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Avifaune

ERDF : sécuriser le réseau pour épargner les oiseaux

ERDF et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) en Isère viennent de signer une convention par laquelle l'opérateur s'engage à sécuriser ses réseaux pour réduire les risques d'électrocution des oiseaux.
ERDF : sécuriser le réseau pour épargner les oiseaux

A la fin de l'été, des cigognes blanches s'installent sur le toit de l'église de Monestier-du-Percy. Dans le village, c'est l'émerveillement. Quelques jours plus tard, l'événement tourne au « drame » : sept cigognes meurent, électrocutées sur un pylône ERDF. En Isère comme ailleurs, les cas d'électrocutions ou de collision d'oiseaux avec les lignes et les poteaux électriques sont fréquents. Voilà pourquoi ERDF et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) cherchent depuis plus de 10 ans à diminuer les impacts du réseau électrique aérien sur l'avifaune. Vendredi dernier, les pôles isérois des deux partenaires ont signé, avec le conseil général et trois parc naturels du département, une convention, par laquelle l'opérateur s'engage à « mettre en place différents dispositifs sur les sites jugés prioritaires », notamment dans les espaces naturels sensibles (ENS) du département. ERDF va également transmettre à la LPO la cartographie du réseau électrique 20 000 volts, ainsi que la liste des poteaux présentant des risques. La LPO de son côté tient à la disposition de l'opérateur sa banque de données en ligne (www.faune-isere.org), outil de « science participative » recensant les observations des bénévoles en Isère, qui devrait s'avérer « utile pour déterminer les sites ERDF à équiper en priorité ».

Protéger et dissuader

Sur le terrain, les équipes d'EDRF sont rôdées à l'exercice. Concernant les fils électriques, ils posent régulièrement des équipements de dissuasion, comme ces tiges en râteau, cousine des dispositifs anti-pigeons, qui, installées au sommet des poteaux, effarouchent les oiseaux et évitent qu'ils ne se posent à proximité des conducteurs. Les techniciens peuvent aussi disposer des spires ou des « Firefly Alpine », sortes de balises de couleur qui rendent les fils visibles pour l'oiseau en vol. Dans certains cas, les agents peuvent également installer des perchoirs sécurisés qui incitent les volatiles à se poser là plutôt que sur l'armement dangereux. Selon ERDF, cette technique permet de réduire de 65 à 95% le nombre d'accidents par collision.

Autre piste pour protéger les oiseaux : l'isolation des fils et des conducteurs. Il s'agit de supprimer les éclateurs en leur substituant des parafoudres synthétiques et des ponts isolés. ERDF est également en train de remplacer systématiquement les ponts nus par des ponts gainés et d'isoler les conducteurs nus sous tension par la pose de protections en plastique, de façon à éviter les électrocutions par le contact d'un oiseau entre un « pont » et un support. Enfin, quand le cas se présente, les équipes d'ERDF peuvent être sollicitées pour le déplacement de nids à l'aide d'un camion muni d'une nacelle.

Tout cela a un coût que l'opérateur historique entend prendre à sa charge, assurant « le financement des travaux prévus pour adapter ses réseaux électriques et la maîtrise d'ouvrage par ses équipes dédiées aux travaux sous tension ». Quant aux nouvelles installations, ERDF s'engage à faire en sorte qu'elles soient « systématiquement conçues pour minimiser les risques sur l'avifaune ».

Marianne Boilève