Une nouvelle approche des élevages
« En seulement deux ans, le métier a beaucoup changé », assure Léo Bernard, inséminateur depuis 2008, en charge du secteur de Morestel chez XR-Repro* depuis 2010. « Il est devenu beaucoup plus technique. L'insémination profonde arrivée il y a un an, a bouleversé son approche. Au lieu d'inséminer « au tout-venant », nous effectuons maintenant une sélection qui nous a rendus plus performants. Cette évolution devait avoir lieu. Elle est autant liée à la mauvaise conjoncture qu'à l'augmentation du niveau des éleveurs », reprend-t-il.
Relation de confiance
Cette nouvelle technicité plaît au jeune homme de 29 ans. Le métier est ainsi orienté vers plus d'expertise et de conseil, dans une approche globale des troupeaux. En matière d'insémination, de reproduction, de conseil en génétique, les techniciens disposent aussi de de plus en plus d'outils. Les inséminateurs utilisent aujourd'hui quasiment systématiquement les appareils échographiques. Léo Bernard estime que cela demande plus de temps et d'investissement, mais que ces outils sont nécessaires, tant pour les éleveurs que pour l'avenir du métier. En outre, l'insémination artificielle et la semence sexée sont dorénavant couplées pour améliorer les taux de réussite. Ces nouvelles technologies ont valorisé le métier d'inséminateur. « Nous ne sommes pas que des « pousse-paillettes », nous apportons un appui technique globale. Notre intervention commence dès l'élaboration du planning d'accouplement et va jusqu'à la stratégie du taux de renouvellement. Notre travail repose aussi sur une étroite collaboration avec l'éleveur et le contrôle laitier, pour ceux qui adhèrent à la structure », souligne le technicien, qui a pour but de « répondre au mieux aux attentes des agriculteurs et de les conseiller de façon à ce qu'ils puissent atteindre leurs objectifs ». Mais n'ayant pas tous les mêmes priorités, l'inséminateur doit s'adapter aux pratiques des éleveurs. Pour Léo Bernard, le contact avec les éleveurs est prépondérant. C'est d'ailleurs une des facettes de son métier qu'il affectionne le plus. « Il faut qu'une relation de confiance entre nous soit établie. Il y a des élevages où nous nous rendons presque tous les jours. Sans confiance, nous ne pouvons pas faire du bon travail. J'en étais déjà convaincu à mes débuts, mais l'expérience acquise au fil des années a renforcé cette idée », reconnaît-il.
Multiples travaux
L'activité d'inséminateur est relativement saisonnée. Elle compte un pic entre novembre et février, puisque les deux tiers des inséminations se pratiquent durant cette période.
Léo Bernard a toujours été passionné par l'élevage. Il aurait aimé s'installer, mais n'étant pas enfant d'agriculteur, cela n'était pas évident. Il s'est donc orienté vers le service aux éleveurs. Après avoir suivi un Bac S, puis un BTS « Productions animales », il a effectué un stage dans l'ancienne coopérative Codelia. Il a ensuite été embauché comme inséminateur au sein d'un groupement d'employeur qui regroupe plusieurs coopératives de l'Ain, de la Loire et de la Saône-et-Loire.
* XR Repro rassemble les trois anciennes coopératives de Rhône-Alpes : Codélia, Éliacoop et Ucia.
Isabelle Brenguier