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Route forestière à Tréminis

Une porte d’entrée vers la forêt

Au lieu-dit de Mautira, dans la commune de Tréminis, la construction d’une route forestière permet aux agriculteurs et forestiers, depuis le mois de mars, d’exploiter leurs terres, jusque-là difficiles d’accès.
Une porte d’entrée vers la forêt

Au cœur de la forêt du Grand Ferrand, un chemin caillouteux se faufile entre les arbres et dégage l'accès aux champs et au bois. La nouvelle route forestière du Rapidet, dans la commune de Tréminis, dessert 526 hectares de terres. Sa construction, terminée en mars, était très attendue parmi les propriétaires forestiers de la commune. Long de seulement 265 mètres, le passage permet d'accéder au massif forestier en grumier et camion remorque, et aux terres agricoles en tracteur et autres engins, en contournant le hameau.

La route forestière du Rapidet (en rouge) dessert 110 propriétaires et 526 hectares, dont plus de 200 de forêt.

Un passage trop étroit

La précédente route, au centre du hameau de Serre, présentait une problématique majeure : le passage était trop étroit pour les machines. Les toits des maisons attenantes s'en sont retrouvés plusieurs fois accidentés. De plus, les canalisations d'eau potable ont été fragilisées en raison du passage des engins forestiers et agricoles. « Les habitants se plaignaient ; l'un d'eux a vu sa cave plusieurs fois inondée. Les grumiers sont de plus en plus gros, il fallait trouver une solution », expose Rémy Mallein, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture de l'Isère, en charge du projet. La nouvelle route dessert 110 propriétaires, forestiers pour la plupart. Plus de la moitié du terrain est géré par l'Office national des forêts (ONF), le reste est partagé entre la commune de Saint-Baudille-et-Pipet et les propriétaires privés.

La problématique du hameau de Serre a été mentionnée au printemps 2018 par Patrick Stagnoli, agent ONF à Tréminis. La première visite de terrain avec la chambre d'agriculture a eu lieu en avril 2019 et les travaux ont débuté en novembre. La piste existante a été remise à niveau et la nouvelle, qui la prolonge, a été construite grâce aux rochers présents dans le ruisseau asséché longeant la route. Les travaux, payés par la commune en contrepartie du bois d'emprise, se sont élevés à 16 000 euros.

Une solution pour les coupes forestières

« Comme les engins ne pouvaient plus passer, toutes les exploitations forestières prévues au document d'aménagement n'ont pas pu être réalisées », précise Rémy Mallein. Le document d'aménagement prévoit les différents travaux et coupes à opérer dans les forêts publiques, tandis que le plan simple de gestion (PSG) s'applique aux forêts privées. Le projet a permis à l'ONF de marquer les coupes prévues dans la forêt domaniale du Grand Ferrand, et de regrouper une parcelle de forêt publique et une privée pour vendre le bois, inutilisable jusqu'à présent.

Dans la forêt domaniale du Grand Ferrand, l'accès au bois a permis à l'ONF d'effectuer les coupes prévues dans le document d'aménagement.

L'accès aux parcelles agricoles

La route traverse les parcelles de cinq propriétaires, dont Philippe Blanc, éleveur de vaches laitières. L'agriculteur est désormais en mesure de cultiver plus aisément ses 25 hectares de terres. « Nous avons demandé la construction de la route pour pouvoir accéder à nos parcelles plus facilement et éviter de passer dans le village. » indique-t-il. Il a même prévu de racheter du matériel agricole. « Les machines sont de plus en plus larges. Maintenant, plus besoin de calculer avant chaque passage si la moissonneuse va pouvoir passer entre les maisons. »
L'ouverture de voies forestières profite aux agriculteurs et forestiers, parfois aussi au tourisme et à la chasse. Chaque massif non desservi et doté de bois exploitable peut faire l'objet d'un projet de tracé forestier, puis d'une proposition aux propriétaires concernés. A quelques kilomètres de la route du Rapidet sur le col de Mens, le service forêt de la chambre d'agriculture a ouvert une piste de tracteurs sur 900 mètres, praticable à partir de cette année. L'enjeu est le même : donner accès à des parcelles jusque-là inexploitées.

Coline Mollard