Accès au contenu
Circuits courts

Articles

Avec ses ateliers de viande bovine et de noix, le Gaec des sept noyers a toujours fait le choix stratégique de la transformation et de la vente directe. Des recettes bien choisies et des idées à foison sont la marque de fabrique de cette exploitation familiale, récompensée par le Trophée de la transformation qualitative, remis par le Crédit agricole Sud-Rhône-Alpes dans le cadre du Prix de l’Excellence agricole et rurale de Terre Dauphinoise.

Par Isabelle Brenguier
Installée dans son atelier de Saint-Vincent-de-Mercuze, Olga Berthet trie des cerneaux de noix.

Installée dans son atelier de Saint-Vincent-de-Mercuze, au pied du massif de la Chartreuse face à celui de Belledonne, Olga Berthet trie des cerneaux de noix.

Si la récolte et les fêtes de fin d’année -deux périodes d’intense activité- sont passées, les associés du Gaec des sept noyers n’ont pas pour autant réduit le rythme.

Ayant fait le choix de produire, transformer et commercialiser en vente directe, ils ne connaissent pas de période creuse. « Nous réalisons un travail artisanal qui prend beaucoup de temps, mais qui permet de valoriser davantage notre production », indique Olga Berthet avec un grand sourire. 

Un challenge

Jusqu’à l’année dernière, Olga et Gérard Berthet étaient les deux associés de l’exploitation familiale. Mais depuis janvier 2025, Olga est devenue conjointe collaboratrice, dans l’idée de laisser progressivement la place à leur fille Laura, en cours d’installation.

Au sein de leur SAU de 120 hectares, les associés du Gaec élèvent une soixantaine de bovins, produisent des noix et cultivent des céréales vendues à Oxyane.

Ayant placé la transformation et la commercialisation en direct au cœur de la stratégie de l’exploitation, leurs salers sont abattues à l’abattoir du Fontanil et les assortiments de viande qui en ressortent, sont mis sous vide et conditionnés en caissette pour être commercialisés auprès de clients venant de la vallée du Grésivaudan. « Nous nous sommes lancés dans la vente directe en 1999. Nous étions les premiers de la vallée, raconte fièrement l’agricultrice. Au début, nous adressions des courriers à nos clients avec un calendrier de vente. Nous nous sommes professionnalisés petit à petit ». 

S’agissant de leur production de noix, elle est également commercialisée à la ferme, sur des marchés et grâce à leur site Internet. Elle est vendue en coque, décortiquée, ou travaillée sous forme de produits sucrés ou salés.

Intéressée par la pâtisserie, Olga a créé différentes recettes. Elle cite son biscuit Mac noix récompensé par le concours Fermier d’or, ses noix caramélisées au sirop d’érable et celles au cumin et aux herbes de Provence. « Je travaille avec très peu d’ingrédients -seulement du sucre, du sel et des épices- pour garder toute la saveur de la noix, confie-t-elle, passionnée par son atelier. Mais j’aime me diversifier. Je considère cela comme un challenge ».

Toute leur production, soit entre 12 et 15 tonnes chaque année, est ainsi valorisée. Même les coquilles sont récupérées par un particulier qui les utilise pour se chauffer.

Dernière nouveauté, les Berthet se sont aussi mis à la culture de la lentille dans 1,5 hectare de surfaces. « Nous les vendons en sachet d’un kilo. C’est un produit qui fonctionne bien. Nous sommes contents, car c’est une culture qui demande peu d’eau et qui est adaptée aux terrains pauvres », assure l’agricultrice.

Bichonner la clientèle

Le soin avec lequel Olga Berthet prépare ses produits, la gentillesse avec laquelle elle accueille ses clients, marquent de son empreinte le Gaec des sept noyers.

Quand elle regarde derrière elle, l’exploitante concède avoir réalisé « un sacré chemin, créé un bel outil et conduit l’exploitation sur une belle trajectoire. Quand on est jeune, on a des idées et de l’énergie », se souvient-elle. Elle considère avoir de la chance de travailler ainsi, en famille.

« Cela a toujours été ma volonté de rencontrer des personnes de différents horizons, de ne pas rester cloisonnée dans mon travail. J’aime communiquer avec les consommateurs, leur expliquer nos pratiques. Je considère que c’est une part très importante de notre métier, car la clientèle n’est jamais acquise. Il faut la bichonner et toujours s’ouvrir à de nouveaux acheteurs ».

 Fière du parcours accompli, désormais tournée vers l’avenir et la transmission de l’exploitation, elle espère que ses enfants sauront la faire perdurer.

Le Gaec des sept noyers a été récompensé par le Trophée de la transformation qualitative, remis par le Crédit agricole Sud-Rhône-Alpes dans le cadre du Prix de l’Excellence agricole et rurale de Terre Dauphinoise.

Isabelle Brenguier

Sujets