Une nouvelle miellerie à Saint-Laurent-du-Pont
Les quatre nouveaux occupants de la zone d'activité de Saint-Laurent-du-Pont, en Chartreuse, sont bien entourés. Une trentaine de personnes étaient présentes à l'inauguration de la miellerie collective le 23 novembre dernier. Regroupés dans l'association La Miellerie chartrousine, le Gaec des deux vallées de Caroline et François Del Litto, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, Thierry Blot, apiculteur à Attignat-Oncin, et le Gaec Les ruchers de Chartreuse de Rémi Bodin et Hervé Tavernier à Saint-Joseph-de-Rivière voulaient acquérir un extracteur de miel professionnel pour faciliter leur travail. « On passe chacun entre 10 à 20 tonnes de miel par an. Avant, je devais faire une heure de trajet pour extraire chez mon collègue. Aujourd'hui, on a un extracteur professionnel », raconte Hervé Tavernier.
Le nouveau bâtiment, tout en bois avec une charpente en AOC bois de Chartreuse, a été réalisé par une entreprise locale. Le grand hangar permettra à chacun des apiculteurs de décharger leurs cadres sans difficulté, d'extraire le miel rapidement grâce à l'extracteur mutualisé avant de stocker le nectar à bonne température dans le box assigné à chacun d'eux. C'est ce fameux extracteur, de grande taille, qui a demandé la construction du nouveau bâtiment. En quelques minutes, les cadres défilent les uns près les autres pour être désoperculés et centrifugés. Ensuite, une seconde cuve permet de séparer miel et cire. « On récupère la cire sèche pour faire de nouveaux cadres. On en change seulement 2 par hausse chaque année car il faut beaucoup de miel pour faire de la cire », explique Hervé Tavernier.
Financer le projet
L'apiculteur songeait à une miellerie collective depuis quelques temps. Après un premier projet lancé vers la Côte-Saint-André, c'est finalement à Saint-Laurent-du-Pont que la miellerie est sortie de terre. La première étape a été le financement de la machine qui coûte 58 000 euros. C'est la communauté de communes de cœur de Chartreuse qui a aidé les quatre apiculteurs. « Dans le cadre de notre éligibilité en tant que Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV), on devait mener une opération de biodiversité, et si possible en lien avec les abeilles. C'est à ce moment que les apiculteurs nous ont parlé de leur besoin d'une machine professionnelle. On a donc proposé de financer ce projet », explique Brigitte Bienassis, vice-présidente de la communauté de communes de cœur de Chartreuse, chargée de l'agriculture, de la forêt et du patrimoine. Sur les 58 000 euros, 40 000 euros ont été financés, le reste à charge sera remboursé par les apiculteurs à la communauté de communes. « Au bout de cinq ans, nous serons propriétaires de la machine », explique Hervé Tavernier. Pour le financement du bâtiment, un bail de neuf ans a été signé avec le propriétaire.
En un an, tout était fait, de la demande de financement à la construction du bâtiment qui a pris quatre mois. « Tout est tombé au bon moment », confirme l'apiculteur.
4 à 8 sortes de miel
Reste que la machine est utilisée sur une courte période de temps par les quatre apiculteurs, durant la période d'extraction. « C'est vrai qu'on a le même besoin au même moment. Mais on va s'organiser. On extrait 4 à 8 sortes de miel par an, au fil de la récolte », confirme Hervé Tavernier. Les premières extractions ont déjà commencé à la fin de l'été. Malgré la réunion des quatre apiculteurs, le potentiel de la machine n'est pas encore atteint. Un nouvel associé devrait être recruté d'ici la fin de l'année. Le cinquième box, quant à lui, vise un autre débouché. « On voudrait l'utiliser pour des prestations auprès de professionnels ».
Virginie Montmartin