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Arboriculture

« Une rangée sans traitement, c'est réaliste »

Producteur de noix à Saint-Sauveur, Mickaël Brunet a converti son exploitation au bio pour ne plus se voir reprocher de traiter ses parcelles, dont certaines sont au cœur du village.
« Une rangée sans traitement, c'est réaliste »

Mickaël Brunet est le dernier agriculteur au cœur du village de Saint-Sauveur. Il s'est installé en 2014, prenant la suite de son beau-père. A l'époque, c'était une exploitation conventionnelle classique, avec 47 hectares de SAU, dont 37 en noyers, le reste en luzerne. D'entrée de jeu, Mickaël s'est interrogé sur les traitements : « Je me demandais si ça marchait ou pas, parce que parfois, qu'on traite ou pas, on ne voit pas la différence », raconte le jeune agriculteur qui a rapidement remis en question ses pratiques. « On est au cœur du village, il faut essayer d'être le plus logique possible, dit-il. C'est ma compagne qui m'a poussé à me convertir au bio. »

Le nuciculteur a franchi le pas il y a deux ans. « J'ai fait ça pour la tranquillité de tout le monde, pour que je puisse descendre de mon tracteur et expliquer tranquillement comment je travaille », explique-t-il. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir une opinion sur les zones de non-traitement. « Comme je suis en bio, je crois que je ne suis pas vraiment concerné... pour l'instant. Mais ça va sans doute nous tomber dessus aussi. De toute façon, chez moi, c'est déjà en place : nous laissons une rangée sans traitement du tout. Mais il faut aussi raison garder. Une rangée sans traitement, ça va, c'est réaliste. Mais 150 mètres, il faut arrêter ! »

Solutions de biocontrôle

D'autant que, selon lui, la profession consent déjà de gros efforts. « J'ai des collègues qui, à côté des maisons, utilisent des solutions de biocontrôle pour piéger les ravageurs. Ils installent des bols DecisTrap dans les rangées près des maisons », précise-t-il, tout en faisant remarquer que l'interprofession, la Senura et des associations de riverains travaillent également depuis plusieurs mois à la rédaction d'une charte de bon voisinage. « On ne peut pas dire que l'agriculture ne joue pas le jeu, conclut Mickaël Brunet. Ce serait bien que les gens fassent de même avec les Molok plutôt que de laisser leurs sacs poubelle à côté des conteneurs, comme je l'ai vu l'autre jour... »

Marianne Boilève