Vaccination : aller vite pour la ZR1
DNC / Le conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cropsav) s’est réuni le vendredi 20 février. Au menu des échanges : la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse.
Le 9 février dernier, le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav), sous la présidence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, validait la stratégie vaccinale face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour 2026. Ainsi, selon le ministère de l’Agriculture, « une large majorité des participants s’est prononcée en faveur de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025 : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ». Restait alors aux comités régionaux, Cropsav, de se réunir pour préciser sur chaque territoire les modalités de déploiement de cette nouvelle campagne de vaccination. En Auvergne-Rhône-Alpes, le Cropsav s’est tenu le 20 février dernier, où près d’une soixantaine d’acteurs (syndicalisme, chambre d’agriculture, La Coopération agricole, le FRGDS, les commerçants en bestiaux, le ministère de l’Agriculture…) se sont positionnés quant à l’organisation de cette nouvelle campagne de vaccination.
Dès que possible pour la ZR1
Ainsi, en Auvergne-Rhône-Alpes, le réseau FRSEA-Jeunes agriculteurs l’affirme sans détour : la vaccination dans la première zone réglementée (secteur des Savoie, NDLR) doit commencer au plus tard le 1er mars pour les adultes et les veaux nés cet automne, « avant la montée aux estives », soulignent Jean-Luc Perrin et Élise Michallet, respectivement secrétaire général et membre du bureau de la FRSEA. En effet, les représentants professionnels prônent une vaccination trois semaines avant la mise à l’herbe dans les alpages. « Aujourd’hui, il est plus indiqué que la vaccination se fera à l’arrivée des animaux dans les alpages. Ce n’est pas possible. Le vaccin est entièrement efficace vingt-et-un jours après la piqûre », rappelle Jean-Luc Perrin.
Attendre pour les autres zones
Pour les deux autres anciennes zones réglementées (autour des foyers du Rhône et de l’Ain), les représentants de la FRSEA ont demandé que la nouvelle campagne de vaccination ne débute qu’à l’automne si malheureusement de nouveaux cas devaient apparaître. Pour autant, les veaux nés cet automne devront quant à eux être vaccinés avant la mise à l’herbe. « Les vaccins en ZR2 et ZR5 ont été faits entre fin septembre et fin octobre. Les vaccins utilisés ont un retour de quinze mois. Nous pouvons donc laisser passer la période estivale avant de revacciner et voir si de nouveaux cas étaient, malheureusement, confirmés sur notre territoire », explique Jean-Luc Perrin. L’espoir de ne pas voir la maladie réapparaître dans l’Hexagone n’est pas sans fondement. En effet, depuis le 20 février dernier, toutes les zones réglementées mises en place autour de foyers de DNC détectés sur le territoire français sont désormais levées. La dernière, dans le Sud-Ouest, étant passée au statut de zone vaccinale. « Depuis le début de l’année, nous n’avons connu aucun cas en France. C’est une première victoire et cela prouve que le protocole mis en place fonctionne. Si le travail a bien été fait partout, nous espérons qu’il n’y aura pas d’autres cas ce printemps », affirme Jean-Luc Perrin.
La question de la vaccination des petits veaux qui naissent actuellement doit également être tranchée. « Ils n’auront pas trois mois au moment de la mise à l’herbe. Ils seront donc encore protégés par le colostrum. Toutefois, au retour des estives, ils auront plus de six mois. Il est hors de question que nous les rattrapions dans les prés pour les vacciner. Alors que devons-nous faire ? La question demeure aujourd’hui sans réponse », déplore Jean-Luc Perrin. Quid également des exploitations qui ont des terres et/ou des sièges d’exploitation à cheval entre deux zones ? Là encore, la question est restée sans réponse.
Préparer l’interdiction de la vaccination
Cette nouvelle campagne de vaccination organisée, les représentants professionnels se projettent d’ores et déjà vers l’interdiction de vaccination. « Nous devons y travailler dès maintenant et fixer une date pour cette interdiction. Pour cela, nous devons, auparavant, mesurer tous les impacts que cette interdiction aura sur les accords bilatéraux en cours qui ont été validés autour de la vaccination obligatoire », soulève Jean-Luc Perrin. Cette projection est, selon l’éleveur ligérien, primordiale car, au moment où l’interdiction est instaurée, le décompte des quatorze mois pour retrouver le statut indemne est lancé. Autant d’attentes et de volontés qui seront remontées pour que le Cnopsav se positionne. « La partie promet malheureusement d’être longue, déplorent les représentants syndicaux. Il faut que l’ensemble des Cropsav se soit réuni avant que l’échelon national tranche et certains ne se réuniront que début mars. » Difficile dans ces conditions de lancer la vaccination dans l’ancienne ZR1 au 1ᵉʳ mars. Pour autant, rien n’est perdu. « Nous profitons du Salon de l’agriculture, qui se tient actuellement, pour rencontrer la direction générale de l’Alimentation et d’autres instances pour faire avancer le dossier », soutient Jean-Luc Perrin.
Marie-Cécile Seigle-Buyat
Le 19 février, dans une lettre ouverte, la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) réclame des « actes ». Si les signataires (président et vice-présidents) rappellent en préambule qu’ils ont « toujours soutenu sans réserve la politique sanitaire déployée par l’État durant la gestion de crise ; politique qui a montré son efficacité » et qu’ils ne veulent « ni passe-droits, ni relâchement sanitaire », la FFCB demande « une gestion responsable, fondée sur le risque réel et non sur la seule inertie administrative ». Les signataires rappellent que leur seule motivation est de « fluidifier le commerce dans un cadre sanitaire strict, bien entendu, afin de favoriser le maintien des cours et donc le revenu des différents acteurs de la filière », avant de conclure : « Pour que la crise sanitaire ne devienne pas une crise économique, il est encore temps d’agir, mais il faut agir maintenant ».