Voironnais
Voreppe, un dossier majeur pour le foncier agricole
VENTE AUX ENCHERES/Plus d'une centaine d'hectares de la plaine agricole de Voreppe est en train d'être vendus aux enchères. La Safer a reçu plusieurs demandes de préemption. Mais le devenir de ces terres est loin d'être tranché.
Dans le Voironnais, les terrains appartenant à la famille Séguier-d'Agoult ont été mis en vente. Représentant plus de 142 hectares dans la plaine agricole de Voreppe et à proximité de la zone d'activités de Centr'Alp, à Moirans, ces parcelles, mises en vente aux enchères lundi 7 février au tribunal de grande instance de Paris, suscitent l'attention d'acteurs divers : des entreprises industrielles et commerciales, des collectivités locales, mais surtout des agriculteurs. « La qualité agronomique de la plaine agricole de Voreppe est reconnue par le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région grenobloise, par le schéma de secteur du pays voironnais, par le plan d'occupation des sols (Pos) de la commune de Voreppe, ainsi que par le diagnostic agricole réalisé dans le cadre de l'élaboration du plan local d'urbanisme qui prendra le relais du Pos », souligne Christiane Genève, la présidente du syndicat local, qui a rencontré les élus voreppins à plusieurs reprises au sujet des terrains Séguier-d'Agoult.
Projet d'urbanisation de la cluse
La responsable agricole s'est inquiétée du devenir de la plaine agricole avant même le déclenchement de la vente aux enchères. « J'ai donné l'alerte suite au conseil municipal du 18 octobre 2010, au cours duquel Roland Revil, le premier vice-président du Pays voironnais en charge de l'Economie, a présenté le projet d'abandon de Centr'Alp 3 et d'urbanisation d'une partie de la zone agricole de Voreppe », raconte cette éleveuse de chevaux de trait Comtois.
« Depuis près de trente ans, la zone Centr'Alp 3, à cheval sur les communes de Voreppe et Moirans, est réservée pour l'économie. Des études récentes remettent ce choix en cause, peut-on, en effet, lire dans le numéro de décembre du bulletin municipal. Pour maintenir dans le Voironnais une capacité de développement économique, des alternatives ont été étudiées, dont celle du secteur Novotel ».
Même si le maire de Voreppe, Jean Duchamp, demande dans cet article que les enjeux agricoles soient pris en compte et rappelle que la commune maîtrise son urbanisation, les agriculteurs locaux ne sont pas rassurés. C'est pourquoi le syndicat des exploitants de Voreppe étudie la possibilité de rachat de ces terres par un groupement d'agriculteurs. Pour Sylvie Budillon-Rabatel, la présidente de l'union cantonale des syndicats d'exploitants agricoles du Voironnais, ce faisant, il s'agit ni plus ni moins que de « sauver la plaine agricole de Voreppe. Nous en sommes là, car les terrains déjà partis en habitations ou dans la construction du premier volet de Centr'Alp n'ont jamais été retrouvés. Aujourd'hui, l'enjeu est de conforter une activité économique viable en maintenant les unités de productions existantes plus qu'en en installant de nouvelles ». Quand Roland Revil évoque, en contrepartie de l'urbanisation du secteur du Novotel de Voreppe, la « sanctuarisation » des terres agricoles situées entre le Novotel et Le Fontanil et la restitution des 200 hectares de Centr'Alp 3 à l'agriculture, les représentants de la profession agricole voient donc rouge.
Premières adjudications
Les discussion sur le futur schéma de cohérence territoriale de la région grenobloise n'ont pas encore permis de trancher le devenir de ces terres, mais le débat est déjà bien engagé, même si la vente aux enchères est loin d'être terminée, car deux lots situés à l'Ouest de Voreppe ont fait l'objet d'une surenchère. Pour l'instant, on sait que la société civile immobilière de Gabriel et Marcel Lely (président de la société de collecte et de traitement de déchets Lely environnement, basée à Fontaine) s'est vu adjuger trois lots représentant une surface de près de 22,5 hectares pour un montant de 274 000 euros. Michel Payre, grossiste en engrais et semences à Moirans, est lui aussi adjudicataire de trois lots d'une superficie totale de près de 82 hectares pour 875 000 euros. Deux parcelles de près de 3,5 hectares situées non loin du Novotel ont été adjugées à la société SNG invest, cogérée par Jeannine et Yves Geoffroy, détenteurs d'une série de sociétés civiles immobilières, pour 64 000 euros. Et la Safer est adjudicataire de près de 4,5 hectares situés au lieu-dit Bouvaret, à l'Est de Voreppe, pour 38 000 euros.
