvre », prix du président de la République. Une raison de plus de s'y rendre pour les éleveurs.

Lilian Veyet