Une vie d'équilibriste
« Quand on veut, on peut. » Jean-Jacques Monin-Picard combine deux vies depuis une quinzaine d'années. Dans l'une, il est éleveur laitier (race montbéliarde) à Massieu ; dans l'autre, pompier volontaire rattaché au centre de secours de Saint-Geoire-en-Valdaine. Deux passsions qu'il cultive depuis qu'il est tout petit. Fils d'agriculteur, il a tout naturellement suivi la voie familiale, tout en assumant sa vocation de pompier. Cette dernière est née quand il était gamin. « Il y a avait une caserne à Massieu à l'époque, se souvient Jean-Jacques. Mon oncle y était pompier. Le dimanche, quand j'avais six ans, j'allais voir l'équipe. J'étais un peu la mascotte... » Une mascotte ravie de jouer de temps en temps le rôle de « victime », le temps d'une séance d'entraînement. Descentes en rappel, sauvetage, simulation d'accident de voiture : pendant qu'il fait le blessé, l'enfant observe, questionne, curieux de tout. Et c'est presque naturellement qu'il rejoint la grande famille des pompiers en 2003. Il a 19 ans.
Formation obligatoire
Même s'il est déjà bien au fait des manœuvres, le jeune homme doit, comme toute nouvelle recrue, suivre une formation initiale. Secours aux personnes, moyens radio, secours routier, initiation à la grande échelle, intervention animalière, protection individuelle et collective : tous les aspects du métier sont assimilés progressivement durant cette première période de formation dite probatoire. « En priorité, on apprend les bases du secourisme, puis tout ce qui est incendie et opérations diverses », explique le pompier, qui profite de l'occasion pour passer son permis poids lourd. Depuis, chaque année, le pompier complète son bagage avec une quarantaine d'heures de formation continue obligatoire. Huit sont dédiées au Service départemental d'incendie et de secours de l'Isère (SDIS), le reste étant effectué au sein de la caserne de Saint-Geoire-en-Valdaine.
Promu caporal il y a un an, Jean-Jacques Monin-Picard concilie avec bonheur son activité de pompier avec sa vie professionnelle. « C'est physique, il faut avoir la forme. Mais courir après les vaches, ça aide ! », plaisante-t-il. Ce qui le motive, c'est l'utilité de la fonction - « si les pompiers n'étaient pas là, qui interviendrait ? » -, mais aussi la fraternité et la convivialité associées à sa « deuxième famille », notamment via L'Amicale des pompiers dont il est secrétaire adjoint. Côté travail, cela nécessite un peu d'organisation. « Il faut savoir gérer, reconnaît l'éleveur. Nous avons un bip grâce auquel nous pouvons signaler nos disponibilités. Au moment de la traite ou des récoltes par exemple, je me mets indisponible. Mais c'est vrai qu'en tant qu'agriculteur, j'ai un peu plus de souplesse que les autres. » C'est d'autant plus précieux qu'en cas d'urgence, la caserne doit toujours pouvoir mobiliser quatre hommes prêts à partir. Quoi qu'il arrive.