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Groupe Faure

Une success story bien de chez nous

Née à Valencin au milieu du XIXe siècle, la « maison Faure » est devenue un transporteur de voyageurs majeur, un groupe qui continue de se développer en prenant le temps de raconter son histoire.
Une success story bien de chez nous
Depuis l'unification des transports publics du département sous l'enseigne Transisère en 2002, les noms des transporteurs se sont fait très discrets sur les bus, au point que l'on peut oublier l'implantation iséroise d'un acteur majeur du secteur : le groupe Faure. Basé à Valencin, à mi-chemin entre Vienne et Bourgoin-Jallieu, cette entreprise de transport interurbain de voyageurs est également présente à Roussillon, Chasse-sur-Rhône, La Tour-du-Pin, Le Pont-de-Beauvoisin, Morestel, Sassenage, Villard-de-Lans, Echirolles et Champ-sur-Drac. Sans compter que sa filiale Faure Vercors vient d'inaugurer un nouveau centre d'exploitation à Saint-Aupre et que Faure Tourisme gère un réseau d'agences de voyages hébergées par différents établissements du groupe, mais aussi à Vienne, Villefontaine, Grenoble... C'est dire si le transporteur maille le territoire !
250 ans d'histoire
Même s'il s'est développé en rachetant des sociétés dans le Rhône, en Ardèche, dans le Drôme, en Savoie, jusqu'en Bourgogne, dans le Languedoc-Roussillon et en Ile-de-France, le groupe Faure est profondément enraciné dans le Dauphiné. Cet ancrage territorial est le fruit de l'histoire : l'entreprise a fêté ses 250 ans à Valencin en y inaugurant un nouveau siège social en 2000. Mais il est aussi dû à la personnalité de l'actuel président du groupe, Raymond Faure, arrière petit-fils du fondateur, qui a hérité d'une affaire exsangue avec son frère Robert à la sortie de la Seconde Guerre mondiale et en a fait une entreprise de 850 salariés et 80 millions d'euros de chiffre d'affaires, à la tête de quelques 840 véhicules.
L'une de ses activités phare est la desserte de l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry, qui contribue à faire des lignes régulières la spécialité de l'entreprise. Créé par Raymond Faure dans les années 1970 et toujours assurée par le transporteur dans le cadre d'une délégation de service public, la liaison avec Grenoble a transporté plus de 230 000 voyageurs l'an dernier. Et si le groupe doit démontrer aux autorités organisatrices de transports que la ligne Bourgoin-Jallieu/Ville nouvelle/Lyon-Saint Exupéry est toujours pertinente, cette desserte s'est enrichie d'une nouvelle ligne au départ de Voiron l'an dernier. Même s'il faudra plusieurs années pour la rentabiliser, la fréquence des bus a déjà été renforcée.
En développant les activités d'agence de tourisme, d'entretien et d'achat des véhicules, de formation des chauffeurs et d'édition de logiciels d'exploitation des bus afin de s'assurer son indépendance, Faure est toutefois devenu un groupe diversifié, qui s'est même impliqué dans la création d'un groupement d'employeurs. Sur la base des véhicules anciens collectionnés au fil des années, il y aurait donc matière à raconter la « saga » Faure.
Un projet de musée
En projetant de créer un musée sur l'histoire du transport, le souhait de l'entreprise n'est pourtant pas de se mettre en avant. La pièce maîtresse serait bien sûr la diligence du XIXe siècle arborant le patronyme Faure, l'une des rares conservées en France selon la famille. Mais, pour ces passionnés de mécanique et de belles carrosseries, le futur musée devrait aussi mettre en valeur des pièces des années 1950, aux lignes aujourd'hui disparues, ou le prototype de bus électrique conçu par EDF au début des années 1970, doté de deux tonnes de batteries ! Un tel espace dédié au transport routier interurbain serait complémentaire des musées existants ou en projet (au Pont-de-Claix par exemple), plus centrés sur l'automobile ou le transport urbain. Reste à décrocher des financements (le groupe évoque un investissement de plusieurs millions d'euros) et à choisir une implantation géographique... Faure est en contact avec différentes collectivités locales.
En attendant, l'entreprise continue de se développer. Elle s'apprête à lancer le service Skimania déjà proposé à Lyon (offre de forfaits de ski, encas et transport jusqu'en stations à prix cassé) à Grenoble et cherche à recruter des chauffeurs, quitte à les former.
Cécile Fandos

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Un nouveau centre d'exploitation à Saint-Aupre
La campagne plus accueillante que la ville
« Quand nous avons cherché à nous rapprocher de la gare routière de Voiron en créant un centre d'exploitation dans le pays voironnais, nous avons longuement prospecté en zone urbaine, mais nos recherches sont restées infructueuses, a raconté Renée Gadoud, la directrice de Faure Vercors lors de l'inauguration de cette nouvelle implantation, mercredi 13 octobre. Il est vrai qu'avec la réforme de la taxe professionnelle, l'implantation d'entreprises est devenu moins attractive pour les collectivités et que les autocars ont une image négative, alors qu'ils consomment moins de carburant que les voitures en proportion, que notre centre d'exploitation est doté d'une cuve de récupération de l'eau de pluie pour le lavage des véhicules et que l'atelier détient le label « garage propre » décerné par la chambre de métiers. Mais, à Saint-Aupre, l'accueil du maire a été très chaleureux et les habitants nous demandent déjà un départ pour Lyon-Saint Exupéry depuis la commune ». Alors, même si les bus devront modérer leur allure sur les voies étroites de Saint-Aupre, la campagne a de quoi attirer les entreprises de transport. « En dehors des agences de tourisme, les seules implantations urbaines du groupe Faure sont Sassenage et Saint-Priest », note d'ailleurs Renée Gadoud.
C.F.
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