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Loup

Carnage à Gresse en Vercors

Le 6 juin, un troupeau a été attaqué au hameau de la Bâtie. Bilan : 35 brebis tuées.
Carnage à Gresse en Vercors

« Il y a des lundis matin qui ne devraient pas exister... » Fabienne Arpin-Pont balance sa rage sur sa page Facebook. Elle se dit « très en colère », « exaspérée », « dégoutée ». Il y a de quoi : lundi 6 juin, à l'aube, le troupeau de son mari s'est fait attaqué par le loup. Sur 200 brebis, 35 ont été tuées, une bête consommée, de nombreuses autres gravement bléssées, stressées, voire introuvables. Les victimes, mordues au cou, portent toutes la même signature. « Les indicateurs ne permettent pas d'écarter la responsabilité du loup », commente prudemment Philippe Cornet, chef du service départemental de l'ONCFS, qui explique le carnage par la progressivité des mises au pré avant la montée en alpage. « Il y a une concentration des attaques là où se trouvent les troupeaux. D'ici quelques jours, quand les troupeaux auront tous gagné les alpages, on peut logiquement penser que la prédation sera plus diluée. »

Les éleveurs ou le loup

L'attaque de Gresse en Vercors n'en est pas moins tragique. Les brebis des Arpin-Pont, qui pâturaient au-dessus de la maison, étaient protégées par un enclos électrifié et des barbelés. « Que faut-il faire ? », s'insurge l'éleveuse qui demande aux autorités de se positionner clairement : « Soit on garde les éleveurs, soit le loup ! » De son côté, le maire de Chichilianne, très investi dans le combat contre le loup depuis les attaques dans sa commune, a pris position : c'est la cause des éleveurs qu'il défend. L'élu a réclamé l'intervention des chasseurs et obtenu du préfet trois tirs de défense pour les éleveurs de sa commune. Est-ce suffisant ? En 2015, une trentaine de tirs de défense ont été accordés en Isère, mais aucun loup n'a été abattu.

Marianne Boilève