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Jeunes agriculteurs

Gardiens de toutes les filières

Les JA isérois ont tenu leur assemblée générale à Saint-Hilaire-de-la-Côte, débattant sur les grands dossiers d’actualité et se projetant sur l’avenir.

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Gardiens de toutes les filières
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Lors de l'assemblée générale JA Isère à Saint-Hilaire-de-la-Côte, le 13 mars.

«Nous le martelons auprès des services de l’État : une fois qu’une filière disparaît, on en perd la connaissance intellectuelle ainsi que les services de commercialisation et de transformation. Et si on veut réimplanter quelque chose dans la terre. C’est compliqué », lance Axel Masset, coprésident de Jeunes agriculteurs Isère, lors de l’assemblée générale du syndicat, qui s’est tenue le 13 mars à Saint-Hilaire-de-la-Côte.

Si la ratification de la loi Duplomb est en soi une bonne nouvelle pour le syndicat des jeunes exploitants agricoles qui n’ont pas lésiné sur les rencontres et les échanges pour « éviter les problèmes », en revanche, ils savent qu’ils devront se remobiliser pour Duplomb 2.

« Beaucoup de députés étaient venus nous voir sur les autoroutes et nous soutenaient, déclare Jocelyn Dubost, président de JA Aura, mais quand la loi Duplomb est arrivée, 2 000 amendements ont été déposés. C’est du blocage institutionnel. » Il ajoute à cela le rejet de l’article II par le Conseil constitutionnel : « des gens qui ne sont pas élus par le peuple annulent une loi votée par des élus », s’insurge-t-il.

C’est la raison pour laquelle, et afin d’éviter toute distorsion de concurrence européenne, JA demande que les certifications relèvent de l’Efsa, organisme certificateur européen, « comme les autres pays ». Des filières comme la noisette et la cerise sont en péril au profit d’importations « qui ne respectent pas nos standards de production », déclare le leader aurhalpin.

« Il a fallu garder le cap »

Autre point de crispation pour les JA : le Mercosur. Après avoir participé aux manifestations à Strasbourg et à Bruxelles et avoir « eu gain de cause un moment, explique Axel Masset, Ursula von der Leyen en a décidé autrement. »

Jocelyn Dubost ajoute : « Nous avons espoir que la commission juridique aille au bout. S’il faut se remobiliser, on ira. ». Ce dernier est revenu sur les choix faits par le syndicat dans la gestion de la DNC l’été dernier. « On a écouté ce que la science avait à nous dire. Puis nous sommes retournés vers le réseau JA où certains voulaient bloquer les fermes […] Aujourd’hui, collectivement, on a réussi quelque chose. J’ai été impressionné par la solidarité qui s’est mise en place. »

La crise a laissé des traces chez JA. « Il a fallu garder le cap. On a revécu notre covid. Les scientifiques covid sont devenus des scientifiques DNC en formation accélérée. Nous avons fait le choix du pragmatisme, de baisser la tête et d’aider les collègues de départements voisins. »

Cette « attitude exemplaire » a été largement soulignée par Cyrille Madinier, le vice-président du Département en charge de l’agriculture, la forêt et la ruralité.

Il a aussi rappelé que le Département avait réalisé une étude sur l’eau qui permettra « de casser les approches des extrémistes et de se projeter vers le futur », le stockage de l’eau étant une préoccupation importante des jeunes agriculteurs.

Un parcours installation complet

Les JA ont également évoqué la mise en place de France service agriculture, la Chambre d’agriculture de l’Isère étant pilote du dispositif. Jordan Desimone, en charge du dossier installation, préconise la vigilance face à la refonte du système et fait appel aux bénévoles « pour remonter un groupe installation ».

Il déclare : « Nous voulons avoir un parcours d’installation complet, qui réponde aux attentes des nouveaux agriculteurs. Nous souhaitons garder un stage 21 heures fort et avoir des jeunes qui repartent avec une caisse à outils. Ces futurs chefs d’entreprise seront nos voisins et plus ils seront compétents et mieux ce sera pour nous. » Il indique qu’il y a eu 70 dossiers d’installation aidés en 2025.

« La FDSEA et les JA sont les deux syndicats les plus présents pour s’occuper des dossiers et résoudre les problèmes, mais nous avons un défaut de communication », a insisté Aurélien Clavel, président de la Chambre d’agriculture de l’Isère, fort d’un parcours de 20 ans jusque dans les plus hautes instances JA.

« Nous avons des victoires syndicales, mais les victoires qui nous manquent sont liées à des enjeux sociétaux : l’eau et les produits phyto. » Il a par ailleurs salué l’implication des JA pour la victoire des listes aux élections de la chambre d’agriculture.

Jeunes agriculteurs Isère avait invité trois acteurs économiques du milieu agricole pour échanger sur les nouvelles technologies au service de l’agriculture. Les outils évoluent rapidement et le métier d’agriculteur change à grande vitesse.

