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Gaec de la Biche

Une vigilance de chaque instant

A l'occasion de l'assemblée générale des Jeunes agriculteurs, le 19 février prochain à Passins, le secrétaire général du syndicat, Jérôme Collet, revient sur son installation en élevage bovin laitier, à Roybon, fin 2003. Les incertitudes sur la conjoncture agricole étaient déjà fortes et le maintien de l'exploitation n'a pas été sans mal. Mais cette expérience montre qu'il reste possible de s'installer en agriculture.
Une vigilance de chaque instant
Quand on lui demande si une installation comme la sienne, en élevage bovin laitier, hors de tout cadre familial et dans une zone dite « de montagne » serait encore possible aujourd'hui, Jérôme Collet, installé en Gaec avec Nathalie et Guy Simien à Roybon depuis 2003, n'a pas une seconde d'hésitation. « Si c'était à refaire, je le referais. Même si, dans la conjoncture actuelle, tous les candidats à l'installation en lait ne mènent pas leurs projets à bien dans le département. Après une année 2009 catastrophique, marquée par seulement quatre installations aidées en lait, 2010 a toutefois permis de redresser la barre. Mais en comités techniques ou départementaux à l'installation, nous restons toujours très attentifs à la viabilité des projets. Les candidats à l'installation en agriculture ne doivent pas croire que l'on peut vivre avec trois cochons et quelques canards comme nos arrières-grands-parents. Même avec un projet solide, il faut se montrer extrêmement vigilant pour ne pas être dans le rouge. Tout doit être calculé au plus juste ».
Des prévisions économiques de plus en plus incertaines
Lors de son installation, Jérôme Collet a bénéficié du départ à la retraite d'un voisin du Gaec de la Biche, qui lui loue quarante hectares. « Je n'ai eu que mes parts du Gaec à acheter, témoigne le jeune agriculteur, secrétaire général du syndicat éponyme. Comme j'ai bénéficié à la fois de la dotation Jeune agriculteur et du chéquier de la Région Rhône-Alpes, j'ai emprunté seulement 33 000 euros à la banque ».
Même si les prélèvements des associés n'augmentent pas aussi vite que ce qu'ils souhaiteraient, les exploitants de la ferme de la Biche ne se plaignent donc pas. Collectés par la fromagerie de l'Etoile du Vercors, ils sont parvenus à pérenniser l'emploi de Jérôme Collet en faisant face aux multiples péripéties qui ont émaillé l'activité de l'exploitation depuis l'arrivée de cet associé supplémentaire : déficit de fourrages consécutif à la sécheresse de 2003, grêle, souci ponctuel de cellules et, surtout, fluctuations importantes du prix du lait. « Lors de la réalisation de l'étude préparant mon installation, en parallèle de ma dernière année d'études, pour évaluer les recettes sur lesquelles je pourrais compter, nous sommes partis sur une hypothèse basse : nous avons considéré que le prix du lait ne dépasserait pas 290 euros par tonne, raconte le jeune agriculteur. Mais, en réalité, il est descendu encore plus bas que ça, même en comptant la prime de vingt euros supplémentaires par tonne à laquelle nous pouvons prétendre en zone saint-marcellin ».
La force du réseau
Ce qui permet de tenir quand le prix du lait est au plus bas, c'est d'abord un solide suivi technique et économique. C'est pourquoi les associés n'hésitent pas à faire appel aux services d'un centre de gestion, du Contrôle laitier ou de la chambre d'agriculture par exemple.
Plus largement, le réseau professionnel est au centre de la démarche d'un agriculteur comme Jérôme Collet, connu dans sa commune avant même son installation, car il passait son temps libre à aider ses cousins également exploitants à Roybon. « Même si la maison familiale et rurale de Chatte nous a bien accompagné vers l'installation, par le biais des stages (que j'ai presque tous effectués chez les Simien) et d'un système de parrainage, ce sont les Jeunes agriculteurs qui m'ont présenté le parcours à l'installation et la plupart des personnes que doit rencontrer un futur agriculteur », souligne le jeune exploitant, qui espère que la table ronde du 19 février sur les façons de « se dégager un revenu en agriculture » donnera lieu à de riches échanges avec la salle.
Cécile Fandos
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Assemblée générale des Jeunes agriculteurs
Une table ronde sur les façons de se dégager un revenu
Après la partie statutaire réservée aux adhérents (à partir de 13 h 30), la prochaine assemblée générale des Jeunes agriculteurs de l'Isère, samedi 19 février, à la salle des prairies de Passins, dans le canton de Morestel, comprendra les traditionnels discours d'élus, mais aussi une table ronde. Intitulée « Comment se dégager du revenu en agriculture ? », elle réunira le président de la chambre d'agriculture, Gérard Seigle-Vatte, celui de la FDSEA, Jean Robin-Brosse, un administrateur des Jeunes agriculteurs de Rhône-Alpes également élu à l'échelon national, Jérémie Bolon, ainsi que des représentants de la direction départementale des Territoires et du conseil général.
C.F.
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