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Horticulture

Une nouvelle charte pour les horticulteurs pépiniéristes

Lors de leur assemblée générale, les horticulteurs pépiniéristes isérois ont échangé sur les outils disponibles pour inciter les collectivités à faire appel aux entreprises locales.
Une nouvelle charte pour les horticulteurs pépiniéristes

Derrière un « village fleuri », il n'y a pas qu'un village. Dominique Bonnardon, président de la fédération départementale des producteurs horticulteurs pépiniéristes (FNPHP) était fier de présenter la nouvelle charte d'achat public local Auvergne Rhône-Alpes lors de l'assemblée générale du syndicat à Saint-Georges-d'Esperanche la semaine passée. Après celles de 2010 et 2012, cette nouvelle charte doit encourager les collectivités locales à travailler avec les acteurs de la filière régionale en prenant en compte les produits adaptés au climat avec un bon suivi sur le long terme. « On doit engager et mobiliser les élus locaux pour plus de solidarité nationale et régionale », explique Dominique Bonnardon. La charte a été signée par la ville de Lyon en décembre dernier au salon Paysalia.
Cette charte régionale vient compléter deux outils nationaux récents de la FNPHP : un guide en partenariat avec l'association des maires de France (AMF) afin d'inciter « une commande publique raisonnée » et une fiche Locavert dédiée à l'achat de fournitures en direct par les collectivités en accord avec le ministère de l'Agriculture. Cette dernière sera lancée au Salon de l'agriculture à la fin du mois. Ces trois documents font partie du plan de filière 2018-2022.

Une nouvelle aide de la région

Pascal Bricier, président régional du syndicat a, quant à lui, présenté l'adoption du plan filière par la région. « Nous allons recevoir une aide de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour l'investissement horticole à hauteur de 755 000 euros par an pour trois ans. Les dossiers peuvent être déposés jusqu'avril », détaille Pascal Bricier.« Il n'y avait pas de ligne pour nous dans le plan de développement rural (PDR), ce plan filière permet d'avoir une aide à l'investissement des entreprises de notre secteur », explique Véronique Brun, chargée de  mission à la FNPHP. L'aide apportée finance les travaux entre 20 et 40%. 
Cette aide sera probablement bienvenue pour aménager les approvisionnements en eau des exploitations car 2018 marque le lancement de l'organisme unique de gestion collective (OUGC) pour l'utilisation de l'eau. « Le calendrier annoncé n'était pas adapté aux cultures spécialisées. Vous bénéficierez d'un calendrier individuel que vous devrez soumettre à la chambre d'agriculture de l'Isère, OUGC du département, selon certains critères », explique Nathalie Jury de la chambre d'agriculture. Mais la mise en place de restriction différenciée en fonction du type d'arrosage n'est pas encore décidée. « Travailler en aspersion ou au goutte-à-goutte, en hors-sol ou en terre, ce n'est pas pareil », explique un agriculteur dans la salle.

Paysalia pour se faire connaître 

En plus des actions extérieures, la FNPHP « s'est mise en ordre de marche », selon François Félix, président de la FNPHP réélu l'an passé. « On a modifié la gouvernance de Val'hor, interprofession de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage, afin d'améliorer sa cohérence et son efficacité. C'est dorénavant le conseil d'administration qui prend les décisions pour simplifier le fonctionnement », explique-t-il. Pour ce second mandat, « je veux donner du sens à l'adhésion syndicale ». Une centrale d'achat dédiée aux adhérents a été lancée le 1er février . « Le but c'est le gain de temps, d'argent et la simplification des achats. C'est une aide directe aux entreprises du syndicat », détaille Véronique Brun. 
Outre l'action syndicale, l'évènementiel est aussi un bon moyen de dynamiser la filière. Il y a eu 664 exposants au salon Paysalia, en décembre dernier à Lyon, soit 22% d'exposants supplémentaires. Près de 25 000 professionnels étaient présents soit +45% par rapport à 2015. « Le salon était plus dynamique, plus diversifié. Il y avait une représentation globale de la profession », détaille Raphaël Serre, responsable des pépinières au salon. A l'espace « Fleurs de France », 36 entreprises étaient présentes dont sept iséroises. « On garde les emplacements pour 2019 », confirme Véronique Brun. « Attention à ce qu'il ne devienne pas trop grand et qu'on perde la main », met en garde Dominique Bonnardon.

Virginie Montmartin