Pascal Denolly ne veut pas d'un pôle alimentaire seulement vitrine ou servant les simples ambitions de quelques élus de la métropôle grenobloise. « La voilure de ce projet n'est pas encore affinée, constate-t-il, mais si c'est seulement pour impulser la vente de deux ou trois millions d'euros de marchandises du département, ce ne sera pas la peine que nous y investissions beaucoup, nous le faisons déjà sans cela.»
« En revanche, ajoute-t-il, si l'ambition est de porter une production départementale un peu démarquée, sans que ce soit forcément une logique de label ou de bio, cela devient intéressant. Le pôle alimentaire n'aura de sens et de pertinence que si l'on trouve des débouchés et une valorisation pour plusieurs dizaines de millions d'euros de marchandises départementales. Ce n'est pas seulement le secteur de la RHD qu'il faut viser. Cela va au-delà et n'exclut nullement les GMS. Les produits Goûtez l'Ardèche se vendent à Lyon ou à Paris. Nous devons donc agglomérer l'ensemble des productions de l'Isère, du vin, des céréales, du lait ou de la viande pour trouver des débouchés pour une production un peu marquée. Le pôle alimentaire doit porter cela. Les outils structurants que sont l'abattoir du Fontanil, la salle de découpe et la légumerie ne sont que des outils au service de cette ambition. »
Cette ligne tracée par le président de la FDSEA reçoit l'appui de Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA : « Produire et manger français c'est redonner du sens et mettre en avant la force de l'agriculture française. On est au-delà de la vague de la proximité. Le citoyen soutient notre agriculture, mais il faut que le consommateur accepte d'acheter nos produits avec une plus-value. Nos produits ne sont pas des minerais. Nous avons tous fait des efforts pour l'environnement, sur la gestion des déchets sur des chartes de bonnes pratiques en tout genre, mais nous avons souvent du mal à les valoriser. Vos propositions cherchent à y répondre. »