Ludivine Rochette, d’XR Repro, a ainsi présenté les nouveaux outils à disposition du service monitoring comme les détecteurs de mise bas, de chaleurs, ou les colliers fournissant nombre de données sur le comportement des animaux.

Les nouveaux équipements concernent la gestion du stress thermique via des capteurs, des clôtures virtuelles, l’introduction de caméras d’IA pour analyser les comportements des animaux ou encore des dispositifs répulsifs anti-loup : la palette est très large.

Renaud Rousset, d’AMB Rousset, spécialiste du matériel pour la noix, a fait état de l’évolution rapide des trieurs optiques, « la chose la plus tendance dans le monde de la noix », que l’IA est venue révolutionner au profit de la qualité et de la rentabilité.

Il a aussi mis en avant l’internet des objets (IOT) qui, intégré aux engins, favorise la supervision des productions. En nuciculture, il estime que l’avenir est aux vibreurs autonomes, de très grosses machines encore peu adaptées au marché français.

Investissement

Quant à Damien Ferrand, responsable services et solutions agronomiques d’Oxyane, il a exposé de nombreuses solutions de cartographie par drone ou par satellite facilitant la prise de décision « pour la bonne dose au bon endroit » en matière d’intrants, de modulation de l’irrigation ou encore de télédétection des adventices.

Le champ des possibles est infini « mais nous avons encore besoin d’un chauffeur dans le tracteur chez nous », glisse le technicien.

« L’IA va révolutionner beaucoup de choses, résume Axel Masset, et nous décharger de tâches répétitives. » À la question des investissements, Damien Ferrand considère que « ce n’est pas une question de technologie, mais le plus gros coût est l’investissement matériel ».

Dans les traitements, ce sera ainsi des pulvé buse à buse, des semoirs de précision. À cette échelle, les Cuma, représentent une solution collective. La question de la perte de connaissance a aussi été posée.

« C’est plus un transfert de compétences, pense Axel Masset. Chaque génération a son bouleversement industriel et technique ». René Féchoz, président de la MSA Alpes de Nord, a suggéré aux JA de solliciter des aides dans le cadre de la gestion des risques liés à l’introduction de nouvelles technologies dans les exploitations.

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Table ronde

Révolution sous IA dans les fermes

XR Repro, le groupe Coopératif Oxyane et AMB Rousset sont des acteurs économiques du milieu agricole au cœur de l’innovation technique.

Révolution sous IA dans les fermes
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Ludivine Rochette, d’XR Repro, Renaud Rousset, d'AMB Rousset, et Damien Ferrand d'Oxyane

Jeunes agriculteurs Isère avait invité trois acteurs économiques du milieu agricole pour échanger sur les nouvelles technologies au service de l’agriculture. Les outils évoluent rapidement et le métier d’agriculteur change à grande vitesse.

Ludivine Rochette, d’XR Repro a ainsi présenté les nouveaux outils à disposition du service monitoring comme les détecteurs de mise bas, de chaleurs, ou les colliers équipés de capteurs fournissant nombre de données sur le comportement des animaux.

Les nouveaux équipements concernent la gestion du stress thermique via des capteurs, des clôtures virtuelles, l’introductions de caméras d’IA pour analyser les comportements des animaux ou encore des dispositifs répulsifs anti-loup : la palette est très large.

Renaud Rousset, d’AMB Rousset, spécialiste du matériel pour la noix, a fait état de l’évolution rapide des trieurs optiques, « la chose la plus tendance dans le monde de la noix », que l’IA est venue révolutionner au profit de la qualité et de la rentabilité. Il a aussi mis en avant l’internet des objets (IOT) qui, intégré aux engins, favorise la supervision des productions.

En nuciculture, il estime que l’avenir est aux vibreurs autonomes, de très grosses machines encore peu adaptées au marché français.

Un investissement

Quant à Damien Ferrand, responsable services et solutions agronomiques d’Oxyane, il a exposé de nombreuses solutions de cartographie par drone, par satellite facilitant la prise de décision « pour la bonne dose en bon endroit » en matière d’intrants, de modulation de l’irrigation ou encore de télédétection des adventices.
Le champ des possibles est infini « mais nous avons encore besoin d’un chauffeur dans le tracteur chez nous », glisse le technicien.

« L’IA va révolutionner beaucoup de choses, résume Axel Masset, et nous décharger de charges répétitives. »  

A la question des investissements, Damien Ferrand considère que « ce n’est pas une question de technologie, mais le plus gros coût est l’investissement matériel ».

Dans les traitements, ce sera ainsi des pulvé buse à buse, des semoirs de précision. A cette échelle, les Cuma, représentent une solution collective. La question de la perte de connaissance a aussi été posée.

« C’est plus un transfert de compétences, pense Axel Masset. Chaque génération a son bouleversement industriel et technique ».

René Féchoz, président de la MSA Alpes de Nord, a suggéré aux JA de solliciter des aides dans le cadre de la gestion des risques liés à l’introduction de nouvelles technologies dans les exploitations. 
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