Des fiches pour expliquer l'agriculture et la forêt
« Les faire vivre ». Eric Rodamel, président du comité de territoire de la Boucle-du-Rhône en Dauphiné (CTBRD), est très clair. « Les fiches thématiques réalisées à la suite de la charte du bien vivre ensemble ont vocation à être utilisées et à servir de support pédagogique pour expliquer l'eau, la forêt et le rôle des organisations professionnelles agricoles, au plus grand nombre ». Issu d'un travail de longue haleine, ces fiches présentent trois thématiques qui n'ont pas été choisies au hasard. Elles correspondent à des sujets particulièrement importants pour le territoire de la Boucle-du-Rhône. « Le milieu agricole est complexe. Grâce au comité de territoire qui rassemble agriculteurs, élus et différents acteurs socio-professionnels, nous nous sommes rendus compte qu'il y avait une méconnaissance de l'agriculture, qui suscite de nombreuses incompréhensions. L'expliquer avec ces fiches peut faire gagner du temps à tout le monde », précise Eric Rodamel.
De nombreux échanges
Au sein du territoire de la Boucle-du-Rhône, l'eau est un enjeu majeur. C'est ce qui a conduit les membres du comité de territoire à préparer une fiche sur le sujet pour expliquer que la ressource doit faire face à des difficultés, voire à des menaces. « Celles-ci sont énumérées dans le document, de la même façon que les solutions déjà mises en place par les agriculteurs, les élus ou les habitants », explique Véronique Rochedy, animatrice du comité de territoire. Le thème de la forêt a lui été choisi parce que les membres du comité ont le sentiment que la ressource n'est pas suffisamment considérée. « Nous voulons utiliser la fiche pour informer le grand public de l'existence des parcelles forestières, de la nécessité de les gérer et des différentes façons de les exploiter. La forêt est un sujet méconnu. De nombreuses personnes pensent qu'elle pousse toute seule et qu'elle appartient à tout le monde. Ce n'est pas le cas », souligne Bertrand De Germini, président de l'association forestière Valfor (Valorisation de la forêt privée en Nord-Isère) et de l'ASLGF (Association syndicale libre de gestion forestière) Nord-Isère, qui a participé à l'élaboration de la fiche. Quant au document « qui fait quoi », il est né du constat que les élus ne connaissaient pas les organismes et les représentants du monde agricole. Ce qui ne facilite pas les échanges entre les deux parties.
Il n'a pas été nécessaire d'attendre la diffusion des fiches pour que le débat attendu ait lieu. « La préparation des documents fut un moment important dans la mesure où il a déjà suscité de nombreux échanges. Ces sujets peuvent être sources de conflits, car les différents acteurs du territoire ne partagent pas tous les mêmes points de vue. Mais il a été abordé sous l'angle de l'intérêt général », précise Véronique Rochedy. « Ce travail nous a permis de constater qu'en faisant se rencontrer et travailler ensemble les différentes parties, il est possible d'avancer. C'est plus intéressant que de se « disputer » parce que tout le monde ne dispose pas des bonnes informations », ajoute Eric Rodamel.