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D'autres pistes de financements

Budget/Les acteurs de l'aval et les intercommunalités pourraient pallier la baisse des subventions aux manifestations agricoles versées par le conseil général, selon Christian Nucci et Jean-Pierre Lestoille.
D'autres pistes de financements
« Si l'enveloppe budgétaire destinée aux organisations professionnelles agricoles a diminué de 29 % entre 2010 et 2011, c'est que le Département a rencontré des difficultés financières telles qu'elles l'ont amené à se repositionner sur ses compétences, notamment le social, les routes et les collèges, et à faire entrer son intervention dans des enveloppes contraintes, rappelle Christian Nucci, le vice-président à l'agriculture du conseil général de l'Isère. Partant de là, dans le domaine agricole, j'ai souhaité dissocier deux choses : les dépenses d'investissement d'une part, c'est-à-dire les aides aux agriculteurs, et les aides aux organismes d'autre part, à qui j'ai demandé de réfléchir à de nouveaux modes de financement, car nous souhaitons nous positionner sur ce qui relève directement de la production agricole. C'est comme cela que nous préparerons l'agriculture iséroise de demain. Et cela n'empêche pas d'en faire la promotion, par exemple en faisant en sorte que les élèves mangent des produits locaux dans les cantines des collèges. En 2009, nous avons servi 250 000 repas à base de produits issus de l'agriculture locale ou biologique dans le cadre de l'opération « Manger bio et autrement ». La notion de terroir parle aux gens, d'où le succès des circuits courts. Mais il faut que les consommateurs puissent faire le lien entre la production agricole et leurs assiettes en filières longues aussi. Donc, si nous ne pouvons les soutenir aux mêmes niveaux qu'avant, nous souhaitons accompagner les organisations agricoles dans la recherche de nouveaux financements. Je crois qu'il faut qu'elles réussissent à impliquer l'aval des filières ».
Besoin de soutiens publics
Egalement sensible à la promotion des produits, dont il souhaite qu'elle soit renforcée, le président de la FDSEA de l'Isère, Jean Robin-Brosse, témoigne de son étonnement « de constater que l'Isère applique directement un tel pourcentage de baisse, alors que les restrictions budgétaires ne sont ni aussi fortes, ni aussi brutales dans les autres départements de Rhône-Alpes ». « Notre département était bien positionné en termes de politique agricole dans la région, confirme Gérard Seigle-Vatte, le président des chambres départementale et régionale d'agriculture. Ce n'est désormais plus le cas, alors que l'Isère détient actuellement le record de hausse des droits de mutation (perçus par les départements lors de transactions immobilières). Je crois que, si l'on veut maintenir une activité agricole dans l'ensemble du département, nous avons besoin des collectivités publiques ».
Demain, ce ne seront sans doute pas les mêmes qui interviendront. Pour Jean-Pierre Lestoille, le directeur départemental adjoint des Territoires (et ancien directeur départemental de l'Agriculture), ce débat pose ainsi la question de « la place des intercommunalités dans le développement rural. C'est précisément le travail de l'Etat, en les encourageant à se regrouper, de faire en sorte qu'elles disposent de surfaces financières plus importantes pour s'y impliquer, car la promotion est essentielle à la vie de l'agriculture ». La transition risque d'être compliquée à gérer pour les organisations agricoles.
C.F.