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Gestion des litières

Valoriser les troncs et branches en remplacement de la paille

Broyées en plaquettes, les ressources en bois des exploitations présentent un triple intérêt économique, technique et environnemental.
Valoriser les troncs et branches en remplacement de la paille

Les exploitations de l'Isère comptent souvent des ressources importantes en bois : grandes longueurs de haies, bordures de bois ou encore noyers arrachés par les orages ou la neige de l'an dernier. La technique du broyage en plaquettes permet de valoriser l'ensemble de ces tailles, du tronc jusqu'aux branches. Les « plaquettes » obtenues sont orientées prioritairement vers les chaufferies, mais le contexte a poussé de nombreux territoires vers une autre filière. Ainsi en Auvergne, Bourgogne, dans l'Ain et même sur plusieurs exploitations de l'Isère, les plaquettes broyées remplacent la paille, totalement ou en partie, dans les stabulations. Les rendements en paille étant faibles dans de nombreux secteurs cette année, cette technique mérite d'être étudiée afin de pouvoir anticiper sur la gestion des litières de cet hiver.

Retours d'expérience positifs

Les plaquettes présentent de réelles qualités, validées par les nombreux retours d'expériences dans toute la France. Les témoignages d'agriculteurs et les suivis d'essais permettent de donner quelques points techniques très utiles :

- Prévoir un séchage minimum de 3 mois après broyage et si possible sous bâtiment.
- Équivalence : 1 tonne de paille équivaut à 4 m³ de plaquettes, prévoir 10kg/UGB soit 0,04 m³/UGB/jour. Ainsi pour la litière d'une vache pendant 5 mois dans les bâtiments, il faudra environ 6 m³/UGB/hiver.
- Les plaquettes assurent le même niveau de propreté que la paille et ne s'échauffent pas en litière.
- La plaquette n'acidifie pas le fumier : de nombreuses analyses faites en Isère (Brézins, Chatte) sur des fumiers avec plaquettes de noyers ont un pH moyen de 8,8 avant épandage.

Broyage

De nombreux broyeurs à plaquettes sont disponibles en Isère avec des coûts de broyage autour de 6 € /m³ (à ajuster selon le type de bois et de chantier). Les chantiers peuvent être réalisés par des entrepreneurs travaux agricoles ou des CUMA, comme la CUMA départementale Bois Energie.

Intérêt économique et technique

Cette technique peut répondre à de nombreuses contraintes techniques, économiques et environnementales :
- Valorisation des branches qui ne peuvent plus être brûlées (réglementation sur la qualité de l'air).
- Économie sur l'achat de la paille (à partir d'un prix de la paille à 60 €/tonne, la plaquette auto-produite devient intéressante) et autonomie sur cette ressource.
- Qualité de la litière et propreté des animaux, y compris chez les ovins (pas de boiteries, pas de problèmes pulmonaires, animaux propres).
- Valorisation du bocage et des ressources en bois de l'exploitation (taille de haie, bordures des bois, ...).

Robinson Stieven

Contact pour information : Robinson Stieven (service agro-environnement, CDA38) : 06 81 44 95 54 ou [email protected]