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« Voir la diversité comme un atout »

Sylvain Francillon, président de l'Association des agriculteurs de Chartreuse (AAC), à l'occasion de l'assemblée générale qui s'est déroulée le 22 mars à Saint-Christophe-la-Grotte.
« Voir la diversité comme un atout »

Le thème de l'assemblée générale de l'AAC portait sur les initiatives collectives à l'aune des rencontres auxquelles vous avez assisté en Bretagne. Qu'est-ce qui a motivé ce déplacement ?

On cherche toujours à remobiliser les troupes et remettre en place un travail sur la filière Chartreuse, sur l'ensemble des productions et notamment sur le lait, entre les coopératives des Entremonts et celle de Miribel-les-Echelles. Nous avons participé à Vannes au Festival national des groupes de développement agricole pour voir ce qui se passe ailleurs, prendre des idées et redynamiser l'association.

Quels types d'idées étaient présentés ?

Nous avons vu beaucoup d'initiatives concernant l'agriculture biologique et les circuits courts. Ce qui nous a permis de prendre conscience que dans notre département, nous avons un beau réseau local. D'ailleurs l'Isère a été citée en exemple pour ses dispositifs de mise en relation des producteurs aux acheteurs, comme le projet de pôle agro-alimentaire ou Manger bio Isère.
En revanche, sur la méthanisation, nous avons rencontré des agriculteurs qui développent de gros projets, qui rassemblent des dizaines de fermes. Ce sont des investissements lourds. Ils sont en avance en Bretagne, ils y vont. Alors que nous nous demandons encore comment faire.

Enfin, dans la filière lait nous avons fait la connaissance de groupes qui décortiquent vraiment leurs coûts de production et la rentabilité des exploitations. Tout est réfléchi, notamment dans un environnement où ils vendent leur lait à des industriels et où ils doivent produire à coûts réduits.

Qu'avez-vous ramené de ces deux jours de réflexion ?

Nous étions cinq agriculteurs de Chartreuse, accompagnés d'une élue et de deux techniciens. Ce déplacement nous a permis de souffler et de réfléchir.
Nous souhaiterions, sur le territoire de Chartreuse, à travers l'AAC, fédérer toutes les autres associations et être un tremplin au démarrage des projets, comme celui du plateau de Chartreuse.

Quelles sont les initiatives qui émergent en Chartreuse ?

Il y a un gros travail engagé dans la filière lait. Il a permis aux agriculteurs des différentes coopératives de se rencontrer. Le dialogue est revenu car ils partagent les mêmes problématiques, ce qui a fait émerger un collectif plus fort.
Nous avons aussi engagé un travail de fond sur les variétés anciennes de légumes, qui intéresse plus particulièrement les jeunes maraîchers.
Nous souhaitons aussi remettre en route un réseau d'apiculteurs car ils sont nombreux sur le parc. Nous portons un projet de miellerie collective que nous souhaitons ouvrir aux secteurs du Vercors et des Bauges.

Combien l'AAC compte-t-elle d'adhérents ?

Il y a 650 exploitants affiliés à la MSA dans le périmètre du parc, dont 400 considérés comme actifs. Le plus grand nombre, environ 150, sont des viticulteurs situés du côté des Marches. Tous ces agriculteurs sont adhérents de fait à l'AAC car il n'y a pas d'adhésion. Ils reçoivent notre lettre et peuvent participer à nos projets. En 2017, nous souhaiterions nous structurer en réseau afin que les agriculteurs se sentent impliqués dans l'association, et pourquoi pas, mettre en place une adhésion.

Quel message avez-vous souhaité faire passer lors de l'assemblée générale ?

J'ai insisté sur l'agriculture en Chartreuse et sur la richesse de la diversité des exploitations. Il faudrait arriver à ne pas toujours tout voir en négatif, mais prendre de la hauteur, voir cette diversité comme un atout et travailler ensemble pour trouver des solutions. Nous avons la chance d'avoir une partie du périmètre dans la vallée et l'autre en montagne. Nous pourrions imaginer des échanges de service et de travail entre agriculteurs. Nous travaillons sur les questions d'autonomie en Chartreuse afin de ne pas aller chercher plus loin quant il y a tout ce qu'il faut dans le massif. Nous ne nous connaissons pas tous, mais nous avons tout pour réussir. Pour cela, nous bénéficions d'un bel appui de la part du parc et de la chambre d'agriculture.

Propos recueillis par Isabelle Doucet