Les agriculteurs locaux lui ont d'ores et déjà demandé de préempter. A l'heure où nous bouclons, le conseil communautaire du pays voironnais devait également voter une demande de préemption des lots n'ayant pas fait l'objet d'une surenchère (hors Novotel et lot adjugé à la Safer) « dans l'optique de garder une vocation agricole sur une durée de quinze ans et permettre le développement de projets d'installation agricole, d'agriculture biologique et de circuits courts ». La société d'aménagement foncier « étudie l'opportunité d'intervenir en préemption », indique son directeur en Isère, Nicolas Agresti.
Cécile Fandos
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
En chiffres
Les 142 hectares de terrain du domaine Séguier-d'Agoult se composent de 103 hectares de terres agricoles, 37 hectares de bois, taillis et zones humides et un hectare et demi correspondant à l'emprise du Novotel.
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Projet d'urbanisation de la cluse
La responsable agricole s'est inquiétée du devenir de la plaine agricole avant même le déclenchement de la vente aux enchères. « J'ai donné l'alerte suite au conseil municipal du 18 octobre 2010, au cours duquel Roland Revil, le premier vice-président du Pays voironnais en charge de l'Economie, a présenté le projet d'abandon de Centr'Alp 3 et d'urbanisation d'une partie de la zone agricole de Voreppe », raconte cette éleveuse de chevaux de trait Comtois.
« Depuis près de trente ans, la zone Centr'Alp 3, à cheval sur les communes de Voreppe et Moirans, est réservée pour l'économie. Des études récentes remettent ce choix en cause, peut-on, en effet, lire dans le numéro de décembre du bulletin municipal. Pour maintenir dans le Voironnais une capacité de développement économique, des alternatives ont été étudiées, dont celle du secteur Novotel ».
Même si le maire de Voreppe, Jean Duchamp, demande dans cet article que les enjeux agricoles soient pris en compte et rappelle que la commune maîtrise son urbanisation, les agriculteurs locaux ne sont pas rassurés. C'est pourquoi le syndicat des exploitants de Voreppe étudie la possibilité de rachat de ces terres par un groupement d'agriculteurs. Pour Sylvie Budillon-Rabatel, la présidente de l'union cantonale des syndicats d'exploitants agricoles du Voironnais, ce faisant, il s'agit ni plus ni moins que de « sauver la plaine agricole de Voreppe. Nous en sommes là, car les terrains déjà partis en habitations ou dans la construction du premier volet de Centr'Alp n'ont jamais été retrouvés. Aujourd'hui, l'enjeu est de conforter une activité économique viable en maintenant les unités de productions existantes plus qu'en en installant de nouvelles ». Quand Roland Revil évoque, en contrepartie de l'urbanisation du secteur du Novotel de Voreppe, la « sanctuarisation » des terres agricoles situées entre le Novotel et Le Fontanil et la restitution des 200 hectares de Centr'Alp 3 à l'agriculture, les représentants de la profession agricole voient donc rouge.
Premières adjudications
Les discussion sur le futur schéma de cohérence territoriale de la région grenobloise n'ont pas encore permis de trancher le devenir de ces terres, mais le débat est déjà bien engagé, même si la vente aux enchères est loin d'être terminée, car deux lots situés à l'Ouest de Voreppe ont fait l'objet d'une surenchère. Pour l'instant, on sait que la société civile immobilière de Gabriel et Marcel Lely (président de la société de collecte et de traitement de déchets Lely environnement, basée à Fontaine) s'est vu adjuger trois lots représentant une surface de près de 22,5 hectares pour un montant de 274 000 euros. Michel Payre, grossiste en engrais et semences à Moirans, est lui aussi adjudicataire de trois lots d'une superficie totale de près de 82 hectares pour 875 000 euros. Deux parcelles de près de 3,5 hectares situées non loin du Novotel ont été adjugées à la société SNG invest, cogérée par Jeannine et Yves Geoffroy, détenteurs d'une série de sociétés civiles immobilières, pour 64 000 euros. Et la Safer est adjudicataire de près de 4,5 hectares situés au lieu-dit Bouvaret, à l'Est de Voreppe, pour 38 000 euros.
Les agriculteurs locaux lui ont d'ores et déjà demandé de préempter. A l'heure où nous bouclons, le conseil communautaire du pays voironnais devait également voter une demande de préemption des lots n'ayant pas fait l'objet d'une surenchère (hors Novotel et lot adjugé à la Safer) « dans l'optique de garder une vocation agricole sur une durée de quinze ans et permettre le développement de projets d'installation agricole, d'agriculture biologique et de circuits courts ». La société d'aménagement foncier « étudie l'opportunité d'intervenir en préemption », indique son directeur en Isère, Nicolas Agresti.
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Les 142 hectares de terrain du domaine Séguier-d'Agoult se composent de 103 hectares de terres agricoles, 37 hectares de bois, taillis et zones humides et un hectare et demi correspondant à l'emprise du Novotel.
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