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Saint-Paul-Les-Monestiers

Une nouvelle machine pour lutter contre les campagnols

NUISIBLES/ Mercredi dernier, à Saint-Paul-Les-Monestiers, l'Apap a organisé une matinée d'information sur les moyens de lutte contre les campagnols. A cette occasion, la fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles a fait la démonstration d'une nouvelle machine, très utilisée aux Etats-Unis.
Une nouvelle machine pour lutter contre les campagnols
C'est une expérience un peu particulière qui a été tentée mercredi dernier, 8 juin, au Gaec du Serpaton, à Saint-Paul-Les-Monestier. Objectif : trouver une solution pour lutter contre les campagnols. A l'initiative de l'Apap (association pour la promotion des agriculteurs du parc du Vercors), plusieurs agriculteurs se sont réunis pour assister à l'événement. « Ils ont très souvent des problèmes avec les campagnols. Notamment les campagnols terrestres, appelés aussi rats taupiers. C'est un souci qui nous préoccupe depuis quelques années déjà, à l'Apap », souligne Joël Huguenot, chargé de mission environnement, au sein de cette même association.

Un mélange gazeux pour exploser les galeries
En contact avec la fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles en Rhône-Alpes (Fredon), l'Apap a donc décidé d'organiser une journée d'information sur ce sujet. D'autant plus que la Fredon est en possession d'une machine, arrivée depuis peu sur le marché européen : le rodenator.
Le principe est simple : il faut trouver l'entrée d'une galerie, y injecter le mélange gazeux (3 % de propane pour 97 % d'oxygène) et appuyer sur le détonateur. « Une étincelle déclenche une onde de choc qui détruit entièrement les galeries. Les rongeurs sont tués instantanément », précise Benoit Cailleret, conseiller agricole à la Fredon Rhône-Alpes. En effet, cette onde de choc cause des hémorragies cérébrales fatales aux rongeurs et autres vertébrés. Quant aux invertébrés, en principe, ils ne sont pas affectés.
Très utilisé aux Etats-Unis, l'appareil est arrivé en France il y a un peu plus d'un an. Mais, un flou juridique demeure, « notamment sur son homologation », ajoute le conseiller.

Le prix de la lutte
C'est aussi pour cette raison que l'Apap a souhaité faire le point sur toutes les autres techniques de lutte, et que la Fredon a également présenté un système de pièges. « Le but est de réfléchir ensemble pour trouver comment éliminer, de façon efficace, ce fléau. Pour autant, l'Apap ne fait pas la promotion de cette nouvelle machine, et nous n'avons pas forcément l'aval du parc national du Vercors pour l'utilisation de celle-ci. La question d'un éventuel impact sur d'autres animaux est toujours en suspens. Certes, nous cherchons la solution la plus efficace mais il faut qu'elle soit respectueuse de la biodiversité », ajoute Guy Durand, président de l'Apap.
Quant aux agriculteurs présents, la démonstration leur a permis d'éclaircir certains points comme le temps nécessaire à l'utilisation des pièges ou encore le coût de ces différents matériels. Car, si le rodenator coûte un minimum de 2 000 euros à l'achat et qu'il est possible de traiter quatre hectares avec une bouteille d'oxygène, les pièges, eux, valent 40 euros l'unité « mais, même si cela prend du temps, ils sont efficaces », selon les deux conseillers agricoles. Certains agriculteurs ont alors évoqué l'idée de monter un dossier commun d'aide au financement, par le biais notamment du Conseil général.
Lucile Ageron