Des chiens suivis à la trace
A seulement 35 ans, Yannick Buzzarello est déjà un vieux routier de la chasse : 20 ans qu'il la pratique. « J'ai commencé à 16 ans, en accompagnant mon oncle, se remémorre-t-il. Depuis, le virus m'a pris et ne m'a plus quitté.» Avec quelquefois le risque de ne pas être toujours compris pour le temps qu'il y passe car on sent chez lui une véritable passion. « Je pratique toutes les chasses, à l'approche, à l'arrêt, aux chiens courant, précise-t-il. La première, pour le chamois ou le mouflon est plutôt calme et reposante car on doit écouter l'environnement, la nature, être à l'affut du moindre indice. Mais elle peut être également très physique. Il faut grimper pour suivre la trace. La deuxième, pour la bécasse, le faisan ou le coq de bruyère permet une belle complicité avec le chien. La dernière, au chien courant pour le lièvre, le chevreuil le sanglier ou le cerf, relève d'un vrai jeu de piste. Ce que je préfère le plus c'est faire le pied, c'est-à-dire trouver la trace, comprendre où gîte le sanglier. Il y a tout un travail de déduction sur le terrain, l'aboutissement d'un travail d'éducation du chien que l'on doit spécialiser pour cette espèce. »
Gain de temps mais perte d'instinct
Après toute cette phase, et une fois que tous es chasseurs sont bien postés, le chien est envoyé sur la trace du sanglier pour le lever. Mais l'animal est souvent coriace et résistant. Il peut courir plusieurs heures. Le chien à ses trousses aussi, surtout si c'est une race qui le permet. Le gascon saint-ongeois que possède Yannick Buzzarello est bâti pour cela. « C'est là que le collier de repérage est utile, avoue son propriétaire, cela me fait gagner beaucoup de temps le soir pour le retrouver. » Car même si certains chiens reviennent d'eux-mêmes, ils sont quelquefois perdus et de toute façon, ils peuvent mettre beaucoup de temps. Le collier a donc plusieurs utilités : « Il permet de retrouver très précisément le chien et d'aller le chercher en voiture, énumère Yannick Buzarello. Ensuite, il peut aussi être blessé lors de la séance de chasse. Un sanglier peut faire des dégâts. Si sur le récepteur, on constate que le chien ne bouge plus, c'est qu'il y a un problème. On peut donc l'emmener chez le vétérinaire beaucoup plus vite. Enfin, quelquefois, le chien peut avoir décrocher et essaye de revenir, en se mettant en danger. Quand je chasse dans les contreforts du Vercors, il est possible que le sanglier le fasse passer près de l'autoroute, située au pied de la montagne. Là aussi cela demande une intervention rapide pour écarter tout danger, pour lui ou la circulation. » Cependant, le chasseur fait remarquer que cette facilitée bénéficie aussi au chien qui risque de ne plus chercher à retrouver son chemin, ce qu'il pouvait faire d'instinct jusque-là.
Portée modérée
Equipé depuis trois ans déjà, le chasseur se félicite de son acquisition, même si c'est un appareillage relativement cher. Le repérage de la base et du collier se fait par GPS, mais la liaison entre les deux boitiers est réalisée par fréquence radio. « Nous sommes en région géographiquement accidentée, commente le jeune chasseur. On peut perdre la connexion assez facilement, dès que le chien passe une crête. Il faut donc modérer les capacités de liaison annoncées par les constructeurs.» Celui-ci rappelle également que, réglementairement, le boitier ne doit servir qu'à reprérer et retrouver le chien, pas à suivre le gibier à la trace pour mieux le tirer. Pour lui, c'est évident, car tout le plaisir qu'il trouve à pister, deviner, lire les indices laisés par le gibier, serait perdu. « Ces matériels sont des bijoux de sophistication. L'investissement est important (autour de 700 euros pour le sien). Mais dorénavant, les chasseurs sont de plus en plus nombreux à s'en doter, d'autant plus que des ACCA achètent la base de réception qui permet de gérer plusieurs chiens, laissant aux chasseurs le soin d'acheter simplement le collier (autour de 250 euros)». Une bonne façon de généraliser l'équipement à un coût plus abordable.
Jean-Marc Emprin
De nombreux critères de choix
Plusieurs marques se partagent le marché de manière inégale. Les systèmes se composent la plupart du temps d'une base spécifique (sorte de talkie-walkie sophistiqué) et d'un collier émetteur à poser sur le chien. Cet émetteur est plus ou moins gros et lourd, ce qui peut gêner certaines races de petite corpulence. Le collier doit être résistant, certains se fermant même à clé afin d'éviter tout vol (compter 250 euros pièce).Côté base, les fonctionnalités se ressemblent mais peuvent être plus ou moins avancées. La lecture à l'écran (taille et contraste) peut fortement varier selon les appareils. La grosseur des touches et leur espacement joue également sur son ergonomie. La plupart des bases peuvent gérer 10 à 15 chiens en simultané, mais on peut monter à plus (certains annoncent 32 chiens). En général, on trouve deux fonctions : la boussole, qui repère le chien par rapport aux points cardinaux ; la carte, qui permet, en ayant chargé une carte IGN dans la mémoire de la base, de localiser très précisément le chien. La liaison utilise fréquemment la fréquence dédiée de 155 000 mghtz, mais cela nécessite une adhésion à l'Acufa qui la loue au nom des chasseurs. Les constructeurs qui se disent libres par rapport à cette fréquence utlisent des gammes moins fiables.D'autres systèmes allient collier et smartphone, ce dernier servant de base. Il peut y avoir une réalité augmentée, c'est-à-dire avoir l'image des lieux à l'écran (comme une vidéo) avec une incrustation d'un logo représentant le chien à l'endroit exact où il est. Mais, si l'approche semble ludique, il faut se méfier de la fiabilité de tels appareils et de leur connexion, notamment en termes de coûts car chaque interaction avec le collier passe par un sms... payant.JME