Center Parcs : les élus oscillent entre inquiétude et optimisme
En suspendant l'un des deux arrêtés qui autorisaient le projet au titre de la loi sur l'eau, le tribunal administratif compromet le redémarrage rapide d'un chantier contesté. Cette décision permet formellement de continuer les travaux de défrichement du site, mais pas d'entreprendre la construction du village de 200 cottages et de la bulle chauffée pour le centre aquatique prévue pour ce Center Parcs dans la forêt de Chambaran, à une trentaine de kilomètres de Grenoble.
Les élus locaux, ardents défenseurs du projet, n'estiment pas le projet condamné pour autant. Selon le maire de Roybon, Serge Perraud, interrogé à chaud par l'AFP, cette décision « ne devrait pas permettre d'arrêter les travaux (...). Certains de nos avocats sont formels là-dessus. Ce n'est pas un coup d'arrêt mais une étape dans la validation de ce chantier ! », a-t-il avancé. Son premier adjoint, Maurice Vicat, s'est montré plus pessimiste : « Ce n'est pas une bonne nouvelle pour notre commune, c'est une catastrophe. On a vraiment besoin de ce projet », a-t-il dit à l'AFP, espérant que « d'autres recours sont possibles ».
De son côté, Yannick Neuder, président de Bièvre Isère communauté, note que « l'arrêté de défrichement ne fait l'objet d'aucun jugement, ce qui veut dire que les travaux de déboisement peuvent continuer ». Le maire de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs affirme par ailleurs qu'il faut attendre les décisions du Groupe Pierre & Vacances et du ministère de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie qui pourraient se pourvoir en cassation auprés du Conseil d'Etat.
Prenant acte de la décision du juge des référés, le député Jean-Pierre Barbier relève pour sa part que « trois recours sur quatre ont été rejetés par le juge administratif ce qui démontre que le projet n'est pas une catastrophe écologique et que les questions posées par le commissaire enquêteur concernant les espèces protégées ont été satisfaites ». Le parlementaire souhaite que la justice se prononce rapidement sur le fond des deux questions formulées par le juge des référés « en espérant cette fois, qu'à l'issue de cette procédure, le projet puisse voir le jour le plus rapidement possible ».
Avec AFP