Accès au contenu
Transport

ZFE : lancement en grandes pompes

La métropole grenobloise lance sa zone à faibles émissions (ZFE) dans 10 communes en mai 2019, et 18 communes supplémentaires suivront en février 2020.
ZFE : lancement en grandes pompes

A partir du 2 mai, les poids-lourds et véhicules utilitaires légers de certificat qualité de l'air (CQA) 5 seront interdits de circuler définitivement dans dix communes de l'agglomération grenobloise. Suivront les CQA4 en 2020, puis CQA 3 en 2022 et les CQA 2 en 2025 pour aboutir à la constitution d'une zone à faibles émissions (ZFE). Cette ZFE s'élargira à 18 communes supplémentaires dès février 2020. « Ce sera le périmètre d'une ZFE le plus important de France », se félicite Christophe Ferrari, président de la Métropole. Cette ZFE prend la suite de la zone à circulation restreinte (ZCR) mise en place dans Grenoble en janvier 2017. Elle rejoindra ainsi les 220 autres zones existantes en Europe. Une zone à faibles émissions a pour objectif d'améliorer la qualité de l'air. « La pollution de l'air coûte plus de 100 milliards d'euros par an en France. Dans la métropole, ce sont 3% à 7% des décès qui sont dus à la pollution de l'air », rappelle-t-il.
Afin de faciliter la transition aux entreprises, les aides de la Métropole ont été élargies aux entreprises de moins de 250 salariés et ne sont pas soumises à un mode de transport en particulier. « On ne voulait pas parier sur un seul type de motorisation. Sont concernés les véhicules électriques, gaz naturel, hydrogène... mais aussi les vélos cargos électriques », précise Yann Mongaburu, vice-président délégué aux déplacements. Les transports de marchandises sont visés par la mesure car ils sont responsables de 33% des émissions de particules fines et 48% des oxydes d'azote.

Nouvelle logistique urbaine

Outre le changement de véhicule, il est possible de se tourner vers les centres de distribution urbaine pour les derniers kilomètres. « Nos livraisons mutualisées sont faites en véhicules électriques, gaz naturels ou à vélos », précise Anne-Sophie Louvat, présidente d'Urby, centre de distribution non alimentaire. Pour Bernard Colonel-Bertrand, président du marché d'intérêt national (MIN), la transition a déjà été anticipée par les entreprises dont les poids-lourds sont rarement en vignette crit'air 5. Certains acteurs économiques tels que les commerçants non-sédentaires des marchés de la Métropole bénéficient d'une dérogation de trois ans pour s'adapter à la nouvelle ZFE. « On pourrait peut-être réfléchir à des voitures électriques mutualisées avec caisse froide », interroge le président du MIN.

Produire pour rouler

Plus que le type de véhicule, c'est la recharge qui pose problème. La Métropole compte 10 stations de recharge GPL, une station GNV, 38 bornes de recharge électriques et une station hydrogène. Afin de répondre aux enjeux de nouveaux véhicules, Christine Gochard, directrice de GEG a rappelé les investissements menés pour le développement de stations de recharge au gaz naturel pour véhicules(GNV). Et pour avoir des stations de recharge, il faut produire. « On doit développer le mix énergétique avec des productions locales. GRDF s'engage à avoir 30% de biométhane dans son mix énergétique à 2030, notamment grâce à la méthanisation », explique Eric Bernard. Au vu de la difficulté à monter des projets de méthanisation dans le département, ce seront plutôt les agriculteurs qui auront besoin d'air.

Virginie Montmartin
Les 10 communes concernées à partir de mai 2019 : Echirolles, Bresson, Eybens, Grenoble, La Tronche, Poisat, Pont-de-Claix, Saint-Egrève, Saint-Martin-d’Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et le domaine universitaire.
Les 18 communes supplémentaires à partir de février 2020 : Champagnier, Champ-sur-Drac, Claix, Corenc, Fontaine, Gières, Jarrie, Meylan, Montchaboud, Noyarey, Quaix-sur-Chartreuse, Saint-Georges-de-Commiers, Sassenage, Seyssinet-Pariset, Seyssins, Varces-Allières-et-Risset, Venon, Veurey-Voroize.