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Economie

Vercors lait, un modèle qui paie

A l’occasion de son assemblée générale à Autrans début février, la coopérative Vercors Lait revient sur l’évolution de la répartition de son chiffre d’affaires en 10 ans.
Vercors lait, un modèle qui paie

37 tonnes de Bleu de Vercors vendus en décembre dernier. C’est un record pour la coopérative Vercors Lait. Avec +4 ,7% de chiffres d’affaires pour la SARL Bleu du Vercors et +6,6% pour la coopérative, elle fait peu à peu oublier les années de difficultés. Mieux, elle investit. Cette année, Vercors Lait inaugura l’extension de son usine, déjà en fonctionnement. « Nous sommes une coopérative à taille humaine, elle vous appartient. Nous avons la liberté d’entreprendre », rappelle Philippe Guilloud, directeur de Vercors Lait. En cumulant les deux sociétés, le chiffre d’affaires de Vercors Lait avoisine les 10 millions.

Le chiffre d’affaires vient aussi confirmer la direction économique prise par la coopérative depuis quelques années. 30% du CA vient des trois magasins alors qu’il y a 10 ans, il ne provenait qu’à 16% du magasin de Grenoble. La part des grossistes et des GMS est stable tandis que la part de grossistes bio passe de 9% il y a 10 ans à 13% en 2018. « Cette évolution de gamme est intéressante. Il faut être attentif aux attentes des clients, explique Philippe Guillioud, mais il ne faut pas croire que c’est la solution miracle. Les marchés ne changent pas et les prix n’augmentent pas dans les centrales d’achat ». « C’est un chiffre d’affaires qu’on contrôle. Nous n’avons pas de client principal qui pèse trop sur le chiffre d’affaires. C’est un modèle économique intéressant où on peut monter des projets-produits sans avoir à discuter des prix ».

 Ouverture vers la Drôme

Enfin, en 2008, la part de lait vendu en vrac représentait 36% du CA, là où il ne représente plus que 11%, à base de lait bio. D’ailleurs, en 2019, Vercors Lait cesse l’accord de collecte qu’il avait avec la coopérative Sodiaal. Les chiffres annoncés de la collecte de lait sont rassurants : Le lait conventionnel collecté est passé de 4,2  millions de litres de lait en 2016/2017 à 4,5 millions en 2017/2018 soit +7,7%. Pour la collecte en bio, le lait est passé de 1,4 million de litres en 2016/2017 à 1,5 en 2017/2018 soit +9%. Pour le prix du lait, on se rapproche doucement des engagements de la coopérative annoncés par Philippe Guillioud : 400 euros les 1000 l en conventionnel et 500 euros en bio. Le prix du lait moyen est à 368 euros en conventionnel et 455 euros en bio. « Le meilleur en conventionnel, payé 386 euros se rapproche du prix le plus bas en bio, payé 394 euros », explique le trésorier. 

Dans la salle, les producteurs de lait de la coopérative sont présents, comme chaque année. Pour certains, il est temps d’aller chercher les éleveurs laitiers drômois. Présent dans la salle, un représentant des éleveurs drômois précise qu’à « la fête du Bleu, il y a d’un côté la Drôme et de l’autre l’Isère. Cela ne fait que depuis trois ou quatre ans qu’on se mélange ».

Plan de relance

Mais avec les investissements engagés telle que l’extension de la nouvelle usine déjà en fonctionnement, les chiffres ne sont pas au beau fixe. « Cela serait inquiétant si on n’avait pas de marchés et de clients », rassure Philippe Guillioud. La coopérative souhaite ainsi travailler au développement des lactiques à pâte molle. « Le saint-marcellin et le saint-félicien sont des gammes qui ont explosé ces 18 derniers mois. On a un travail à faire dessus pour figer les recettes. Il y a un vrai potentiel de développement », confirme le directeur de Vercors Lait.

Robert Duranton, vice-président en charge de l’agriculture au conseil départemental, a rappelé la confiance du Département grâce au plan de relance de deux millions d’euros pour la communauté de communes du Vercors, dont un million d’euros vers la coopérative.

Virginie Montmartin