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Syndicat mixte d'aménagement des bassins de la Bourbre

Une rivière qui vaut de l'or

Après une longue phase de préparation, le contrat de rivière de la Bourbre a été enfin signé, lundi 18 octobre, à L'Isle d'Abeau. Tous les partenaires financiers étaient présents pour justifier l'importance de ce document, d'une valeur de 76 millions d'euros.
Une rivière qui vaut de l'or
Environ 76 millions d'euros. C'est le montant approximatif du contrat de rivière signé lundi 18 octobre, à L'Isle d'Abeau, entre le syndicat mixte d'aménagement du bassin de la Bourbre, le Conseil régional, l'Agence de l'eau Rhône, Méditerranée et Corse, le Conseil général de l'Isère, l'Etat et les différents maîtres d'ouvrages du projet (collectivités locales du bassin de la Bourbre, syndicats, fédération de pêche, associations, Chambre de commerce, d'agriculture...)

107 actions en six ans
Lors de la cérémonie accompagnant la signature officielle de ce document, Bernard Cottaz, président du Smabb, a souligné l'importance de celui-ci « qui représente un enjeu fort pour le développement territorial. Tous les acteurs se donnent un instrument d'excellence pour préserver le patrimoine écologique et reconquérir le territoire en maitrisant cette Bourbre, parfois capricieuse ». Un document qui représente, comme l'a rappelé Jean-Jacques Queyranne, président du Conseil régional de Rhône-Alpes, « une belle ambition pour le Nord-Isère. La phase de préparation a été longue, mais justifie un engagement financier de cette hauteur (2) ».
Ce contrat s'inscrit également dans la ligne directe du Sage (schéma d'aménagement et de gestion des eaux) de la Bourbre et définit 107 actions à mener en six ans. Les enjeux étant d'assurer la qualité des eaux et des milieux, de prévenir les risques liés aux inondations et de garantir des ressources en eau potable. « Ces dernières subissent des pollutions d'origines agricoles et non-agricoles et nous devons sécuriser l'alimentation du territoire en eau potable », a ajouté Robert Veyret, délégué en charge de la politique de l'eau du Conseil général de l'Isère.

Impliquer les agriculteurs
Outre la création d'un observatoire de l'eau et des opérations de sensibilisations vis-à-vis des industriels, des mesures sont mises en place pour favoriser la réduction de ce type de pollution. « Nous travaillons déjà sur ces problématiques en partenariat avec la Chambre d'agriculture et le programme Terre et eau (1). Certains points de captage pour l'alimentation du Nord-Isère sont stratégiques. Ainsi, pour éviter qu'il n'y ait des problèmes de dépassements de norme dans les nappes phréatiques, nous pouvons proposer plusieurs actions, explique David Cinier, chargé de projet agriculture, eau et milieux au Smabb. On peut avoir des contrats avec des mesures agro-environnementales à respecter. Cet engagement est collectif et ne doit pas mettre en péril les systèmes d'exploitations des agriculteurs ». Il ajoute : « Il est aussi possible pour les collectivités d'acheter les terrains les plus vulnérables, de mettre en place un cahier des charges pour les exploitants louant ces parcelles. Dernière mesure phare : des agriculteurs volontaires peuvent expérimenter sur des petits territoires des pratiques innovantes alliant protection de l'environnement et viabilité des exploitations ».

2012 : l'heure du premier bilan
Sécuriser l'alimentation en eau potable sur les secteurs les plus fragiles du territoire permet également d'appréhender le risque d'un futur manque dû à la croissance démographique. D'autres actions, notamment des travaux, seront mises en place pour prévenir les risques d'inondations. « Une stratégie globale sera décidée à l'échelle du bassin versant. L'étude sera rendue fin 2011 », précise David Cinier. Un premier bilan sera établi en 2012 afin de valider les dernières actions et les financements jusqu'à la fin du contrat, prévue en 2016.

Lucile Ageron
(1) Ce programme a pour objectif de réduire les pollutions par les nitrates et phytosanitaires par l'adoption de pratiques agricoles respectueuses de la qualité de l'eau.
(2) Le Conseil régional finance 1 100 892 euros de ce contrat.